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Un nouveau protocole de sécurité pour le public du rallye Monte-Carlo

Le rallye WRC devient hybride. Une alimentation électrique sous haute tension qui impose aux spectateurs de garder leur distance et être attentifs à des voyants lumineux et sonore. Décryptage.

Thomas MICHEL Publié le 06/12/2021 à 16:25, mis à jour le 06/12/2021 à 16:26
Les modèles Toyota Yaris, Hyundai i20 Coupé et Ford Puma Rally sont en lice cette saison. Julien Pixelrallye

Comme il est loin le temps des Groupe B. Cette saison, le rallye WRC prendra un virage vertueux avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation dénommée « Rally1 ». Fini le tout-thermique, bienvenue à l’électrique et aux modèles hybrides rechargeables. Annoncé en 2019, ce changement est acté de 2022 à 2024 en championnat du monde et les trois équipes en lice Hyundai, M-Sport Ford et Toyota ont décidé de jouer le jeu. Les frais de développement de cette nouvelle technologie étant supportés à parts égales entre la FIA et les manufacturiers. « Il n’est pas exagéré de dire que l’introduction de la technologie hybride durable dans la catégorie phare du WRC est l’une des plus grandes innovations de l’histoire du sport automobile », se réjouit le directeur général du WRC, Jona Siebel.

L’ajout d’une unité électrique sera aussi couplé à l’introduction d’un carburant plus propre dès le Rallye Monte-Carlo, point de départ traditionnel de la saison du 20 au 23 janvier prochain.

Des changements qui impliquent une mise à jour des protocoles de sécurité pour les organisateurs et, surtout, une forte sensibilisation du public. Car qui dit électricité, dit nouveau danger potentiel. « Nos bénévoles sont déjà formés avec les F1 hybrides et la Formule E, rassure le Dr Robert Scarlot, médecin en chef de l’Automobile Club de Monaco. Mais sur un rallye, le public peut-être le premier témoin d’un accident et il doit connaître les règles de sécurité qui évoluent, et notamment qu’il ne faut surtout pas toucher la voiture. »

Qu'est-ce
qui change sur
les voitures ? 

 

Il y a dix jours, au chapiteau de Fontvieille, le stage de pré-saison des commissaires de course de l’Automobile Club de Monaco (lire ci-dessous) a ainsi accueilli Yvan Devigne, ingénieur sécurité de la Fédération internationale de l’Automobile (FIA), qui a décortiqué les nouvelles voitures devant les anges gardiens du Monte-Carl’, précisant qu’il n’était pas certain de pouvoir faire de même avec leurs homologues étrangers. Un module e-learning va être diffusé par la FIA en compensation.

« Toutes les voitures ont exactement la même architecture désormais, et le même système, avec les mêmes boutons et connecteurs, testé et éprouvé par la FIA et super robuste », assure Yvan Devigne. Tous les composants électriques sont intégrés à une coque carbone fixée au châssis. Une batterie y stocke l’énergie sous forme de courant continu, transformé en courant alternatif via un onduleur. Alimentant ainsi le moteur. Un coffret hermétique commun à toutes les voitures qui, endommagé, pourrait donc libérer un courant haute tension.

Si le risque zéro n’existe pas, Yvan Devigne se veut rassurant. « La résistance du boîtier a été éprouvée pour supporter un choc de plusieurs G. » De même, la crainte d’un emballement thermique de la batterie a été écartée, notamment par la création d’une trappe de « régulation » sous le caisson. Un fusible indispensable lorsqu’on sait qu’une batterie qui s’emballe nécessite des milliers de litres d’eau pour se refroidir !

À savoir que les pilotes seront amenés à rouler en 100 % électrique sur certaines portions, et donc à gérer leur énergie et penser à régénérer en course. En plus des branchements hors épreuve.

Les voitures conservent une puissance de 500 ch, dont 136 ch de booster électrique.

Des signaux sonore et lumineux

C’est la grande nouveauté à connaître pour tous fans de rallye. Trois lumières d’état, pilotées par le système hybride, ont été disposées à l’avant et sur les côtés des voitures. Le but : signaler un risque électrique, voire chimique (si fonte de composants par exemple).

 

Le principe est simple. Au vert, tout roule. Mais quand la lumière vire au rouge, voire s’éteint, méfiance. Les équipes d’intervention dédiées, équipées notamment de gants isolants, sont envoyées en première ligne sous contrôle du délégué sécurité de l’organisateur et de la FIA. Pas les bénévoles. Le danger n’est pas certain mais personne (encore moins le public !) ne doit s’approcher du véhicule sous peine de s’exposer à de hautes tensions.

Comme en F1, la lumière bleue témoigne, elle, d’un sévère impact selon les critères de la FIA et déclenche une intervention médicale. Les feux restent allumés 15 minutes.

Un garde-fou supplémentaire a été ajouté pour dissuader quiconque de s’approcher en cas d’alerte. En l’occurrence un signal sonore aigu, particulièrement désagréable, qui émet 96 décibels.

Plus que jamais en rallye, on touche avec les yeux !

Jean-Michel Matas et les commissaires et bénévoles de l’ACM, dimanche à Fontvieille. T. M..

Jean-Michel Matas : "Le risque zéro n’existe pas mais on fait tout pour"

Après une répétition théorique à la Brasca la semaine précédente, entre chefs de poste, adjoints et informaticiens, ce sont 157 commissaires de l’ACM qui étaient convoqués au chapiteau de Fontvieille pour se frotter au traditionnel Circuit Routier d’Instructions Commissaires (CRIC), qui a pour objectif de vérifier l’application des procédures et réglementations en conditions réelles. Un test grandeur nature sur trois spéciales tracées sur les hauteurs de Monaco.


Grâce au raccourcissement des épreuves et à l’arrivée de quelques jeunes dans le corps des commissaires, le commissaire général adjoint de l’ACM en charge des commissaires, Jean-Michel Matas, se félicite « d’avoir des réservistes pour la première année. » Si quelques « étourderies » ont dû être rectifiées, aucune erreur majeure n’a été déplorée. Un bilan conforme au prestige d’un corps qui vient d’être sacré comme le meilleur du monde par la FIA, aussi bien en rallye qu’en Grands Prix.« ça ne veut pas dire qu’on le sera toujours, donc il faut toujours mettre la barre très haute.C’est un honneur et ce prix à une valeur morale vis-à-vis du club. Il est impératif d’être à la hauteur chaque année. »


Avec un maître mot immuable pour Jean-Michel Matas : « La sécurité de nos hommes. Ils ne sont pas là pour se faire abîmer. Le président Boeri met tous les moyens vis-à-vis des hommes. Le risque zéro n’existe pas mais on fait tout pour. »

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