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INTERVIEW. Adrien Maré:" je l'ai fait pour Chloé et le prince"

Mis à jour le 22/01/2018 à 21:02 Publié le 22/01/2018 à 20:57
Adrien Maré est fier de sa médaille de

Adrien Maré est fier de sa médaille de DR

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INTERVIEW. Adrien Maré:" je l'ai fait pour Chloé et le prince"

Le pilote monégasque finit 46e de son premier Rallye Dakar. Depuis l'Argentine, il explique ce qui l'a fait tenir pendant cette course très dure et pourquoi il n'y aura pas de deuxième Dakar pour lui.

Épuisé mais heureux. Fier d'être allé au bout. Dimanche soir, au terme de deux semaines d'un Rallye Dakar éprouvant, qui a conduit les concurrents de Lima, au Pérou, à Cordoba, en Argentine, via la Bolivie, Adrien Maré, le pilote du team Casteu, s'est confié sur ce rallye-raid qu'il a réussi à terminer au guidon de sa KTM 450.

Une première participation pour le pilote monégasque qui se solde par une belle 46e place au classement général moto.

Dans cet entretien téléphonique réalisé via WhatsApp, le sociétaire du Moto club de Monaco, Français né à Monaco et résident de la Principauté, avoue que deux choses l'ont particulièrement motivé tout au long de la course : le souhait de revoir le prince Albert II au Palais et le bonheur de demander la main de Chloé, sa compagne, une fois la ligne d'arrivée franchie, samedi.

Que ressentez-vous au terme de deux semaines d'un Dakar considéré par les spécialistes comme extrêmement difficile ?

Un grand soulagement, une grande satisfaction. Le plaisir d'avoir réalisé un rêve. Je suis arrivé au bout de ce Dakar, sans me blesser. C'était mon principal objectif.

Et pour ne rien gâcher, vous terminez dans la première moitié du tableau final…

Je suis très content de cette 46e place. Surtout qu'il y a eu beaucoup d'abandons. Sur les 130 concurrents au départ en moto, 85 ont franchi la ligne d'arrivée. Je suis très fier d'être arrivé au bout de cette épreuve. J'ai survécu à ce Dakar, ce qui n'était pas évident. De jour en jour, c'était de plus en plus dur. En outre, on accumule de la fatigue, on ne se remet jamais vraiment des efforts de la veille.

Quel est le pire souvenir que vous garderez de ce Rallye Dakar ?

La Bolivie, l'altitude. En particulier le samedi 13 janvier, quand on a quitté La Paz après une journée de repos. On est parti à 3 h du matin sous une pluie battante, pour une liaison de 500 km. J'avais le cafard, je me demandais ce que je faisais dans cette galère. Et puis, on a enchaîné avec une spéciale de 420 km, dans du sable mou. Je suis même tombé, heureusement sans me faire mal. L'effort était intense, ce qui est très éprouvant à 4 000 mètres d'altitude. J'ai roulé jusqu'à 19 h. Cette étape marathon était interminable. Il faisait froid, j'avais la crève, j'ai souffert de maux de tête, de ballonnements. J'en pleurais dans mon casque tellement c'était dur. Toute la journée, je me suis demandé si je n'allais pas abandonner ce jour-là. Je priais même pour que la moto casse…

Et le lendemain ?

Lessivé par l'étape de la veille, j'appréhendais de repartir pour une nouvelle étape très longue de 500 km. J'en ai très mal dormi, d'ailleurs. Mais finalement, grâce à une bonne préparation physique, j'ai étonnamment bien récupéré. Vous savez, deux jours aussi durs, ça renforce. Ça permet d'affronter la suite qui n'a pas été plus facile.

Par exemple ?
La chaleur en Argentine. Ça restera également un moment très pénible. Il fait tellement chaud qu'il faut écouter son corps, s'arrêter pour s'arroser, boire énormément. Sinon on claque.

Votre meilleur souvenir ?
L'accueil du public dans tous les pays qu'on a traversés. En Bolivie, j'ai longé 25 km d'un mur de gens venus nous acclamer. On était comme des dieux vivants. La ferveur du public était extraordinaire dans tous les pays, dans tous les bleds.

Qu'est-ce qui vous a fait tenir dans les moments difficiles ?
J'ai beaucoup pensé à ma rencontre avec le prince Albert, juste avant de partir en Amérique du Sud. Il m'a dit que si j'allais au bout du Dakar, je repasserais le voir au Palais. Ses encouragements m'ont apporté de la motivation. Je ne voulais pas que le premier motard monégasque de l'histoire qui participe au Dakar abandonne en cours de route. Il fallait que j'aille au bout. Tout au long de la course, j'ai porté fièrement les couleurs de Monaco. Ce qui m'a aussi beaucoup aidé dans les moments difficiles, c'est que je voulais demander la main de ma copine, Chloé, à l'arrivée. J'avais la bague avec moi pendant tout le Dakar. Rien que pour ça, je devais aller au bout.

Y aura-t-il un deuxième Dakar pour vous ?
Je ne crois pas. Je rêvais de participer au Dakar. Je ne voulais pas arriver à 50 ans et me dire que j'étais passé à côté de ça. Le Dakar, c'est une aventure humaine incroyable, une entraide permanente entre pilotes. J'ai côtoyé les plus grands pilotes professionnels, je suis passé sur le plateau de France Télévision. Je l'ai vécu à 300 %. J'ai réalisé mon rêve. Mais côté pilotage, je n'apprécie pas. J'aime les pistes roulantes. Le Dakar, c'est trop technique, trop cassant. Je ne m'épanouis pas en rallye. Donc, je n'envisage pas de participer à un autre Dakar.

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