Rubriques




Se connecter à

Rallye de Monte-Carlo : « Comme un conte de fées »

Trois ans seulement après avoir gagné l'opération Rallye Jeunes, Eric Camilli découvre le top niveau dans le baquet d'une Ford Fiesta WRC officielle. Bonheur savouré à sa juste valeur

Recueilli par Gil Léon Publié le 20/01/2016 à 05:10, mis à jour le 20/01/2016 à 05:10
Eric Camilli : « Il n'y a pas d'impatience ni d'excitation particulière. Je suis juste concentré sur l'objectif, sans me poser mille questions. » Jo Lillini et DR

Trois ans seulement après avoir gagné l’opération Rallye Jeunes, Eric Camilli découvre le top niveau dans le baquet d’une Ford Fiesta WRC officielle. Bonheur savouré à sa juste valeur

Il en a rêvé. Il va le faire. Demain soir, la fulgurante ascension d’Eric Camilli, passé en trois ans à peine de l’opération de détection Rallye Jeunes au grand monde du WRC, débouchera bel et bien sur le podium de départ du 84e Rallye Monte-Carlo. L’aube d’une nouvelle vie pour le jeune Niçois (28 ans) dont le coup de volant incisif et la personnalité attachante ont tapé dans l’œil du patron de l’équipe M-Sport, Malcolm Wilson. S’il se sait attendu au tournant, le « débutant » azuréen licencié à l’ASA Grasse ne se fait pas une montagne de la première de ses quatorze courses d’apprentissage négociée cette semaine dans le baquet de la Ford Fiesta officielle numéro 6. Rencontre avec un homme heureux qui garde les pieds sur terre... 

Eric, votre progression météorique, vos débutsen WRC aujourd’hui, si on vous avait dit ça il y a trois ans, comment auriez-vous réagi?
Franchement, je pense que je serais tombé de la chaise! Comment imaginer alors une telle perspective? Je me souviens du jour où j’ai décidé de m’inscrire à Rallye Jeunes. À 25 ans, il s’agissait de ma dernière chance de réussir quelque chose en sport automobile. Bon, j’y suis allé en pensant que ça serait très dur de figurer parmi les deux lauréats vu le nombre de participants. Et puis ça l’a fait! La suite ressemble à une histoire fabuleuse, irréelle. Comme un conte de fées. Grâce aux personnes qui ont cru en nous, tel Jacques Lions (voir ci-dessous), on a franchi les étapes beaucoup plus vite que prévu, jusqu’à cette magnifique opportunité qui s’est présentée en fin de saison dernière. Le rêve est devenu réalité. Vous savez, j’ai suivi mon premier rallye à l’âge de 9 mois. C’était sur les épaules de mon père. Donc on peut dire que j’attends ce moment depuis 28 ans!

Quel sentiment prédomine à l’approchede l’échéance?
Je suis pressé de démarrer. (Un silence) Non, même pas. Il n’y a pas d’impatience, ni d’excitation particulière.  Je suis juste concentré sur l’objectif, sans me poser mille questions. État d’esprit professionnel. Pas de prise de tête.

 

Avec à peine deux jourset demi d’essais au compteur, vous vous estimez prêt?
Quel que soit le nombre de kilomètres couverts, on n’est jamais prêt à 100 %. Deux jours et demi de test, d’un côté, c’est peu quand il faut affronter pour la première fois des Ogier, Latvala et compagnie. Mais en même temps, ça m’a permis de prendre de bonnes marques avec la voiture et l’équipe. Aujourd’hui, je ne peux pas dire que je suis confiant. Simplement, j’aborde cette étape comme les précédentes, avec la même méthode, la même détermination. En espérant apprendre vite...

Les séances de développement accomplies en 2015 pour Toyota sur la Yaris WRC « laboratoire » ont-elles favorisé votre adaptation?
Évidemment, tous ces roulages enchaînés pendant un an ont constitué une base, un socle. Ils m’ont permis de passer en revue toutes les possibilités de réglages d’une WRC sur différents terrains. De quoi entrer tout de suite dans le vif du sujet avec la Fiesta.

« Plus puissante, agile et réactive »

Entre la catégorie R5 et le WRC, il y a vraiment un monde d’écart?
Ah oui. La différence saute aux yeux dès les premiers kilomètres. Pour résumer, une WRC possède plus de « tout ». Freins, agilité, puissance, réactivité... C’est une autre planète. La dimension supérieure, suprême.

Nouveau départ, nouveau copilote : qu’attendez-vous de Nicolas Klinger?
Juste que la synergie établie d’emblée entre nous perdure afin de grandir ensemble. Nicolas est très pro dans l’auto comme en dehors. Son expérience de la Fiesta et du haut niveau constitue un facteur important. J’ai totalement confiance en lui.

Et avec Mads Ostberg, votre coéquipier, comment ça se passe?
Très bien. Super. Lui est de retour dans une équipe qu’il connaît bien. Moi, je suis le petit nouveau, donc je reste à ma place, je me fais discret! Globalement, il y a bonne entente dans le team.
Malcolm Wilson vous a-t-il donné des conseils ou des consignes pour cette première course si atypique?
En fait, jusqu’à maintenant, il m’a juste dit une chose, une seule : « Ne te compare pas à untel ou untel. N’essaie pas de battre Bouffier ou Lefebvre. Occupe-toi de ta course, de ton pilotage. Et prends du plaisir. »

Justement, il y a deux ans, Bryan Bouffier avait hissé une Fiesta à la 2e place du Monte-Carlo. Est-ce une source d’inspiration?
(Du tac au tac) Non, pas vraiment. Finir 2e, avec une auto privée, c’était une performance inouïe. Sûr que je signe direct pour faire pareil cette semaine! Mais il avait quand même déjà un bagage, un vécu, bien plus épais que le mien à l’heure actuelle.

 

« Finir toutes les courses »

Jeudi soir, place du Casino, une fois sur le podium de départ, vous penserez à qui, à quoi?
(Il réfléchit) A la première épreuve spéciale. Ce sera un moment fort. Comptez sur moi pour profiter de l’instant présent à fond.

Et sur la ligne de départ de l’ES 1, à Entrevaux?
Là, je penserai au premier virage (*). Et aux plaques de glace qui nous attendent jusqu’à Rouaine.
Pour conclure, en cette période de vœux, que peut-on vous souhaiter pour 2016?
De finir toutes les courses, avec quelques résultats positifs à la clé. Pour une première saison en WRC, ce serait plutôt correct, non?

 

(*) En janvier 2015, au volant de la Fiesta R5, avant de terminer son premier Monte-Carlo 4e du WRC2, une crevaison survenue au tout début de la même ES 1 (Entrevaux-Rouaine) l’avait retardé d’entrée.
Aujourd’hui et demain
Mercredi 20 janvier à Gap : spéciale d’essai (shakedown) de 16 h à 20 h.
Jeudi 21 janvier à Monaco : présentation du championnat du monde 2016 à 13 h (réception à l’Hôtel de Paris puis roadshow quai Albert-Ier), départ de la 1re étape à 18h15 (place du Casino).

Offre numérique MM+

...

commentaires

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.