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Le pilote azuréen Cyrille Féraud couronné champion de France des rallyes terre

Ce dimanche, au Terre de Vaucluse, il a décroché la lune ! À 41 ans, le Grassois Cyrille Féraud (Citroën C4 WRC) s’est emparé d’un titre national qui récompense sa régularité et sa fidélité.

Gil Léon Publié le 15/11/2021 à 20:30, mis à jour le 15/11/2021 à 19:58
Autour de Courthézon, Cyrille Féraud a achevé sa partition 2021 sans fausse note. Photo FR Média Live / C. Chartier

Le voilà enfin en terre promise! Passé tout près à deux reprises (4e en 2015, 2e en 2017), Cyrille Féraud le tient, ce titre de champion de France des rallyes terre. Au printemps, avant la réouverture de la chasse au chrono, personne, ou presque, ne le désignait parmi les principaux favoris à la succession de son voisin et ami Jean-Baptiste Franceschi dans les annales. Pourtant, c’est bel et bien lui, le sociétaire de l’ASA Grasse vivant au Tignet, qui a raflé la mise dimanche sur le podium de la finale vauclusienne, avec une courte marge: 2 petits points devant l’Aixois Stéphane Consani. Jamais vainqueur mais toujours placé, au volant de sa vénérable Citroën C4 WRC ex-Ogier de 2010, ce fidèle animateur a fait parler l’expérience. Et il a logiquement récolté le fruit de sa régularité.

Cyrille, ça fait quoi de devenir champion de France à 41 ans?

Ça ne va pas changer ma vie mais ça fait quand même plaisir. J’avais manqué le coche de peu deux fois par le passé. Là, j’ai bien joué ma carte jusqu’au bout.

 

Le jour de vos premiers tours de roues sur terre, vous imaginiez aller aussi loin, aussi haut?

Ah non, pas vraiment. Mon baptême du feu en championnat de France, c’était au Terre de Provence, en 2006, dans le baquet d’une Citroën Saxo Challenge. Comment aurais-je alors pu penser une seconde que je décrocherai le titre tôt ou tard? Même prendre un jour le volant d’une WRC, impossible d’y songer. L’opportunité a fini par se présenter en 2014. Depuis, j’arrive à tracer mon chemin avec le précieux soutien de Jean-Marie Cuoq (le pilote ardéchois, octuple champion de France sur terre, qui lui vend et entretient ses WRC, ndlr).

En début de saison, ce titre, vous l’aviez dans le viseur?

Pas du tout! J’ambitionnais juste d’obtenir les meilleurs résultats possible avec ma C4 WRC. Il se trouve que les principaux prétendants ont tous connu des mésaventures. Stéphane Consani a abandonné au Terre de Castine. Même sort pour Léo Rossel au Lozère. Ensuite, Mathieu Franceschi tenait la corde mais il a dû faire l’impasse sur les Cardabelles, faute de budget. Depuis cette saison 2020 considérablement raccourcie par la crise sanitaire, on n’a plus de joker. Tous les résultats entrent en ligne de compte. Donc le moindre score vierge anéantit vos chances. Voilà, j’ai vite compris que le titre redevenait une cible atteignable à condition d’engranger des bons points à chaque étape.

Que répondez-vous à ceux qui ne comprennent pas comment on peut devenir champion de France sans aucune victoire au compteur, et en remportant seulement deux épreuves spéciales en cinq courses?

Il n’y a qu’une règle du jeu. C’est la même pour tout le monde. Ce mode d’attribution des points mixte, au général et à la classe, il existe depuis des lustres. Tenez, en 2013, le titre du groupe N m’échappe in extremis au Vaucluse à cause d’un moteur cassé alors que j’avais dominé les manches précédentes. Idem en 2017: avec ma WRC, je termine vice-champion derrière Jordan Berfa parce que celui-ci fait régulièrement le plein dans la catégorie R5. Moi, je suis un petit carrossier (à Montauroux), pas un pilote professionnel. L’opportunité d’intégrer le palmarès du championnat, elle se présente rarement. C’est top de l’avoir saisie.

 

Au départ du Terre de Vaucluse, six pilotes pouvaient encore coiffer la couronne. En tant que leader talonné, avez-vous ressenti un surcroît de pression?

Avec mon numéro 1, j’ai fait office de balayeur samedi. Dans ma position, il fallait juste tirer un trait sur la performance pure. Éviter les bêtises, ne pas plonger excessivement dans les bas-côtés... Rouler propre au milieu, quoi! Le stress, il est monté en flèche hier (ce dimanche) au moment d’aborder la dernière spéciale (ES10, 16km). Pour toucher au but, je devais impérativement conserver la 6e place au scratch. Mission accomplie en prenant du plaisir. En fin de compte, à part un petit tout droit dans l’ES8 qui me coûte 5 secondes, rien à signaler. C’était presque parfait!

L’an prochain, vous passez la deuxième?

On verra. Je ne compte pas empiler les titres! En revanche, pourquoi pas trouver enfin le chemin de la victoire ici ou là? On commence à totaliser pas mal de podiums (8 depuis 2015, 2e à Langres cette saison). Il ne me manque pas grand-chose. C’est faisable, je le sens.

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