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On a rencontré Daniel Elena avant son come-back sur les pistes du Dakar avec Sébastien Loeb

Mis à jour le 01/01/2021 à 21:29 Publié le 01/01/2021 à 21:29
Le tandem Loeb-Elena est prêt à explorer le Dakar saoudien à bord de ce Hunter flambant neuf.

Le tandem Loeb-Elena est prêt à explorer le Dakar saoudien à bord de ce Hunter flambant neuf. Photo AFP

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On a rencontré Daniel Elena avant son come-back sur les pistes du Dakar avec Sébastien Loeb

Passé de peu à côté de la victoire en Amérique du Sud, Daniel Elena reprend du désert ce mois-ci en Arabie saoudite avec Sébastien Loeb. Nouveau départ synonyme de changement de cap pour le copilote monégasque.

Coucou, les revoilà! Plus que jamais indissociables, Sébastien Loeb et Daniel Elena repartent à l’assaut du Dakar, ce week-end.

Cinq ans après leur baptême du sable en Amérique du Sud sous le signe du Lion Peugeot, et deux ans après leur dernière expérience en date, lors d’une édition 2019 100% péruvienne, les champions du monde WRC puissance 9 changent de cap.

Contrairement aux Sainz, Peterhansel, Al Attiyah et compagnie, eux ont rendez-vous en terre inconnue. Ce majestueux désert saoudien, ils vont le découvrir à bord d’un flambant neuf proto 4x4 à moteur V6 essence 3,5 litres turbo: le Hunter du team Bahrain Raid Xtrem (BRX), nouveau concurrent direct des commandos Toyota et Mini. Une arme "made in England", chez Prodrive, qu’ils ont dû affûter à toute vitesse.

Pour mettre dans le mille d’emblée sans essuyer les plâtres? Fidèle à lui-même, le navigateur monégasque plante le décor sans ambages.

Daniel, en janvier 2020, le Dakar vous a manqué un peu, beaucoup ou pas du tout?
Écoutez, Seb et moi, on aime ce genre d’aventure. Le Dakar nous plaît parce qu’il est synonyme de découverte, d’improvisation. Avec le recul, même les galères qui vous en font baver deviennent des bons souvenirs. Il y a un an, tout en préparant le Rallye Monte-Carlo, j’ai suivi attentivement la première édition en Arabie saoudite. Par curiosité, pour voir comment se débrouillaient les copains.

Sébastien, quand commence-t-il à évoquer un come-back en 2021?
Il n’y a pas eu un moment précis. Tous les deux, on savait qu’un retour au Dakar se profilait droit devant. On en a parlé ensemble dès qu’il a reçu les offres des principaux teams de pointe.Ensuite, il fallait juste peser le pour et le contre de chaque côté. Comme d’hab’, c’est lui le décisionnaire. S’il opte pour BRX, on va chez BRX. S’il préfère Toyota ou Mini, je le suis à droite ou à gauche. Et s’il préfère aller jouer à la dînette, on y va ensemble...

A-t-il eu du mal à trancher?
Ah, ce ne fut pas facile. D’autant que les uns et les autres ont surenchéri. Proposition, contre proposition...Chacun voulait Loeb dans son camp.Parce que c’est un favori naturel, même s’il n’a pas encore gagné le Dakar. Une tête d’affiche, mais aussi un nom qui fait vendre, qui peut séduire de nouveaux partenaires. Seb s’est décidé en connaissance de cause. Avant de signer, il est allé à l’usine, il a vu les installations, les dessins de la voiture. Aujourd’hui, il sait que cette auto a été construite en trois mois et que l’on n’a pas pu préparer la première échéance autant que voulu en raison de la crise sanitaire.

Vous avez accompli deux séances d’essais, huit jours au total...
(Il coupe) Ouais, de quoi se rendre compte que l’auto est bien née, performante. On a vite retrouvé nos automatismes en mode rallye-raid. Et on a mis la caisse à rude épreuve, croyez-moi. (Rires) Bon, c’est vrai qu’il restait des petits détails à optimiser. Quelques broutilles qui peuvent vous ralentir en course. Rien d’anormal compte tenu de la jeunesse de l’engin. Avec la 3008 DKR, c’était pareil au début. L’équipe Prodrive s’est penchée là-dessus ces dernières semaines. On verra...

Prodrive possède la même force de frappe que Peugeot Sport?
La structure a une capacité financière conséquente, je pense. Le royaume de Bahreïn, son partenaire principal, n’entend pas faire les choses à moitié. Humainement, plus de 500 personnes travaillent chez Prodrive, dont une centaine d’ingénieurs. C’est plus que l’effectif total des équipes Peugeot et Citroën de la grande époque. Et techniquement, ils ont prouvé leur savoir-faire dans de nombreuses disciplines: en F1 avec BAR, en rallye avec Subaru et Mini, en endurance avec Aston Martin. Partout sauf en rallye-raid, où ils élargissent leur horizon maintenant.

Quelle idée avez-vous de ce nouveau champ d’action?
Difficile à dire. Je ne me fie pas trop aux images de l’édition 2020 car David Castera a pas mal remodelé le parcours afin de réduire la vitesse moyenne. A priori, il n’y a qu’une seule étape 100% sable. Donc on va alterner cailloux, sable, cailloux, sable... Je m’attends d’abord à vivre des journées longues.

