“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Soutenez l’info locale et Monaco-Matin > Abonnez-vous

Développement durable et personnel, Charles Leclerc, le prince Albert II... Nico Rosberg se confie à Monaco-Matin

Mis à jour le 22/01/2020 à 18:14 Publié le 27/12/2019 à 08:31
Nico Rosberg

Nico Rosberg Photo D.M.

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Développement durable et personnel, Charles Leclerc, le prince Albert II... Nico Rosberg se confie à Monaco-Matin

Résident monégasque, le champion du monde 2016 de F1 est aujourd’hui un businessman averti et ambitieux dans l’univers du développement durable. Et un adepte du développement personnel

Le 27 novembre 2016, Nico Rosberg coiffait sur le fil son coéquipier Lewis Hamilton, après trois ans d’un duel haletant et usant, pour décrocher son premier titre de champion du monde avec Mercedes.

Le premier et le dernier puisque, tels Jackie Stewart ou Alain Prost avant lui, le champion n’allait pas remettre son titre en jeu. Malgré ses deux années de contrat restantes, "Nico de Monaco" refermait un chapitre de sa vie en égalant la performance de son paternel, Kéké, sacré en 1982.

Père et fils rejoignent alors Graham et Damon Hill dans l'histoire de la catégorie reine. Retiré des paddocks sans une once de regrets, le pilote allemand est alors reparti d’une page blanche depuis la Principauté qui l’a vu grandir, étudier, briller et, aujourd’hui, vivre auprès de son épouse et ses deux filles.

Là, depuis son family office du port de Fontvieille, le pilote est devenu un businessman hors pair. Il a notamment repris en mains, et donné une dimension environnementale, à la société d’ingénierie de son père.

Qu’il soit l’un des premiers à investir dans la Formule électrique, qu’il finance le développement de trottinette électrique, teste des bateaux volants à Ibiza ou développe ses propres véhicules électriques en Allemagne, Nico Rosberg se veut aujourd’hui un ambassadeur du développement durable.

Une cause partagée avec le prince Albert II, dont la Fondation est partenaire d’un Festival créé par l’Allemand. Rosberg garde toutefois un œil sur la F1, qu’il commente pour des télévisions et sur sa chaîne YouTube.

Élogieux avec "le futur champion du monde" Charles Leclerc, il s’autorise quelques conseils au coéquipier de Sebastian Vettel au terme d’une saison non sans rappeler sa difficile cohabitation avec Lewis Hamilton.

Une expérience qu’il aimerait partager publiquement avec Charles et les lecteurs de Monaco-Matin.

Trois ans après votre sacre de champion du monde de Formule 1, avez-vous trouvé un nouvel équilibre dans votre vie professionnelle?
Pas encore.Je recommence une vie de zéro et trouver un nouvel équilibre professionnel est plus compliqué que je l’imaginais. Je peux faire tout et n’importe quoi au final… Mais je viens de faire un grand pas en décidant de faire dans la simplicité. Je veux réduire le nombre de mes projets, faire moins de choses mais les faire encore mieux, parce que c’est difficile de toucher l’excellence quand on en fait trop. Je veux surtout donner, c’est le plus important.

Donner dans quel domaine?
Pour la planète. Je suis par exemple actionnaire de la Formule E et j’ai créé un festival, le GreenTech Festival [village dédié aux fans autour des questions environnementales, ndlr].On l’a organisé autour de la manche de championnat du monde à Berlin. 40.000 personnes sont venues pour cette première année, c’était un gros succès. Le prince Haakon de Norvège a notamment fait un keynote. Notre prince (AlbertII) est aussi partenaire avec sa fondation et je le remercie. Par ailleurs, je suis toujours consultant à la télévision pour la F1, j’ai mes activités marketing et sponsors, et je suis fier d’être ambassadeur de Rolex.

"j’ai un psychologue ici dans la région"

Et vous interviewez longuement des personnalités telles que Michael Douglas ou le patron de Hugo Boss sur votre vlog…
Sur mon temps libre, je lis beaucoup d’études sur le développement personnel. C’est un peu ce que je veux amener dans mes podcasts, je veux extraire les valeurs de mes invités, qu’ils livrent leurs expériences aux auditeurs, dire comment ils ont réussi. C’est aussi une raison pour laquelle je suis devenu champion du monde, parce que j’ai utilisé ça pour m’améliorer, pour devenir une meilleure version de moi-même. C’est bénéfique non seulement pour nous-même mais aussi pour notre entourage.

Une vraie thérapie…
Oui j’ai aussi un psychologue ici dans la région.J’étais à la recherche de quelqu’un il y a treize ans et j’ai trouvé ce monsieur de renommée internationale. J’ai fait toute mon étude psychologique et philosophique en français pendant dix ans et je continue sur ce chemin. 

