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"La pression, pour quoi faire?": le pilote monégasque Charles Leclerc a "hâte" de disputer son premier Grand Prix Melbourne pour Ferrari ce week-end

Mis à jour le 14/03/2019 à 12:14 Publié le 14/03/2019 à 12:13
Charles Leclerc en action à Barcelone.

Charles Leclerc en action à Barcelone. Photo AFP

"La pression, pour quoi faire?": le pilote monégasque Charles Leclerc a "hâte" de disputer son premier Grand Prix Melbourne pour Ferrari ce week-end

A 21 ans, avec une seule saison en F1 au compteur, le prodige monégasque va disputer ce week-end en Australie son premier Grand Prix dans l’habit de lumière Ferrari. Un sacré virage qu’il aborde comme les précédents: calme et concentré. Rencontre.

Charles, évacuons tout de suite le mot qui vous attend au tournant lors de chaque interview: cette fameuse pression, plus on vous en parle, moins vous la ressentez, c’est ça?
Très honnêtement, je ne la sens pas. Promis, juré!

A quoi bon se prendre la tête avec tout ce que l’on raconte autour de moi?
La pression, pour quoi faire, hein ? Mieux vaut se concentrer à fond sur le boulot. Au volant, mais aussi avec l’équipe. Développer une F1, ça prend beaucoup de temps et d’énergie, croyez-moi.

Mais jeudi prochain (ce matin), en entrant dans le paddock de Melbourne, votre ‘‘stressomètre’’ sera vraiment à zéro? Pas la moindre appréhension?
(Du tac au tac) Ah non ! Ni stress, ni peur. Là, j’aurai juste hâte de m’installer dans la voiture. Prendre la piste et voir les premiers résultats quand tout le monde sera enfin à fond. Si j’y vais assez confiant, parce que la SF90 est bien née, et parce que nos roulages lors des essais de Barcelone ont produit leurs fruits, je sais que ma tâche s’annonce compliquée. J’ai encore beaucoup à assimiler.

Dites-nous : quel est le secret de cette force mentale? Hervé, votre père, avait longtemps couru en Formule 3.C’est plus une questionde gènes ou de travail?
Concernant la gestion des nerfs, je pense avoir pas mal progressé au fil du temps.Bien sûr, les gènes comptent toujours. Mais à mon avis, n’importe qui peut améliorer son mental en travaillant. C’est ce que j’ai fait régulièrement, d’abord en karting, puis en sport auto.En revanche, l’envie de gagner, elle vient de mon père. Sur un circuit,on ne m’a jamais poussé. Depuis le début, je n’ai besoin de personne pour être motivé, pour vouloir aller toujours plus haut.

Cet hiver, il paraît que vous avez passé plus de temps à Maranello qu’à Monaco. Vous confirmez?
C’est vrai, oui.J’ai fait le trajet aller-retour presque toutes les semaines.Quand vous quittez une équipe de milieu de grille (Alfa Romeo Sauber, ndlr) pour intégrer un top team, la marche est haute.Chez Ferrari, toutes les procédures sont poussées au top.Pour s’adapter, un claquement de doigts ne suffit pas. Il faut du temps.Faire connaissance avec tout le monde, savoir qui fait quoi, comprendre le mode de fonctionnement de chacun.

Vous avez quand même pris le temps de dégourdir vos semelles en karting, à Lonato et à Brignoles, entre autres. Retour aux sources essentiels pour votre équilibre?
Ce sont des petites parenthèses que j’apprécie, en effet. L’occasion de revoir quelques copains avec qui je roulais à l’époque, ainsi que d’autres personnes qui m’ont aidé.Ensemble, on se remémore cette période où je rêvais de F1 en général et de Ferrari en particulier.Même si le pilotage n’a rien à voir, ça fait du bien de se poser dans un baquet durant le break hivernal. Et ça fait partie de ma préparation physique.

A ce propos, votre ami Pierre Gasly, promu chez Red Bull, a déclaré avoir pris deux kilos de muscles. Et vous, alors?
Combien? Deux kilos? Ouais, ils exagèrent tous. (Il se marre) Sérieusement, je me suis entraîné beaucoup plus que d’habitude. Pas par rapport à ma nouvelle voiture. En 2018, j’étais déjà assez affûté pour exploiter une F1.C’est juste histoire de posséder une réserve, un surplus.De quoi m’aider à faire face immédiatement si nécessaire.

Sérieusement, je me suis entraîné beaucoup plus que d’habitude.
Sérieusement, je me suis entraîné beaucoup plus que d’habitude. Photo AFP

Six mois après votre nomination, avez-vous déjà compris pourquoi Ferrari est une écurie à nulle autre pareille, un monument unique?
Dans cette équipe, on doit donner le maximum, sans cesse, même hors saison. Ils ont les meilleurs ingénieurs, le meilleur personnel. Maranello vit pour la course, voilà !
Il faut y aller pour se rendre compte. Pour mesurer le niveau d’exigence, le degré de passion. 

