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VIDEO. Avant le final du Grand Prix de Monaco historique, plongée dans le passé de la Formule 1

Le top départ d’une rugissante rétrospective automobile sur le circuit monégasque a été donné ce vendredi. Jusqu’à dimanche, près de 100 bolides d’antan vont s’affronter. Focus sur les sept séries.

Thibaut Parat Publié le 24/04/2021 à 18:09, mis à jour le 24/04/2021 à 18:28
Photo Jean-François Ottonello

Grand Prix de Monaco, acte I. Depuis vendredi, le mythique tracé urbain reprend vie avec une rugissante rétrospective automobile, un bond dans le passé.

Vendredi, les moteurs ont rugi à l’occasion des essais libres, l’asphalte de la Principauté a chauffé sous la gomme de ces monoplaces du XXe siècle. Au total, sur la grille de départ des sept séries, près de cent bolides d’antan vont rouler des mécaniques jusqu’à dimanche : de la Bugatti 35 de 1925, doyenne du Grand Prix Historique, aux plus récentes Tyrrell 10, Arrows A3 ou encore Lotus 81, datées de 1980.

Loin, donc, des actuels bijoux de technologie qui avalent les courbes des circuits du monde entier. "Au-delà de 1980, cela requiert en effet une ingénierie que les particuliers n’ont pas", souligne Gery Mestre, président de la Commission des voitures de collection de l’Automobile Club de Monaco.

 

Avant de s’aligner à Monaco, donc, il a fallu passer une pointilleuse sélection. "Le fait d’être engagé à Monaco est un gage d’authenticité de la voiture. Certaines ont été accidentées puis réparées. L’important, c’est qu’elles aient une histoire continue."

Ce Grand Prix historique, 12e du nom, mettra aussi le rouge à l’honneur. Histoire de fêter les 70
ans de la première victoire de la firme au cheval cabré, Ferrari, en Formule 1. C’était à Silverstone.

Une chose est sûre : les passionnés vont en prendre plein les mirettes. Il y aura la bataille au sommet des voiturettes (série A), les iconiques Maserati 250F faisant face à une belle diversité de monoplaces à moteur (série B), la richesse des séries C et D mais aussi le tiers de la série E,
composé de douze cylindres, la série F avec trois anciens pilotes de F1. Et enfin, la série G avec des F1 plus modernes et colorées. On vous raconte l’Histoire.

SERIE A - CHIRON, voitures de Grand Prix et voiturettes d’avant-guerre

Cette série A, habillée du nom de l’illustre Louis Chiron, fait la part belle aux voitures de Grand Prix et aux voiturettes d’avant-guerre.

Remontons dans le passé. Après 1927 et l’ère des voitures limitées à 1,5 litre de cylindrée, les courses de vitesse furent le plus souvent disputées sous la formule libre permettant à un plus grand nombre de voitures d’y prendre part. Ce fut le cas, d’ailleurs, pour les tout premiers Grands Prix de Monaco entre 1929 et 1933.

Puis, à partir de 1934, la Fédération internationale impose un nouveau cadre pour les voitures de Grand Prix. Le Reich, à l’aube d’un conflit international, s’engouffre dans la brèche et se sert des Grands Prix comme instrument de propagande. Auto Union et Mercedes prennent alors le dessus sur les firmes jusque-là dominatrices, Bugatti et Alfa Romeo.

La Bugatti 35 de 1925, doyenne du Grand Prix Historique

Seul moyen pour survivre dans ce milieu impitoyable: participer aux courses de petites cylindrées, les voiturettes, développées en parallèle des Grands Prix.

Le dynamisme de cette catégorie a d’ailleurs accouché du développement de Maserati ou encore de la naissance de l’Alfa-Roméo 158, future championne du monde en 1950 et 1951.

Cette série A fait donc écho aux Grands Prix de Monaco de l’avant-guerre (classe 1) ainsi qu’à la Coupe du Prince Rainier 1937, ouverte aux seules voiturettes (Classe 2).

Sur le redoutable tracé princier, ce week-end, on retrouvera notamment la Bugatti 35 de François Fouquet-Hatevilain, datée de 1925. Du même type que celle ayant fini sixième au premier Grand Prix de Monaco, aux mains de Philippe Etancelin.

D’autres bolides griffés du constructeur français prendront part au grand raout automobile, à l’instar de la "35 B", du même type que celles ayant ouvert le palmarès du Grand Prix de Monaco avec William Grover-Williams en 1929 puis René Dreyfus en 1930.

Une Bugatti de modèle "35 B" Photo Jean-François Ottonello.

