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F1: les parents Gasly racontent comment Pierre est passé du rêve à la réalité

Mis à jour le 07/09/2020 à 13:11 Publié le 07/09/2020 à 12:05
Premier français à s’imposer en F1 depuis la victoire d’Olivier Panis en 1996, Pierre Gasly a remporté le Grand-Prix de Monza ce dimanche. Une victoire qu’il annonçait dès son plus jeune âge à Pascale et Jean-Jacques Gasly. Des parents qui nous racontent comment Pierre est passé du rêve à la réalité.

Premier français à s’imposer en F1 depuis la victoire d’Olivier Panis en 1996, Pierre Gasly a remporté le Grand-Prix de Monza ce dimanche. Une victoire qu’il annonçait dès son plus jeune âge à Pascale et Jean-Jacques Gasly. Des parents qui nous racontent comment Pierre est passé du rê... Photo Pascale Gasly

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F1: les parents Gasly racontent comment Pierre est passé du rêve à la réalité

Premier Français à s’imposer en F1 depuis la victoire d’Olivier Panis en 1996, Pierre Gasly a remporté le Grand-Prix de Monza ce dimanche. Une victoire qu’il annonçait dès son plus jeune âge à Pascale et Jean-Jacques Gasly. Des parents qui nous racontent comment Pierre est passé du rêve à la réalité.

 Alors, que faire quand un enfant de neuf ans vous demande quelles études il doit suivre pour devenir pilote de F1? Réponses de Normands certes, mais surtout de parents qui ne font aucun mystère, pendant que leur fils met la gomme. C’est l’itinéraire d’un enfant pas forcément plus gâté que la moyenne. Le parcours d’un gamin qui, n’a pas eu besoin de naître « fils de... » pour se tailler un destin tiré au cordeau, limpide comme ces trajectoires qu’il trace depuis sa plus tendre enfance sur les circuits. Le chemin d’un minot né pour être derrière un volant: Pierre Gasly (AlphaTauri) a fait retentir la Marseillaise en Formule 1 pour la première fois depuis 1996 en remportant dimanche le Grand Prix d'Italie à Monza à l'issue d'une course complètement folle.

Ce volant avec lequel son grand-père, membre de l’équipe de France de karting dans les années 60, taquinait, bien avant lui, les aînés anglais de Lewis Hamilton. Ce volant que son père a lui aussi pris le temps de quelques rallyes, avant de le laisser à ses quatre premiers fils pendant qu’il baladait le petit dernier dans sa poussette au bord des circuits de karting. C

e volant qu’il a naturellement fini par serrer de ses mains d’enfants, quand d’autres tenaient pistolets et épées en plastique entre les leurs. « Pierre a dû respirer des vapeurs d’essence et des odeurs d’huile un peu trop jeune », sourit aujourd’hui son papa, Jean-Jacques Gasly, comme pour expliquer une passion née très tôt et peut être même avant le premier cri de son cinquième fils, poussé un heureux jour de février 1996. Un fils qui s’est donc très vite assis dans un kart, sur le circuit d’Anneville-Ambourville, chez lui, en Seine-Maritime. « Il avait seulement six ans, se souvient Jean-Jacques Gasly. Et il était trop petit pour atteindre la pédale de frein ». Mais freiner, pour quoi faire ? Quand on est né pour accélérer.

Alors oui, c’est bien l’accélérateur qu’il a actionné. Pour foncer. Foncer, encore et toujours et ne jamais hésiter, sauf peut-être pour demander à son père : « Papa, qu’est-ce qu’il faut faire comme études pour devenir pilote de F1 ? »

Jusqu’en Ouganda pour trouver des financements

« Je lui ai répondu qu’il devait d’abord être premier de sa classe et qu’après, on discuterait », raconte sa maman, Pascale. Une maman vers laquelle Jean-Jacques se souvient s’être tournée pour lui annoncer : « Je crois qu’on a un problème avec le petit ».

Avec « le petit », toujours décidé à jouer la gagne, à l’école comme sur les circuits, pas vraiment. Mais avec les exigences pécuniaires d’une discipline pas franchement réputée pour son accessibilité, oui, forcément. « On lui a offert son premier kart à neuf ans.

Un kart d’occasion, précise le papa. Je gérais les pneus et la chaîne. Pour le moteur, c’était un Honda de quatre temps et il n’y avait rien à faire dessus », raconte Jean-Jacques, qui dirigeait alors une petite entreprise de sérigraphie la semaine, avant de mettre les mains dans le cambouis le week-end. « On a toujours tout fait au minimum », précise Pascale.

Oui, mais voilà, ce « minimum », pour les Gasly, c’était déjà beaucoup. Alors il a fallu trouver des sponsors. D’autant plus qu’au « fur et à mesure que Pierre progressait, les budgets augmentaient », raconte Pascale. Alors la maman se démène, remue ciel et terre, y compris celle d’un Ouganda pourtant en pleine guerre civile, où elle se rend en espérant décrocher un budget de 250 000 euros. « On nous proposait 250 000 euros pour une saison qui coûtait justement 250 000 euros. À l’arrivée, on a perdu 3000 euros ».

Le prix de deux billets d’avion pour un aller-retour quand le petit dernier s’offre lui un aller simple vers les sommets. Des sommets dont il se rapproche, toujours plus vite.

« A chaque casse, c’était des factures qui arrivaient... »

Si vite qu’à seulement 15 ans, Pierre découvre la F4 et décroche une troisième place en championnat de France dès sa première saison dans une monoplace. « Dans chaque nouvelle catégorie, il n’avait pas le choix, il fallait qu’il soit bon très vite et dès ses débuts. Et nous on vivait les courses avec beaucoup de stress parce qu’à chaque casse, c’était des factures qui arrivaient, raconte Pascale, en se souvenant d’un aileron coupé en deux par un concurrent dans la voie des stands et payé 1500 euros. « Tout ça, c’était jusqu’à ce qu’il rentre chez Red Bull », annonce Jean-Jacques, un brin soulagé. Sauf que d’autres soucis sont arrivés...

En prenant les cordons de la bourse, Red Bull s’est aussi employé à couper un autre cordon, ombilical. « Ils nous fermaient l’accès aux paddocks en nous assurant qu’il était maintenant chez Red Bull pour gagner le championnat et que tout ce qui n’est pas nécessaire pour le gagner, n’a rien à faire là, déplore Pascale.

Il paraît qu’ils voulaient que Pierre s’endurcisse et qu’il ait plus de maturité. Alors Helmut Marko (conseiller sportif de l’écurie autrichienne que Pierre a aujourd'hui quittée, Ndlr) lui a dit qu’il pouvait venir avec sa petite amie, mais pas avec sa maman ». Une maman qui n’en déplaise à Helmut Marko restera toujours une maman. Une maman aujourd’hui fière comme jamais de son petit dernier. Une maman qui reste surtout et avant tout une maman. « Je ne tremble pas plus maintenant que quand il avait neuf ans, conclut Pascale. J’étais déjà terrorisée alors qu’il n’avançait pas. Que j’ai peur ou pas ne changera rien à son destin ». Ce destin qu’elle savait tout tracé. Cet itinéraire d'un enfant, pas plus gâté que les autres, mais taillé pour devenir un immense champion.

Photo : Pascale Gasly


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