Question indiscrète: aujourd’hui, on imagine que vous ne séjournez plus dans une chambre de la Ferrari Driver Academy. Etes-vous installé dans la mythique maison du Commendatore Enzo Ferrari comme d’autres pilotes en leur temps tel Michael Schumacher?
(Après un silence) En ce moment, je suis hébergé par un ami qui possède un appartement là-bas, près de l’usine. Mais je connais ce lieu de résidence très spécial auquel vous faites allusion.Je l’ai même occupé régulièrement pendant deux ans et demi.

Et vous dormiez normalement? Pas écrasé par le poids de l’histoire?
Non, non, j’étais jeune. (Rire) Sans doute que je ne me rendais pas compte de ce qui m’arrivait. Mais j’adorais être réveillé le matin par les rugissements des voitures de course tournant à côté, sur la piste d’essais de Fiorano.

La présentation de la SF 90 à Maranello, le 15 février, ce fut un frisson très fort?
J’avais eu un aperçu la semaine précédente, en moulant mon siège. Mais c’était bel et bien la première fois que je la voyais complètement assemblée. Les yeux grand ouverts, oui. Je ne peux pas vous prétendre le contraire, moi qui ai toujours eu une tendresse particulière pour les voitures rouges.Découvrir la première F1 Ferrari que je vais piloter à temps plein, c’est forcément un grand moment, une vive émotion.

Ensuite, à Barcelone,il vous a fallu combien de tours, ou de jours, pour cerner son potentiel?
Seb’ (Vettel) et moi, on a vite dressé le même constat. L’auto tournait rond d’entrée. Nous avons apprécié son comportement : équilibré, sain, efficace. Positif, quoi ! Après, difficile de comparer avec la concurrence puisque personne n’attaquait à bloc. Rendez-vous à l’heure de la qualif’, samedi en Australie.

En face, vous pensez que Mercedes a caché son jeu?
Nous l’avons tous caché.  Au moins un peu. Durant les essais d’avant-saison, c’est de bonne guerre. Désolé, je suis incapable de vous dire s’il l’ont fait plus, pareil, ou moins que nous.

Propulsé successeur de Maurizio Arrivabene, Mattia Binotto tient désormais les commandes. Quel genre de patron est-il?
Très sympa, et surtout très calme. Une qualité importante dans un environnement comme celui de Ferrari. Depuis ma titularisation, je ne croise que des gens heureux, souriants, prenant plaisir à bosser dur, que ce soit à l’usine ou dans le box, à Barcelone.Il y a de la sérénité même si nous mesurons tous l’ampleur du défi qui se profile droit devant.

Quand il annonce dans le paddock catalan que "Vettel aura la prioritési la situation l’exige", vous le comprenez?
Complètement. Mattia ne dit rien de mal, me semble-t-il. Il précise juste que dans un cas de figure ‘‘50-50’’, Seb’ sera favorisé en début de saison. Et il ajoute que la donne pourra évoluer en cours de route. A moi de faire en sorte que cela change. C’est mon job. La piste décidera.

Dans cette équipe, on doit donner le maximum, sans cesse, même hors saison.
Dans cette équipe, on doit donner le maximum, sans cesse, même hors saison. Photo Georges Decoster

Pour sa part, Vettel a glissé qu’il parle plus avec vous aujourd’hui qu’avec Kimi Räikkönen auparavant. C’est plutôt bon signe, non?
Moi, vous savez, je n’ai jamais rencontré de problème avec un coéquipier. Seb’ a envie de me battre autant que je désire le battre. Rien de bizarre, c’est la course. Ne nous trompons pas de cible, toutefois.  Le rival, il s’appelle Mercedes. Avec Seb’, on s’entend bien. Tant mieux car il faut absolument travailler ensemble. La clé de la réussite pour Ferrari.

Vieux briscard du ‘‘F1 Circus’’, l’ingénieur Jock Clear a été détaché auprès de vous. Que vous apporte-t-il?
Son immense expérience. Jock a épaulé des champions du monde (Jacques Villeneuve chez Williams, Michael Schumacher chez Mercedes...) ainsi que des jeunes pilotes comme moi. Avec lui, nul doute que je vais gagner du temps, apprendre vite, grandir vite. Il sait comment avancer, quelles erreurs il faut éviter. A Barcelone, nous avons déjà bien défriché le terrain et préparé les premières échéances.

Seb’ a envie de me battre autant que je désire le battre.
Seb’ a envie de me battre autant que je désire le battre. Photo AFP

Dimanche, après l’arrivée du Grand Prix d’Australie, sera-t-on réellement fixé sur les capacités des uns et des autres?
Je ne crois pas. Le tracé atypique de l’Albert Park n’offre pas une image exacte des rapports de force. On l’a déja vu, certains peuvent créer la surprise à Melbourne et rentrer dans le rang dès l’étape suivante.J’espère que ça ira bien pour nous. Mais quel que soit le résultat, inutile d’en tirer des conclusions définitives.

Votre ambition numéro 1 ce week-end?
Je vais découvrir l’équipe en mode course. Donc prendre mes marques rapidement.En étant focalisé à 100% sur ma tâche, au volant et dans le garage.


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