SERIE B - FANGIO, voitures de Grand Prix à moteur avant, construites avant 1961

Dans les années cinquante, un pilote a littéralement survolé le championnat du monde de F1. Juan Manuel Fangio, alias "El Chueco" pour ses jambes arquées, fut couronné à cinq reprises sur l’asphalte.

La série B, baptisée à son nom, est l’évocation des Grands Prix de Monaco disputés par les monoplaces entre 1948 et 1960. Plus d’une décennie marquée par la domination des monoplaces à moteur avant, en situation de quasi-monopole avant l’arrivée, en 1957, des premières voitures à moteur arrière.

1958 sonne l’avènement de ce type de bolides avec les clinquantes victoires de Stirling Moss en Argentine et de Maurice Trintignant à Monaco.

Le record d’une Maserati à Monaco

Parmi les belles d’antan engagées dans cette série, on craquera pour cette Maserati 250 F, jadis pilotée par Maria-Teresa de Filippis, première femme engagée dans la compétition reine.

Un bolide inscrit sans discontinuer au Grand Prix de Monaco entre 1955 et 1959. Un record pour une Formule 1 en Principauté.

Autre bijou à surveiller sur la grille de départ: une Ferrari Dino 246, produite trois semaines après le Grand Prix de Monaco en 1960 et mise entre les mains de l’Américain Phil Hill. Pour le 25e et dernier GP de ce modèle, elle signe même une victoire sur le circuit mythique de Monza.
Un succès d’autant plus historique, car le dernier en championnat du monde de F1 pour une voiture à moteur avant.

La Maserati 250F sera pilotée par Guillermo Fierro-Eleta. Photo Automobile Club de Monaco.

SERIE C - MARZOTTO, voitures de sport à moteur avant, de 1952 à 1957

En 1952, la FIA change les règles du jeu. Elle souhaite la disparition des voitures polyvalentes à garde-boue, en lice aussi bien sur les Grands Prix que sur les courses "Sport". Ces dernières ayant connu un fort développement dans les années cinquante.

Ainsi, le règlement des courses "Sport" internationales impose que les ailes fassent désormais corps avec la partie principale de la carrosserie. La même année, et pour cette unique occasion, les organisateurs du Grand Prix de Monaco abandonnent les monoplaces.

Le samedi, les Sport moins de 2 litres courent la coupe du prince Rainier et, le lendemain, ce sont
celles de plus de 2 litres qui disputent le Grand Prix.

Cette série C, portant le nom chantant de Vittorio Marzotto, vainqueur pour Ferrari du GP de Monaco en 1952, célèbre donc ces deux événements, ainsi que la naissance du championnat du monde des voitures de Sport.

Parmi les dix-sept concurrents, sept piloteront une Maserati. Dont l’une, une "300 S", qui fut longtemps la propriété de Mark Knopfler, le guitariste de Dire Straits.

Cette Jaguar D a notamment terminé deuxième des 24 heures du Mans et des 12 heures de Reims en 1954. Photo Automobile Club de Monaco.

SERIE D - GRAHAM HILL, voitures de Grand Prix de F1 à moteur 1.500 cm3 de 1961 à 1965

En basculant dans les sixties, la Formule 1 change de nouveau ses codes. Le règlement, entre 1961 et 1965, période correspondant à la série D, bannit le compresseur et limite la cylindrée des monoplaces à 1500cc.

Une évolution indispensable prenant en compte le danger naissant représenté par l’accroissement des performances des Formule 1, notamment l’amélioration de leur tenue de route, l’évolution des suspensions et des pneus, ainsi que l’abaissement de leur centre de gravité.

Une Lotus livrée neuve à Jack Brabham

Deux voitures, de par leur histoire sur le bitume, méritent le détour pour ce Grand Prix Historique.
On retiendra donc la Lola MK4, pilotée par John Surtees en 1962. A son volant, le Britannique passe la ligne d’arrivée en quatrième position à Monaco, où elle revient l’année suivante pour servir de mulet à Maurice Trintignant.

Autre monoplace à retenir notre attention: la Lotus 24, livrée neuve à Jack Brabham en 1962. Victime d’accidents en Principauté et en Hollande, le pilote australien l’amène toutefois dans les points en Belgique et en Angleterre avant de la délaisser, à partir du Grand Prix d’Allemagne,
au profit de la première F1 de la marque… Brabham.

La Lola MK4 a été pilotée en 1962 par John Surtees. À Monaco, à son volant, le Britannique avait terminé 4e. Photo Automobile Club de Monaco.

