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On a rencontré le pilote monégasque Arthur Leclerc à l’aube de sa saison 2 en FIA Formule 3

Après une saison 2021 en dents de scie, Arthur Leclerc veut absolument allier performance et constance. Le Monégasque de 21 ans a commencé à corriger le tir en montant sur le podium de la manche d’ouverture, à Bahreïn.

Gil Léon Publié le 04/04/2022 à 18:42, mis à jour le 04/04/2022 à 18:39
Sur le circuit de Sakhir, à Bahreïn, Arthur Leclerc a glané 24 points en deux courses. Photo Georges Decoster

Si le championnat FIA F3 avait décidé de tourner en rond uniquement au Moyen-Orient cette saison, nul doute qu’il en serait le grandissime favori. Couronné champion Formula Regional Asian 2022 après avoir empilé neuf podiums - dont cinq victoires - en l’espace de cinq semaines - quinze courses - à Abu Dhabi et Dubaï, Arthur Leclerc s’est aussi illustré sur la piste du Grand Prix de Bahreïn, théâtre de l’ouverture des hostilités. Pas de succès pour allumer le compteur, certes, mais des bons points récoltés d’entrée, les 19 et 20 mars. De quoi se positionner illico sur les talons du leader, dans le wagon de tête. À 21 ans, le petit frère de Charles, rookie plus rapide que régulier en 2021 - deux victoires, une pole position, 10e de la hiérarchie finale -, fait figure de sérieux prétendant au titre. Couvé par la Ferrari Driver Academy, il espère prolonger sa belle dynamique actuelle sur le Vieux Continent. De préférence jusqu’au virage décisif du mois de septembre, du côté de Monza...

Un podium, 24 points et la 2e place du championnat: avant de démarrer, auriez-vous signé pour un tel score lors du week-end d’ouverture à Bahreïn?

Ah oui! Je considère que c’est un très bon résultat. Encore plus après cette séance qualificative pas vraiment à la hauteur des espérances du team, où les trois pilotes Prema Racing se classent P 11, P 13 et P 21. Pour moi, heureusement, la suite des événements s’est avérée bien plus fructueuse. Mon excellent rythme en course m’a permis de saisir toutes les opportunités qui se présentaient. Finir 5e puis 2e en partant 13e à deux reprises, c’est positif. On peut dire que je me suis bien rattrapé.

La qualif’, vous la gardez en travers de la gorge? Il manquait quoi pour figurer aux avant-postes de la grille?

 

Pas grand-chose. À ce niveau-là, les écarts sont infimes, donc ça se joue sur des détails. On a débriefé tous ensemble. Et moi, j’ai tourné la page le jour même. À quoi bon ruminer? Mieux vaut se concentrer tout de suite sur les deux courses à venir.

Vous enchaînez alors deux remontées fantastiques. Quelle fut la clé de la réussite?

Quand on s’élance du 13e rang, pas le choix, il faut opter pour une stratégie agressive. La gestion de l’usure des pneus constitue le paramètre essentiel, surtout sur cette piste très abrasive. Si vous restez longtemps derrière quelqu’un, ils vont surchauffer. Par conséquent, pour éviter une forte dégradation, vous devez dépasser dès que possible. La première tentative doit être la bonne. J’ai attaqué fort seulement quand c’était nécessaire. À Bahreïn, il y a deux lignes droites, deux zones où l’on peut activer le DRS. Voilà, j’ai saisi chaque opportunité. De quoi ménager mes gommes, limiter la dégradation. Et garder un gros rythme jusqu’au damier.

Combien de dépassements au total? Vous les avez comptés?

Ah non, j’ai oublié! (Il se marre) ça doit faire pas mal, un certain nombre... Je me souviens des deux duels gagnés contre David Vidales. Le samedi puis le dimanche, je l’ai surpris à l’extérieur dans deux virages différents. Ça n’a pas dû le faire sourire, sans doute... En tout cas, je n’oublierai pas ces deux courses. Il y avait de l’action. Je ne me suis pas ennuyé une seconde... Attention: je préfère tout de même m’élancer plus haut sur la grille. (Rires) Mieux se qualifier pour limiter la prise de risques en course, ce sera le mot d’ordre lors des prochaines échéances.

 

Parlons de votre campagne couronnée de succès cet hiver en Formula Regional Asian Championship. Décrocher un premier titre en monoplace, ça change un pilote?

