Grand Prix de France: Charles Leclerc peut-il encore y croire?

Trois mois de disette. Un trimestre de malheurs en tout genre. Entre son succès, le 10 avril dernier au GP d’Australie, et celui obtenu trois mois plus tard en Autriche, Charles Leclerc aura presque tout connu. Tout, sauf la victoire... Sortie de piste, casse moteur, erreurs de stratégie. Cinq courses, cinq désillusions, et à l’arrivée, un débours de trente-huit points sur Verstappen. Un retard que le Monégasque doit combler. Alors que le GP de France amorce la deuxième partie de saison, tout reste à faire.

Laurent Seguin Publié le 22/07/2022 à 20:00, mis à jour le 22/07/2022 à 18:08

Trente-quatre points d’avance sur le britannique George Russell, et quatre de plus sur son coéquipier, Carlos Sainz.

Le 18 avril dernier, à six jours de son rendez-vous avec les tifosi, Charles Leclerc abordait le Grand Prix d’Emilie-Romagne dans la peau du leader du championnat. Avec deux victoires et une deuxième place, glanées sur les trois premières courses de la saison, le Monégasque venait de signer un début de saison quasi parfait. Avant de commettre une première erreur. Toute bête. Descendre de sa voiture dans la petite ville de Viareggio, située près de Lucques pour faire une photo avec un fan. Un prétendu fan, plus exactement. Car le piège tendu s’est très vite refermé, et à six jours du quatrième grand prix de la saison, Leclerc se faisait dérober une montre estimée à deux millions d’euros.

Un simple fait divers, pensait-on alors. À ceci près qu’à la lumière des semaines, et même des mois suivants, ce qui n’aurait pu être qu’une mésaventure apparaît clairement comme le point de départ d’une véritable série noire. Et si cette montre n’était pas le porte-bonheur du Monégasque, force est de constater qu’après le vol de cette tocante, tout s’est subitement déréglé…

Je ne peux pas me permettre de faire ces erreurs-là

Il y eut d’abord ce tête-à-queue à Imola, cette "connerie", dira Leclerc à l’arrivée du Grand Prix d’Emilie-Romagne, terminé à la sixième place. Alors qu’à dix tours de l’arrivée, avant d’aller flirter avec un mur du circuit italien, le leader du championnat était encore à la lutte avec Sergio Pérez, derrière Max Verstappen. " Je ne peux pas me permettre de faire ces erreurs-là", pestait le Monégasque après cette première déconvenue de la saison, véritable désillusion sur les terres de Ferrari.

 

Moins flagrante, son erreur au quatorzième tour du Grand Prix de Miami fut surtout moins lourde de conséquences, quinze jours plus tard. Mais elle le condamnait à la seconde place. Parti en pôle, Leclerc avait abandonné la tête de la course à son rival néerlandais dès le huitième tour. Et n'est jamais parvenu à revenir. "J’aurais peut-être pu faire quelque chose de mieux", râlait le pilote Ferrari après une attaque loupée à sept tours de l’arrivée d’un Grand Prix remporté par un Max Verstappen, alors pointé à dix-neuf longueurs du Monégasque au général.

Trahi par sa mécanique en Espagne

Toujours en tête au championnat du monde donc, Leclerc était également devant le Néerlandais sur la piste de Barcelone, quinze jours plus tard. Avant que sa mécanique ne le trahisse au trentième tour du Grand Prix d’Espagne. "J’ai perdu la puissance du moteur, et j’ai dû m’arrêter. Ça fait mal, lâchait Leclerc après ce premier abandon de la saison. Mais c’est comme ça, ça arrive. Depuis, le début de l’année, on n’a pas eu un problème", concédait le Monégasque, avant de se projeter sur la prochaine course, programmée chez lui. Dans les rues de Monaco, où, depuis 2018 et ses débuts en F1 chez Sauber, il n’avait jusqu’ici pas fini un Grand Prix. Jusqu’ici, car cette année, Leclerc a bien franchi la ligne d’arrivée de la Principauté. Mais pas à la place escomptée...

René Arnoux: "Ils lui ont ruiné sa course"

Auteur, comme la saison dernière, de la pole position de "son Grand Prix", Leclerc terminera finalement à une marche du podium. Avec un moral bien plus sombre qu’un ciel monégasque pourtant menaçant en ce dernier dimanche du mois de mai. "Je suis dégoûté, dégoûté, insistait le protégé de Nicolas Todt après ce nouvel échec. J’avais fait ce qu’il fallait. On avait tout pour gagner et on a tout mis à la poubelle. On ne peut pas se permettre de faire des courses comme ça", pestait encore Leclerc en ciblant le rocambolesque loupé de son écurie, incapable de réagir aux caprices de la météo, et à la traîne dans les changements de gommes.

"Ils lui ont ruiné sa course, nous confiait récemment l’ancien pilote de la Scuderia, René Arnoux. J’espère qu’ils ne vont pas lui casser le moral parce que sinon, à un moment, la confiance se perd entre l’équipe et le pilote, ajoutait celui qui a remporté trois courses au volant d’une Ferrari entre 1983 et 1985. On ne peut pas dire comme le fait Monsieur Binotto: ‘‘L’année prochaine, ça ira mieux’’. Ça fait cinq ans qu’on entend ‘‘l’année prochaine ça ira mieux’’."

Les remontrances de Binotto

Après sept courses, on semblait malheureusement parti pour ajouter une sixième année à ce triste décompte, et le double abandon des Ferrari à Bakou, suivi d’une anonyme cinquième place au Canada n’arrangeaient rien aux affaires de Leclerc. L’ex-leader du championnat perdait du terrain sur Verstappen et la première victoire en F1 de son coéquipier, privilégié par Ferrari à Silverstone, ne le consolait pas vraiment. Quatrième sur les terres d’Hamilton, le protégé de Todt boudait la cérémonie protocolaire et le responsable de la gestion sportive de Ferrari, pointé du doigt par Arnoux, finissait par mettre son pilote à l’index au cours d’une discussion aussi brève que musclée. Après un dîner entre les deux hommes à Monaco et une course maîtrisée par Leclerc en Autriche la semaine suivante, le Monégasque finissait par retrouver enfin le chemin de la victoire. Avant de remettre, à quelques jours du Grand Prix de France, la main sur sa montre. Pour attaquer sa deuxième partie de saison, remonté comme un coucou. À la bonne heure!

 

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