Pour vous, le terrain s’annonce-t-il plus compliqué qu’en Amérique du sud?
(Du tac à tac) Bah non ! Arabie ou Amérique, il faut tirer des caps, voilà. C’est de la navigation. Au contraire, j’imagine qu’il y aura moins de changements de direction. L’an dernier, parfois, le roadbook d’une spéciale de 400 bornes ne comprenait que 5 pages, paraît-il. À peine 25 cases, quoi! Vous avez largement le temps de réfléchir entre chaque case, hein? Mais il y aura des pièges. La condition physique des équipages et la robustesse des mécaniques seront sollicitées, sans aucun doute.

Le roadbook numérique, ça change votre méthode de travail?
Un peu, oui! Pour résumer, chaque soir, je serai en vacances.

C’est-à-dire?
D’habitude, sitôt le bivouac atteint, je planchais sur le tracé du lendemain durant cinq, six, sept heures... Je jonglais avec mes six crayons-feutres pour préparer le parcours suivant aux petits oignons. Là, terminé le découpage, le collage, les modifications, les interprétations et autres bidouillages...Il faudra attendre le lendemain puisque le menu des réjouissances à venir sera distribué chaque matin.

Et alors?
Place à l’improvisation. Vous avez juste le temps de rentrer les "way points" dans le GPS, de vérifier que la liste est complète et top départ! Les cases vont nous sauter à la figure. S’il y en a une tous les 10 kilomètres, pas de problème. Mais si c’est tous les 200 mètres, il faudra que le cerveau percute pour calculer illico.

Vous avez pigé le mode d’emploi?
Lors des tests, cet automne, je n’ai pu me familiariser avec le système que durant une vingtaine de bornes parce qu’on a changé les bases d’essais au dernier moment. À moi de réussir à m’adapter rapidement. En espérant ne pas croiser trop de "bugs" électroniques. Il n’est pas exclu que la tablette ou la télécommande dérapent ici ou là. D’ailleurs, nous embarquons tous un roadbook papier de secours dans une pochette scellée. Reste à savoir quand on peut y avoir recours.

Cette innovation va favoriser l’équité, non?
En effet. Seule l’organisation possède le logiciel. Donc il n’y a plus de "mapman" qui trace tout à l’avance dans
chaque top team. Ceci dit, je trouve le passage du papier au numérique un brin précipité. Mais cela permet de faire des économies.

Jouer la gagne d’emblée, c’est votre ambition?
Quel que soit le terrain, avec Seb, on ne roule jamais pour enfiler des perles. L’auto sort de l’atelier. Zéro course au compteur! Le Dakar sera son baptême du feu. Donc tout peut arriver. Là, j’ai envie de vous dire qu’on veut voir l’arrivée. Avec l’espoir d’être dans le match d’un bout à l’autre. Nani Roma (l’Espagnol double vainqueur du Dakar à moto qui pilote l’autre Hunter BRX, ndlr) démarre avec la même cible dans le viseur.

La 2e place au Dakar 2017, elle vous reste en travers de la gorge?
Ouais, on ne l’a pas digérée. (Ton ferme) Dans ma tête, d’ailleurs, cette course, nous l’avons gagnée. Elle nous échappe à cause d’une panne que l’on répare nous-même. Aucun plantage, aucune erreur de navigation. Nous étions les plus performants. Avoir les boules quand vous terminez 2e à 5 minutes après en avoir perdu 26 par la faute d’un problème mécanique, c’est normal, non? ‘‘Peter’’ (Stéphane Peterhansel, leur coéquipier chez Peugeot, vainqueur cette année- là), lui, il lâche 19 minutes parce qu’il se tanque dans un ruisseau. Un fait de course. Ce Dakar 2017, on méritait de le gagner. Comme le Monte-Carlo 2002 perdu sur tapis vert (*). Au profit de qui ? De Prodrive, tiens donc! (Il se marre)

Sébastien a 46 ans, vous 48 ans. Le tandem Loeb-Elena a encore largement le temps de s’inviter au palmarès du Dakar...
Exactement! Regardez la moyenne d’âge des gros bras. ça laisse une dizaine d’années devant nous. En quatre participations, on a déjà réussi à empiler 14 victoires d’étapes. Cela veut dire qu’on sait faire le job. Gagner un jour, mais aussi le lendemain en ouvrant la piste. Maintenant, Seb et moi, nous sommes conscients qu’il nous reste une petite marge de progression. Voilà pourquoi on bosse ensemble encore et toujours sur les points perfectibles. En espérant concrétiser le plus tôt possible...

* Il y a 19 ans, à Monaco, une erreur de l’équipe Citroën - changement de roues non autorisé à l’entrée d’un parc d’assistance, sans influence sur le résultat -, avait coûté la victoire à l’équipage Loeb-Elena, pénalisé de 2 minutes et déclassé après l’arrivée suite à la réclamation de l’équipe Subaru-Prodrive, le duo Mäkinen-Lindstrom récupérant ainsi la timbale sur tapis vert.

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