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Moi aussi je peux être commissaire de piste au Grand Prix de Monaco

Mis à jour le 09/04/2019 à 20:05 Publié le 09/04/2019 à 12:01
Et pour finir, le parcours "Gazelle" qu'il faut réaliser en moins de 1'40''.

Et pour finir, le parcours "Gazelle" qu'il faut réaliser en moins de 1'40''. Michael Alesi / Dir. Com.

Moi aussi je peux être commissaire de piste au Grand Prix de Monaco

Ce week-end, à l'occasion du stage que doivent obligatoirement suivre les 600 commissaires de l'Automobile Club de Monaco, nous avons assisté à tous les ateliers et participé, comme un "bleu", à la session réservée aux commissaires chargés d’intervenir sur la piste.

>> RELIRE. PHOTOS. Au Grand Prix de Monaco, on ne plaisante pas avec la sécurité et la discipline

"Mets les gants, la charlotte et le casque. Quand tu franchis la glissière pour arriver sur la piste, regarde toujours d’où viennent les voitures. Là, pour l’exercice, elles viennent de la mer et roulent à plus de 200 km/h en direction du chapiteau. Allez, vas-y, c’est à toi!"

Ça commence mal. J’attaque l’ascension de la glissière du mauvais pied. Je recommence. C’est bon. Et mince, j’atterris sur la piste le dos à la mer. Je ne peux pas voir les F1 arriver. Erreur fatale. L’examinateur me le fait sèchement remarquer. On n’est pas là pour rigoler. J’ai compris la leçon.

J’attrape l’extincteur et le pose sur l’épaule droite, pour avoir la vue dégagée sur la mer - et les voitures, donc. Je cours jusqu’au plot, le contourne, change l’extincteur d’épaule pour toujours voir les F1 arriver, et je reviens. Le premier atelier est - à peu près - validé.

"Restez groupés!"

Le groupe dans lequel je me suis invité est celui de Frédéric Cottalorda, le chef du poste 1, celui de Sainte-Dévote. L’un des plus prestigieux du plus mythique circuit de Formule 1 au monde. Forcément, ça met un peu la pression. Je fais partie de l’un des deux commandos, comprenez un groupe de six hommes. Pas de femmes dans mon équipe. J’en distingue toutefois quelques-unes dans d’autres groupes. Le corps des commissaires de course de l’ACM leur est ouvert. Elles rejoignent le plus souvent les postes de signaleurs, ceux qui manient les drapeaux. C’est l’un des trois métiers des commissaires de piste, avec ceux chargés du feu et, dans mon cas, de l’intervention sur la piste.

Je me concentre sur l’atelier suivant. Mon commando va devoir franchir une glissière, longer la piste alors que passent les F1, puis rejoindre une voiture accidentée. Nous allons la déplacer. Gants, charlotte, casque. Visière baissée. Obligatoire pour éviter de se prendre un débris ou un caillou dans l’œil. Les mesures de sécurité sont ici maximales. Rares sont les Grand Prix dans le monde où les commissaires de piste sont casqués.

Le commentaire du chef de poste : "C’est bien, mais vous n’avez pas traversé la piste groupés mais en file indienne. Restez groupés. Sans quoi, le pilote qui arrive ne saura pas où passer si vous êtes en ligne face à lui." J’acquiesce. Je vais éviter de dire que, à deux reprises, je me suis cogné le tibia contre l’aile en soulevant la voiture. Ça brûle un peu mais tant pis.

"Et le pneu!"

L’atelier suivant s’annonce compliqué. Une voiture vient de se crasher devant notre poste. Notre commando va devoir aller sur la piste ramasser les débris, puis aller porter secours au pilote et dégager la voiture avec la grue. Et ça tombe sur moi : "Tu vas venir avec moi ramasser les débris", prévient Frédéric Cottalorda. "Allez, maintenant!" Je franchis la glissière comme un cabri et atterris dans le bon sens, face aux voitures qui pourraient surgir - le métier rentre. Je fonce vers un amortisseur et je reviens en courant. "Et le pneu!" J’ai failli l’oublier…

Le reste du commando nous rejoint. Groupés - on a retenu la leçon -, nous rejoignons la F1 bleue qui s’est immobilisée sur le flanc. Nous la remettons sur ses roues, la soulevons pour glisser le plateau à roulettes et la poussons vers les attaches de la grue, en vue de son évacuation par les airs. "C’est parfait, je n’ai rien à dire", conclut l’examinateur de cet atelier.

Pendant les deux heures de cette session dédiée aux interventions sur la piste, nous avons aussi, en vidéo, débriefé le Grand Prix 2018 et nos interventions du jour, été sensibilisés aux dangers des voitures du ePrix et à la manière de procéder en toute sécurité lors des interventions.

Le parcours "Gazelle" en 1'28''

Nous nous sommes aussi mesurés au chronomètre sur l’atelier "Gazelle", un parcours du combattant à la sauce Grand Prix. Il faut franchir des glissières, courir, marcher sur des planches, tirer une caisse métallique, slalomer en portant un pneu ou un extincteur sur l’épaule. L’enjeu : réaliser le parcours en moins de 1’40’’ pour les "bleus" (les nouveaux, souvent plus jeunes) et 1’50’’ pour les anciens. L’honneur est sauf, j’ai mis 1’28’’. Alors Fred, tu me prends dans ton commando ? "Je ne suis pas seul à décider mais, oui, sans problème."

Tout s’est terminé vers 13 h par un déjeuner au Bar du cirque. L’occasion pour tous ces commissaires de piste, dont la grande majorité est là depuis des années, de se retrouver. De faire revivre une nouvelle fois l’indispensable esprit de corps.


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