Qui est Frédéric Vasseur, le patron d’Alfa Romeo en F1 et dénicheur de talents

Le Français Frédéric Vasseur se raconte un peu plus, à quelques jours du Grand Prix de France. Il évoque aussi les secrets de la réussite de son écurie, Alfa Romeo.

Laurent Seguin Publié le 22/07/2022 à 16:35, mis à jour le 22/07/2022 à 16:31
À 54 ans, le patron français de l’écurie Alfa Romeo a déjà lancé de nombreux champions.

Il n’a pas son pareil pour dénicher une pointure. Non, Frédéric Vasseur n’est pas l’employé du mois d’une boutique de chaussures. Mais en revanche, si vous cherchez un bon cordonnier, celui qui a lancé Lewis Hamilton en F3, Nico Rosberg en GP2 et Charles Leclerc en F1, a peut-être bien quelques bonnes adresses à vous indiquer.

Car il en a usé des semelles, le patron français de l’écurie Alfa Romeo au cours de ces trois décennies passées dans l’univers des courses automobiles. Pour qui a eu la chance de poser, ne serait-ce qu’un orteil, dans un paddock de F1, croiser Frédéric Vasseur est d’ailleurs quelque chose d’assez ordinaire. Saluant un ingénieur, discutant avec un directeur d’écurie, blaguant avec un pilote, l’homme qui a créé l’écurie ART avec Nicolas Todt en 2004 semble constamment déambuler au sein du paddock. Sans jamais tourner les talons à la vue d’un adversaire.

"Je ne sais pas si je suis atypique, sourit Vasseur quand on lui demande s’il a le sentiment de sortir du lot. Mais je crois que, contrairement à certains de mes collègues, je fais la part des choses entre la course et les relations. On peut être amis le jeudi et se battre comme des chiens le dimanche."

L’ingénieur de formation ajoute: "Ce n’est pas un secret, j’ai des rapports privilégiés avec Toto (Wolff, patron de l’écurie Mercedes) et Günther (Steiner, patron de l’écurie Haas). On peut parfaitement partager un dîner puis, quatre jours plus tard, porter des réclamations les uns contre les autres. Mais ça, le milieu de la F1 a beaucoup de mal à l’admettre. Et c’est dommage, parce que nos intérêts se rejoignent souvent. Autour du calendrier, ou de la réglementation, par exemple. On a souvent des préoccupations alignées. Et ensemble, on est plus fort dans notre sport."

Kimi faisait le choix de ses priorités, Valtteri est au début d’un cycle

Plus forte, l’écurie transalpine semble justement l’être cette saison. Oubliée la dernière année en roue libre d’un Kimi Räikkönen que le patron français refuse pourtant de blâmer, Alfa Romeo signe "un très bon début de saison". "Avec des hauts et des bas, concède Vasseur. Mais même s’il y a encore du chemin à faire, on est en très nette progression. Il y a une dynamique positive et être dans un groupe où l’on se bat avec Alpine et McLaren, c’est valorisant. Et au-delà de ça, l’ambiance en interne est archi positive."

 

Sur ce point, le boss de l’écurie au trèfle peut se féliciter d’avoir installé Valtteri Bottas dans le baquet laissé libre par Räikkönen. "Kimi faisait un peu le choix de ses priorités et de ses objectifs, et ça peut se comprendre quand on a fait vingt ans de F1. Mais Valtteri est au début d’un cycle, annonce-t-il. Quand on a discuté l’été dernier, je savais que je n’étais pas capable de lui offrir le niveau de Mercedes (où George Russell l’a remplacé au côté de Lewis Hamilton). Mais je lui offre autre chose, un rôle de leader (et le premier contrat pluriannuel de sa carrière) et il s’épanouit là-dedans. Il a trouvé sa place. Et comme son association avec Zhou (le pilote chinois qui occupe l’autre baquet chez Alfa) est fluide, il nous fait énormément de bien."

Au regard des résultats d’une écurie qui, le 10 avril dernier et après seulement trois courses, avait déjà inscrit autant de points (13) qu’au cours de toute la saison précédente, le binôme Bottas-Zhou (51 points au compteur avant le rendez-vous varois), fonctionne effectivement à merveille.

Théo est bien placé pour avoir accès à tout, mais il faut gagner

A tel point d’ailleurs qu’aujourd’hui chez Alfa, on songerait à prolonger le contrat de Zhou. Le Chinois pourrait donc rester au volant de la monoplace italienne en 2023, et installé dans un baquet que convoite le Français Théo Pourchaire...

Annoncé comme possible équipier de Bottas en mars dernier, mais finalement resté en F2 pour une saison supplémentaire chez ART, le Grassois de 19 ans continue de faire ses gammes dans l’antichambre de la catégorie reine. Au sein de l’écurie dirigée par Vasseur.

"La saison actuelle est une bonne phase d’apprentissage pour Théo", explique le boss d’ART, qui dit porter un regard bienveillant sur le vice-champion du monde de F3 2020. "Pour le moment, il construit son expérience personnelle. Et il vaut mieux avoir des moments compliqués quand on est jeune, plutôt qu’en F1, juge le patron d’Alfa. Car la F1, c’est un fusil à un coup. Et on a vite fait de prendre la foudre du paddock. Alors tous les pilotes rêvent de F1 pendant vingt ans, mais une fois qu’ils y sont, il faut qu’ils soient prêts. Et à tous les niveaux. Sur le talent, la F1, c’est une place tous les deux ans, souligne Vasseur. Alors Théo est bien placé pour avoir accès à tout, mais il faut gagner (le Grassois occupe la troisième place au championnat du monde de F2). Et avec la manière, prévient Vasseur. Mais ce n’est pas maintenant qu’il faut prendre une décision. Il connaît le challenge."

Nul doute qu’avec un mentor comme Vasseur, Pourchaire finira par trouver chaussure à son pied. En attendant, chez Alfa, c’est franchement le panard.

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