Christian Estrosi explique pourquoi il ne veut pas d'un Grand Prix de Formule 1 à Nice

Le maire de Nice et président du Grand Prix de France défend le maintien du Grand Prix de France, au Castellet et non à Nice. Christian Estrosi n’écarte pas l’hypothèse d’une alternance un an sur deux.

Propos recueillis par Denis Carreaux Publié le 23/07/2022 à 20:03, mis à jour le 23/07/2022 à 20:36
Christian Estrosi samedi dans son bureau de président du GIP Grand Prix de France: "La question, c’est maintenant de savoir si la France a envie de son Grand Prix." (Photo Camille Dodet)

Ce Grand Prix de France 2022 sera-t-il le dernier? Pour Christian Estrosi, maire de Nice et président du GIP, la réponse est claire: pas question de le voir disparaître à nouveau. Artisan du retour de l’épreuve dans notre pays en 2018, il écarte l’hypothèse, un temps évoquée, d’un Grand Prix en ville à Nice mais défend bec et ongles le maintien du rendez-vous français. Celui-ci pourrait avoir lieu un an sur deux au Paul-Ricard, en alternance avec un autre circuit du calendrier.

Voir les tribunes pleines à craquer ce week-end, c’est une satisfaction?

C’est le succès populaire que nous attendions depuis le retour du Grand Prix. Lorsque nous avons réussi, avec la Région et les collectivités locales, à ramener l’épreuve en France, nous avons essuyé les plâtres. La première année, nous avons eu beaucoup de monde, mais des difficultés d’accès. Pour cette raison, le succès a été moindre lors de la deuxième édition. Ensuite, nous avons eu la crise sanitaire, avec une annulation en 2020 et des jauges en 2021. Là, nous mesurons pour la première fois l’impact réel du Grand Prix.

Comment expliquez-vous ce succès?

 

L’automobile attire toujours, et la Formule 1 est le premier laboratoire pour les véhicules de demain. On a ensuite des pilotes français, Esteban Ocon et Pierre Gasly, mais aussi le Monégasque Charles Leclerc et une marque française, Alpine. Les gens ont envie de les voir faire des performances. Ils ont envie, tout simplement, de voir la France et son Grand Prix briller. Nous attendons 200.000 personnes ce week-end. Ce dimanche, cent millions de téléspectateurs vont entendre la Marseillaise retentir sur la ligne de départ et se dire: "c’est en France! " Nous avons réussi, avec Renaud Muselier et Hubert Falco, à faire revenir le Grand Prix ici. Alors que le contrat qui nous lie à Formula One Group (FOM) arrive à son terme, l’épreuve se déroule dans de bonnes conditions. Elle est très populaire et on voit fleurir des banderoles "On veut garder le Grand Prix en France". Partout, les gens m’interpellent sur le sujet et me demandent de me battre pour le défendre.

C’est ce que vous allez faire?

Je me battrai de toutes mes forces. Je me suis déjà entretenu avec le Président de la République à ce sujet. Je le rencontrerai dans les semaines qui viennent à l’occasion d’une réunion en présence du président de la FOM et de celui de la Fédération française du sport automobile (FFSA). Je verrai aussi les patrons du CAC 40 pour mettre l’accent sur l’importance du maintien d’un Grand Prix au moment où Emmanuel Macron lance le programme France 2030. C’est un instrument de promotion de notre pays et de son industrie. La question, c’est maintenant de savoir si la France a envie de son Grand Prix et si on doit continuer à se battre.

Vous pensez qu’elle en a vraiment envie?

Le Président m’a dit qu’à titre personnel, il était prêt à étudier sous quelle forme l’État français pourrait avoir une présence plus forte pour que nous conservions un Grand Prix en France.

 

En France ou au Castellet?

Au circuit Paul-Ricard où nous maîtrisons parfaitement l’organisation grâce au savoir-faire d’une équipe extrêmement rodée.

Pas à Nice?

Il n’en est pas question. Je ne vois pas dans quelles conditions nous pourrions organiser un Grand Prix dans notre ville. C’est flatteur, mais nous avons d’autres objectifs et d’autres priorités événementielles à Nice. Nous avons au Castellet un circuit permanent. Nous maîtrisons les questions de mobilité et pouvons encore progresser. Nous disposons enfin de grandes villes pour l’hébergement dans le Var, à Nice, à Cannes, à Antibes...

Le Grand Prix de France pourrait avoir lieu tous les ans ou seulement un an sur deux?

Le président de la FOM, Stefano Domenicali, est ouvert à toute forme de discussion à partir du moment où il y existe une implication forte de la collectivité, du gouvernement et d’un groupement d’industriels. Nous sommes dans une période où il faut être raisonnable avec les finances publiques, mais il n’y a aucun Grand Prix au monde pour lequel les États et les grandes collectivités ne participent pas au financement. Si un équilibre est trouvé autour d’un Grand Prix tous les deux ans qui limiterait le coût d’environ 50%, alors c’est une option qu’il ne faut pas écarter.

À quelle date dans le calendrier du championnat du monde?

 

Si nous devions aboutir, je ciblerais plutôt la période de septembre. Nous avons déjà Monaco au mois de mai. Juillet n’est pas une date extraordinaire pour les retombées économiques et touristiques dans la mesure où a déjà beaucoup de monde dans la région.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.