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Thierry Boutsen, ancien pilote de Formule 1, se confie sur le Grand Prix Historique

Plus de vingt ans que Thierry Boutsen a arrêté sa carrière automobile. Mais sa passion reste intacte. Entretien avec un « fou » du volant, à l’approche d’un événement qu’il affectionne.

Yann Douyère Publié le 25/04/2021 à 08:00, mis à jour le 24/04/2021 à 20:58
Thierry Boutsen devant sa Williams, avec laquelle il a remporté son premier Grand Prix. Photo Yann Douyère

Ses victoires en Australie et au Canada lui avait valu le surnom de « Rainman » (l’homme de la pluie).

Sous le soleil monégasque, Thierry Boutsen, ancien pilote de Formule 1 dans les années 80, a depuis refait sa vie. Mais à l’approche du Grand Prix Historique (23 au 25 avril), les souvenirs remontent vite à la surface.

C’est une anecdote assez surprenante qui témoigne de votre désir fou d’avoir voulu devenir pilote...
Ma mère raconte souvent que j’ai commencé ma vie professionnelle quand j’avais 3 ans parce que c’est à cet âge que j’ai décidé de devenir pilote de course. Je regardais alors les "24h du Mans" il me semble. Contrairement à d’autres, j’ai beaucoup galérer pour atteindre ce but. En Belgique, où je suis né, il fallait une licence pour piloter. Un permis pour obtenir cette licence. Et avoir 18 ans pour passer ce permis. J’ai dû patienter alors que dans d’autres pays, on pouvait devenir pilote autour des 15 ou 16 ans.

 

Une passion dès le plus jeune âge, dix ans de carrière en Formule 1 et plus encore à haut niveau, l’homme d’aujourd’hui ressent-il encore le besoin de piloter?
Pas du tout pour être honnête. De temps à autre, une à deux fois par an, je m’autorise à piloter sur des circuits, par curiosité et pour faire plaisir aux gens qui m’entourent. J’ai, pour la première fois depuis 1993, piloté une Formule 1 il y a deux ans sur le circuit de Suzuka (Japon) avec la Ferrari de Fernando Alonso de 2010. Un peu avant le Covid, j’ai également conduit une Porsche 962, la même que dans les années 80. Pour l’anecdote, j’étais à une seconde de la pole de la compétition les "10 heures de Suzuka". On ne perd pas les sensations mais l’envie s’est estompée il y a déjà quelques temps.

Pas question de vous voir un jour au volant d’un bolide du Grand Prix Historique?
Je n’ai plus besoin de prouver que je sais freiner plus tard que mon voisin, ni accélérer plus tôt [rires].

En tant que passionné d’automobiles, quel regard portez-vous sur cet événement?
L’engouement pour le Grand Prix Historique est fantastique. À 18 ans, je rêvais de rouler dans ces modèles Porsche, Lamborghini ou Ferrari... La compétition m’a emmené très loin de la voiture de tous les jours. Et si elle ne m’a jamais quitté, cette passion pour les voitures d’époques, des années 50 à 80, est revenue à mon âge. De toute manière, on naît, vit et meurt avec cette passion. On a vraiment ça dans le sang. Et puis, cet événement, c’est un peu retrouver l’ambiance de mes débuts.

Les voitures d’aujourd’hui ressemble-t-elle à leurs aînées?
Je répondrai que les voitures d’aujourd’hui se ressemblent toutes, au niveau de la forme, du confort, de leur utilisation, à quelques détails près. À l’époque, un modèle durait dix à douze ans et on changeait. Chaque voiture était spéciale, avait un cœur, une âme, on roulait avec passion. Aujourd’hui, ce n’est que sensation. Mais je suis certain que si on vous bandait les yeux, vous ne pourriez pas reconnaître si vous vous trouvez dans une Ferrari ou une McLaren par exemple. Quand j’étais plus jeune, sur les circuits, on reconnaissait les voitures au bruit des moteurs et on distinguait une Maserati d’une Lotus, une Ford d’une Ferrari.

Est-ce difficile alors de vous situez dans ce "milieu" aujourd’hui?
Je l’ai quitté pendant de nombreuses années après mon accident au Mans, en 1999. J’ai mis quatre pour m’en remettre. Et puis, en parallèle j’avais d’autres projets qui m’ont pris beaucoup de temps et d’énergie. Aujourd’hui, cette passion est revenue à la surface. Je m’y intéresse via ma société où l’on vend des "classic cars", de 1950 à 1990 en majorité. Cela m’a permis de remettre un pied dans le milieu, de me tenir informé et de rencontrer d’autres amateurs de voitures.

Une Formule 1 Williams de 1989, taille réelle, trône à l’entrée de vos locaux, on se croirait déjà au Grand Prix Historique...
C’est le modèle avec lequel j’ai remporté le Grand Prix du Canada. Une de mes voitures préférées.

 

Y’en a-t-il d’autres en particulier qui vous ont marqué?
La Benetton de 1987. J’en ai trouvé une et la restaure pour la faire rouler et revivre quelques moments avec cette voiture là. Elle était extraordinaire, rapide, pas facile à conduire, mais avec une certaine sensation de contrôle qui me convenait parfaitement. Il y a également les Porsche 956 et 962 avec lesquelles j’ai effectué beaucoup d’heures de courses. Et pour le côté sentimental, ma première Formule Ford Crosslé 32F, avec laquelle j’ai remporté mes premières courses.
C’est avec cette voiture que je me suis dis que j’allais peut-être arrivé à quelque chose et celle là-même qui m’a donné envie de continuer.

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