Sur le blog, vous donnez aussi vos conseils aux jeunes pour devenir pilote. Il faut être passionné, déterminé, soutenu par ses proches, talentueux et, à la fin, comme toujours, il faut de l’argent et des sponsors…
Malheureusement oui. Mais si on est vraiment un grand talent on trouve l’argent et les sponsors. Charles Leclerc en est le meilleur exemple. C’est Nicolas Todt qui l’a pris et ensuite Ferrari.

Aidez-vous ces jeunes?
J’ai mon équipe de karting qui a été championne du monde l’année dernière et vice-championne du monde cette année.ça marche très fort et c’est amusant de travailler avec ces jeunes incroyables.

Où les repérez-vous?
C’est mon ex-chef quand je faisais du karting qui les déniche. Il fait ça tous les jours et il sait repérer les talents, il est fort pour ça.

Quel avenir pour ces jeunes? Le kart reste la base, mais après? Formule 1? Formule électrique?
L’avenir reste la Formule 1. Maintenant le chemin est très précis, beaucoup plus qu’à mon époque, ils vont faire Formule 4, Formule 3, Formule 2 et enfin Formule 1. C’est bien mieux comme ça, c’est bien fait. 4, 3, 2, 1 c’est le chemin. Et dès le karting, tu vois ceux qui vont réussir.

"L’avenir reste la Formule 1 ”

La Formule E semble trouver son public et pourrait être bénéficiaire ces prochaines années, j’imagine que vous ne regrettez pas vos investissements…
Oui je suis rentré très tôt en Formule E, c’était encore un risque à l’époque et je suis très content. Pour moi c’était clair, parce que l’électrique c’est le futur et la Formule E la plateforme où tout le monde va exposer des solutions d’avenir.

“Fan Boost”, “Mode Attack”… tout est fait pour attirer un nouveau public. Ce format de compétition vous convient-il?
Oui, l’idée est d’en faire un jeu. La difficulté pour la Formule 1, c’est d’avoir l’attention des jeunes, et c’est ce que la Formule E essaye de faire et je pense qu’ils réussissent bien. C’est sympa, ça met un peu de vie là-dedans.

Vous auriez pu être tenté?
Moi, c’était vraiment fini. Le chapitre est totalement fermé.

Et l’électrique au quotidien?
Je suis client Mobee à Monaco. Un peu moins en ce moment mais c’était ma manière de me déplacer ces derniers mois.

Quels projets environnementaux menez-vous à Monaco ou ailleurs?
J’ai mon festival et ma boîte d’ingénierie en Allemagne qui développe ma voiture électrique. Et beaucoup d’autres investissements dans le domaine des véhicules électriques.
C’est mon père qui a initié cette société d’ingénierie et je l’ai reprise il y a trois ans. Mais à son époque ce n’était pas électrique, il fournissait un service en réponse à un besoin et, là, le besoin c’est l’électrique.

Sur le circuit Paul Ricard, pour les 30 ans de la Honda NSX.
Sur le circuit Paul Ricard, pour les 30 ans de la Honda NSX. Photo Bernard Asset

Quelle relation entretenez-vous avec le prince Albert II depuis votre retrait de la Formule 1?
Le prince je le remercie, il me soutient beaucoup dans mes projets. J’essaye aussi de le soutenir comme je peux pour les choses qui lui tiennent à cœur.J’étais au salon Ever par exemple.On est chanceux parce qu’on a un prince super-visionnaire.

Vous partagez la même vision?
Oui, celle d’un futur meilleur. Après, c’est un peu différent parce qu’il est plus sur les océans, par exemple, et moi sur la technologie.

Vous venez également de lancer "Drivin’ With Nico", en quoi consiste ce projet?
ça, c’est ma passion. J’adore les voitures classiques autant que les super-cars, le passé comme le futur, et j’ai cherché à combiner ça avec mon premier Classic Tour. On a fait ça sur le circuit du Paul-Ricard. Ce que les participants ont apprécié le plus c’est la Honda NSX. Il ne faut pas la sous-estimer. Une fois qu’on est dedans, l’hybride a une puissance de folie. C’est comme un karting, la conduite est très bonne. On s’est beaucoup amusé! La deuxième journée, chacun avait sa propre voiture classique et on a fait un tour dans les montagnes de l’arrière-pays. On a fait le col de Braus et le Turini, c’était une expérience très belle.

"Charles sera champion du monde avec Ferrari"

Charles Leclerc fait la fierté de Monaco, qu’avez-vous pensé…
[il coupe] C’est incroyable pour Monaco! Attends, il y a quoi? 11.000 Monégasques [9.326, ndlr]? La probabilité d’en sortir l’un des plus grands talents de la Formule 1 de sa génération est vraiment de zéro. C’est complètement dingue!