SERIE E - JACKIE STEWART, voitures de Grand Prix 3L de 1966 à 1972

Après cinq années passées sous le régime des moteurs d’1,5 litre, la Formule 1 change d’ère avec une bascule aux 3 litres de cylindrée.

Cette réglementation a donné lieu à la généralisation des châssis monocoques ainsi qu’à l’apparition, puis aux multiples victoires du mythique V8 Cosworth DFV, mais aussi à l’avènement de rutilants moteurs V12, pensés par les ingénieurs de Ferrari, Matra et BRM.

Alessandro Caffi sur la grille de départ

Sur la grille de départ de cette série E– la bien nommée Jackie Stewart– les puristes reconnaîtront un ancien pensionnaire du paddock F1, en la personne d’Alessandro Caffi.

Le pilote italien cravachera une Ferrari 312 de 1969, huit départs en Grand Prix au compteur. Un autre bolide rouge, estampillé "312 B2", sera de la partie et piloté par un certain Juergen Boden.

En 1962, Jacky Ickx, installé dans le baquet de ce prototype de la série, a remporté le Grand Prix d’Allemagne en 1972. On ne fera pas l’impasse, non plus, sur cette McLaren M19A, victorieuse au Grand Prix d’Afrique du Sud 1972 avec Denny Hulme.

La même année, cette monoplace se place 5e à l’arrivée du Grand Prix de Monaco avec Brian Redman.

Alessandro Caffi, ancien pilote de F1, cravachera une Ferrari 312 sur le tourniquet monégasque. Photo Automobile Club de Monaco.

SERIE F - NIKI LAUDA, voitures de Grand Prix 3 litres de 1973 à 1976

Dans cette série F, au nom du défunt Niki Lauda, place aux F1 de 3 litres de cylindrée ayant sévi sur l’asphalte de 1973 à 1976.

À cette période, les constructeurs sont sommés d’adopter des structures déformables pour garantir la sécurité des as de l’asphalte. Cette obligation n’est pas sans conséquence sur la physionomie des voitures, avec la généralisation des radiateurs latéraux et des formes anguleuses.

Jean Alesi et René Arnoux au volant d’une Ferrari 312 B3

Cette génération de bolides fut éphémère. En 1977, elle disparaît des radars, vite remplacée par les Renault à moteur turbo et surtout de la Lotus 78, exploitant l’effet de sol généralisé.

Là encore, à l’instar de la série E, des têtes connues de la Formule 1 vont enfiler le bleu de chauffe. Jean Alesi, d’abord, au volant d’une Ferrari 312 B3. Normal, me direz-vous, pour un ancien pilote de la Scuderia.

Cette belle d’antan a notamment signé la pole position au pied du Rocher en 1974, aux mains de… Niki Lauda. René Arnoux, 7 victoires au compteur en F1, qui a aussi revêtu l’habit rouge par le passé, manœuvrera une monoplace similaire sur le tourniquet urbain.

Sa 313 B3 a, jadis, disputé cinq Grands Prix en 1974 avec Niki Lauda, lequel a terminé trois fois 2e. En Argentine, en Belgique et, enfin, au Grand Prix de France à Dijon.

Cette Ferrari 312 B3 a été, jadis, pilotée par le regretté Niki Lauda. Photo Automobile Club de Monaco.

SERIE G - GILLES VILLENEUVE, voitures de Grand Prix à moteur 3 litres de 1977 à 1980

On l’a dit précédemment, l’apparition de la Lotus 78 en 1977bouleverse l’esthétique des monoplaces de F1. L’auto novatrice affiche une coque étroite autour d’un pilote très en avant afin de loger tout le carburant entre le cockpit et le moteur. Objectif? Aller plus vite.

Les forces encaissées par les pilotes et les vitesses en courbe vont atteindre et parfois dépasser les limites des hommes et des circuits. À partir de 1981, la FIA procède à de nouveaux ajustements pour tenter de limiter les performances des bolides.

La seule Shadow victorieuse

Dans cette série G dite "Gilles Villeneuve", deux voitures victorieuses à surveiller ce week-end: la Williams FW07B, d’abord. En 1981, pilotée par Carlos Reutemann, elle amorce la saison par une première place en Afrique du Sud.

L’année précédente, l’Argentin avait gagné en Principauté sur une voiture du même type. La ShadowDN8, ensuite. Produite en 1977 et utilisée comme châssis de secours lors des premiers Grands Prix européens, cette voiture a participé à son premier GP aux mains d’Alan Jones. Avec succès. Ce sera la seule victoire d’une Shadow en championnat du monde.

La Shadow DN8 avant son arrivée au virage du Fairmont. Photo Automobile Club de Monaco.

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