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Si le Grand Prix de Monaco existe, c’est aussi grâce au Dr Goudron, Ernest Guglielminetti

Mis à jour le 27/05/2019 à 14:12 Publié le 27/05/2019 à 14:00
Bichonné avant l’événement, absolument indispensable, visible 100 % du temps par plus d’1 milliard de personnes à travers le monde : le goudron est la star de l’ombre des Grand Prix automobiles.

Bichonné avant l’événement, absolument indispensable, visible 100 % du temps par plus d’1 milliard de personnes à travers le monde : le goudron est la star de l’ombre des Grand Prix automobiles. Photo Jean-François Ottonello

Si le Grand Prix de Monaco existe, c’est aussi grâce au Dr Goudron, Ernest Guglielminetti

La célèbre compétition automobile, au cœur de l’activité économique monégasque, aurait eu un tout autre visage si un jour, un savant n’avait pas enduit de goudron une rue du Rocher.

Chaque année c’est la même chose: quelque temps avant le Grand Prix, les rues de la Principauté, qui constitueront le circuit, se font une petite beauté. Ou plutôt un ravalement sévère. Des enrobés tout neufs, qui ne peuvent être dispensés aujourd’hui que grâce aux bons soins du Docteur Goudron, Ernest Guglielminetti de son vrai nom, un praticien valaisan touche à tout qui officiait au tout début du XXe siècle.

À cette époque, les routes sont, le plus souvent, des chemins de terre. Les charrettes et voitures à chevaux qui y circulent constituent le plus gros du trafic. Les automobiles existent, mais elles sont encore rares dans la région.

Commande princière

Pourtant, la poussière dégagée par les carrioles constitue déjà un problème. Dans l’un de ses ouvrages*, Maxwell Gordon Lay, directeur du Conseil australien de recherche routière dans les années quatre-vingt et professeur à l’université de Melbourne, rapporte qu’en 1902, le casino de Monte-Carlo enregistrait de "sévères pertes en raison de la poussière persistante venant des routes au revêtement calcaire".

À ce moment-là, le praticien suisse Ernest Guglielminetti, que le prince Albert Ier a autorisé à s’installer à Monaco en 1891, donne une conférence en Principauté sur les maladies respiratoires et les inventions qu’il a mises au point pour les soigner.

Saisi par l’ingéniosité du médecin, le souverain, explorateur, scientifique et avide de découvertes techniques, lui confie une mission. Il lui demande de trouver une solution aux calamiteuses poussières qui empoisonnent le quotidien.

Le 13 mars 1902, une première application de goudron avait lieu en contrebas du Musée océanographique, alors en construction.
Le 13 mars 1902, une première application de goudron avait lieu en contrebas du Musée océanographique, alors en construction. Photo DR

Guglielminetti s’est déjà attelé à ce problème à Nice, en expérimentant des machines qui pulvérisaient de l’eau. Sans grand succès. Voyant les flaques de goudron déposées par accident par le véhicule qui transportait ce résidu de l’usine à gaz jusqu’à la gare de Monaco, le bon docteur, qui a pratiqué dans les colonies de Java, Sumatra et Bornéo, se souvient alors que l’on en appliquait aussi là-bas sur les planchers, pour les entretenir et les protéger de l’humidité.

Le goudron est déjà utilisé sur certaines routes depuis plus de cinquante ans, avec de fâcheux inconvénients. Certains mettent plusieurs jours à sécher, d’autres restent définitivement collants, et leurs projections détériorent les bâtiments et les piétons qui ont le malheur de circuler le long de ces routes.

Première monégasque

Alors Ernest Guglielminetti met au point une technique de travail de la matière et d’application qui dépose une quantité juste suffisante de goudron. Avec l’autorisation et l’appui du prince Albert Ier, il procède alors à son premier goudronnage sur quelques dizaines de mètres en contrebas du Musée océanographique. Et c’est un succès.

Le Dr Guglielminetti dans son laboratoire.
Le Dr Guglielminetti dans son laboratoire. Photo DR

Par la suite, toujours d’après Maxwell Lay, Ernest Guglielminetti "démontre l’efficacité des méthodes de pulvérisation qui mèneront à plusieurs tests en 1903 et à la formulation de nouvelles spécifications de construction par le Corps des ponts et chaussées" de France. Guglielminetti gagne alors son surnom de Docteur Goudron.

En 1907, il assiste au premier Congrès international de la route. Il y exprime un vœu: "des milliers de kilomètres de routes goudronnées tout autour de la planète, reliant les océans et les pays entre eux".

Preuve que, parfois, les fées fréquentent les congrès.


*Ways of the World : A History of the World’s Roads and of the Vehicles That Used Them, M. G. Lay, Rutgers University Press, 1992.


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