À la fin de la saison, vous l’avez mis dans votre Top 3 des meilleurs pilotes avec Hamilton et Verstappen. Pourquoi ?
Parce que c’est le plus difficile au monde d’être pilote Ferrari. Bien sûr il démarre, c’est seulement sa deuxième année en F1 et la première chez Ferrari donc personne ne l’attend trop, mais Ferrari ça reste Ferrari. Ensuite, il est face à un quadruple champion du monde (Vettel) qui est chez lui chez Ferrari, ça c’est dur. II a fait un travail excellent parce qu’il a démontré qu’il était le plus rapide.

Il a notamment fini avec le record de pole positions (7) de la saison…
On ne peut pas dire qu’il soit plus rapide en course (que Vettel). Ils sont proches, c’est vraiment similaire. Mais en qualif il est plus rapide, donc c’est très bon. Il a aussi fait quelques erreurs, c’est normal, maisil a vraiment fait une saison top.Je l’ai mis troisième à la fin justement à cause de ses erreurs.

Il semble apprendre rapidement de ses erreurs, du moins il s’exprime clairement, met des mots dessus…
Oui. Trop je dirais même. Il n’y a pas d’avantage à tirer si tu mets tellement d’attention sur tes erreurs. ça serait un conseil que je lui donnerais.À l’intérieur, fais ce que tu veux, mais publiquement ne reviens pas trop dessus. En plus il est toujours très critique envers lui-même. Je ne pense pas que ce soit nécessaire de se critiquer autant.

« Il y a eu plusieurs opportunités avec Ferrari. »
« Il y a eu plusieurs opportunités avec Ferrari. » Photo D. Meiffret

Et qu’avez-vous pensé de la gestion d’équipe de Ferrari entre Leclerc et Vettel? Vous avez connu ces tensions chez Mercedes avec Hamilton…
De l’extérieur, c’est fantastique. Mais de l’intérieur, c’est horrible. C’est vraiment dégueulasse pour Charles, une politique comme ça. Et pour lui c’est tellement compliqué de savoir comment la jouer. Si tu fais le gentil qui ne dit rien, l’autre (Vettel) te marche dessus. Parce que c’est le naturel de l’humain, il va toujours chercher le chemin le plus facile. Et même si l’autre va à la faute, le chef va prendre le chemin le plus facile et aller dans son sens. Donc Charles ne peut pas être sympa, ni faire l’idiot qui se lamente tout le temps sur la radio, parce que ce n’est pas constructif. Pour trouver le bon équilibre c’est très compliqué. On a vu Charles le chercher. Au début, il en a fait un peu trop, après il a dû redescendre et Ferrari lui a marché dessus en le mettant deux fois derrière dans la stratégie. Il a dû à nouveau prendre les choses en mains… ça, c’est horrible.

Pour bien gérer au final, surtout au vu de son âge…
Oui, il a bien géré! C’est presque impossible de trouver la bonne route là-dedans et il est plus ou moins sur la bonne voie. En plus il y a un deuxième aspect, c’est comment tu agis à l’intérieur de l’écurie et, ça, je ne peux pas juger. À l’intérieur, tu dois être encore un poil plus fort et puissant que tu te montres dans les médias.

On découvrira peut-être un peu de ces coulisses dans la saison 2 de Formula 1 : Drive to Survive sur Netflix qui, cette saison, a eu accès à Mercedes et Ferrari pour la première fois…
ça va être vraiment excellent ça!

On lui prédit qu’il sera champion du monde…
[il coupe] Il va l’être avec Ferrari.

Mais il faut savoir saisir la bonne fenêtre, comme vous, car la concurrence s’annonce rude…
Bien sûr, mais là il est dans la fenêtre.

Il ne faut pas être pressé non plus…
Il a le temps, il le sait. Remarque on ne le sait pas toujours, comme pilote on est un peu pressé en général.

Alors que des rumeurs évoquaient des contacts entre Lewis Hamilton et Ferrari, Alberto Antonini, l’ancien responsable presse de la Scuderia, a révélé que vous aviez fait des visites discrètes à Maranello, notamment entre 2015 et 2017. Est-ce vrai? Vous auriez pu signer chez Ferrari?
Même avant.Il y a eu plusieurs opportunités. On a toujours eu une bonne relation. Il y a toujours eu les deux équipes de rêve que sont Mercedes et Ferrari donc évidemment on va toujours discuter avec les deux [sourire].

Le choix a été celui de la continuité ?
J’ai fait le bon choix. Pas mal le choix, non ? [rires]

Nico Rosberg au pied de ses bureaux du port de Fontvieille.
Nico Rosberg au pied de ses bureaux du port de Fontvieille. Photo Dylan Meiffret

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.