Non, pas vraiment. Ça booste la confiance, surtout. Ces cinq week-ends à Abu Dhabi et Dubaï ont permis de mettre en place une nouvelle méthode. Ou plutôt une approche différente. La saison dernière, on peinait trop souvent à convertir notre vitesse en résultat. Il y avait des petites erreurs pénalisantes ici et là, essentiellement en qualifications. Le constat fut établi en fin d’année. Avec mes frères, Lorenzo et Charles, avec les gens de la Ferrari Driver Academy, aussi, on a cherché des pistes d’amélioration. Comment gagner en constance, en régularité? Comparé aux autres pilotes du plateau FIA F3, je totalise moins d’expérience, moins de départs. Le simulateur, l’entraînement physique, c’est bien, mais ça ne remplace pas la piste. Réflexion faite, on s’est dit qu’il fallait disputer ce championnat au Moyen-Orient. C’était la meilleure manière de préparer la saison 2.

Désormais, vous êtes focalisé sur le travail, pas sur les résultats, dites-vous. Un discours destiné à évacuer la pression?

Pas du tout! C’est la vérité. Chaque jour, sur les circuits ou ailleurs, je pense à mon pilotage, aux réglages, à ce que je peux optimiser dans mon job de pilote. Le matin, je ne me réveille pas en pensant que je dois absolument décrocher le titre FIA F3. Pas question de faire une fixette. Aucune obsession. Même si c’est la cible visée, bien sûr. Pour atteindre l’objectif, il faut d’abord bosser dur, sans relâche.

Après la première des neuf étapes inscrites au calendrier, vous ne comptez qu’une petite longueur de retard sur le leader français, Victor Martins. Le rival numéro 1, c’est lui?

Le championnat vient juste de débuter. Difficile de coller des étiquettes si tôt dans la saison. À mon avis, cinq ou six pilotes ont le potentiel pour animer la course au titre. Parmi eux, il y a Victor. Après les deux prochaines manches (Imola et Barcelone, ndlr), on en saura plus sur le profil de la lutte au sommet. Seule certitude: il y aura du spectacle et du suspense. Que le meilleur gagne!

Quelle sera la priorité lors des deux tests collectifs programmés en Espagne durant la première quinzaine d’avril?

 

On va encore mettre l’accent sur les qualifications. Lors d’un week-end de course, en Formule 3, vous ne disposez que de trente minutes d’essais libres avant de partir à la chasse au chrono. Ce n’est pas comme en F1 où ils ont trois séances pour préparer la qualif’. Là, à Jerez (ce mardi et ce mercredi) puis à Barcelone (vendredi 15 et samedi 16), ce sera l’occasion de chausser des pneus neufs et de plancher sur l’exercice du tour rapide. En espérant réussir à aligner les planètes ensuite...

Deux courses par week-end au lieu de trois, vous validez?

Oui, je préfère ce format. En 2021, avec seulement sept manches, le calendrier comprenait des coupures très longues. Ça cassait le rythme. On rongeait notre frein. Là, il y en a neuf. Au-delà du timing, courir sur neuf circuits, deux de plus, c’est forcément mieux. Ça me semble plus judicieux comme préparation dans la perspective des catégories supérieures, F2 et F1.

Le prochain virage se situe à Imola, sur le circuit Enzo et Dino Ferrari...

En Italie, tout près de la Ferrari Driver Academy, je me sentirai un peu comme à la maison. J’ai couru sur ce tracé en 2020. Je l’adore! Le challenge s’annonce ardu, spécialement à l’heure des qualifications. La piste est étroite. Elle ne pardonne aucun écart. En course, par rapport à Bahreïn, nul doute que ce sera une autre paire de manches. Difficile de se suivre, de dépasser. Donc à moi de savoir décrocher une bonne place sur la grille...

Votre mot de la fin concernant le début de saison du grand frère en F1?

Quel plaisir de voir Charles et Ferrari revenir au premier plan! Je suis super content pour lui, pour toute l’équipe. Chaque fois que je vais Maranello pour mes activités au sein de la Ferrari Driver Academy, voir le travail accompli à l’usine, sentir cette passion de la course partout, ça m’impressionne. Aujourd’hui, les efforts de la Scuderia trouvent une juste récompense. Cette réussite est amplement méritée. Et ce n’est que le début, j’espère...

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