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Comment Leclerc et Ferrari ont tourné la page Monaco

Mis à jour le 08/06/2019 à 10:21 Publié le 08/06/2019 à 10:21

Comment Leclerc et Ferrari ont tourné la page Monaco

Flamboyant dans la défaite à Monaco, Charles Leclerc attaque les essais qualificatifs du Grand Prix du Canada avec ambition, aujourd’hui, au sein d’une Scuderia Ferrari réorganisée et épiée

Ce dimanche à Montréal, le championnat du monde de Formule 1 entre dans un tunnel de six courses en neuf semaines. Un tournant au sortir duquel les Flèches d’argent seront peut-être couvertes d’or mais où les feux pourraient aussi enfin passer au vert pour Ferrari et Charles Leclerc. Une Scuderia aujourd’hui au coude à coude avec les taureaux ailés de Red Bull, loin des ambitions de début de saison d’autant que Monaco a laissé des traces en interne.

En Principauté, la Scuderia a fêté ses 90 ans avec un numéro d’amateurisme tel, que les critiques ont fusé chez les fans comme les observateurs. Au point que l’institution confesse ses torts et dédouane Charles Leclerc par la voix du patron, Louis Camilleri. « Nous nous sommes sincèrement excusés auprès de lui. L’important, c’est surtout que ce genre d’incident ne doit plus arriver. C’était une erreur de la part de l’équipe et nous l’avons comprise. »

En l’occurrence, une improbable bévue collective lors de la première séance d’essais qualificatifs. Par excès de confiance, les troupes du Cavallino avaient préféré ne pas relancer Charles en piste, pensant que son chrono lui assurait alors un ticket pour la Q2. Raté.

Coiffé au poteau par son propre coéquipier, Sebastian Vettel, Charles devait couper le moteur pour le rallumer seulement en 15e position sur la grille de départ le lendemain.

« Apprendre de nos erreurs »

La suite, on la connaît. Piqué au vif, le petit lâchait les chevaux d’entrée le dimanche et justifiait son statut de prodige en entamant une folle remontée. Espoir stoppé net au 20e tour après une nouvelle tentative de funambule entre Hülkenberg et le rail à la Rascasse. Charles avait alors quitté la piste sous les applaudissements du public. Tête haute.

Puis le garçon a prouvé sa maturité en rongeant son frein dans l’ombre. Faisant le dos rond sans jamais critiquer ouvertement un Team Ferrari pourtant pas irréprochable à son égard depuis le début de saison. « Je pense qu’en tant qu’équipe nous devons apprendre de nos erreurs, parce que se faire sortir en Q1 alors que nous sommes les plus rapides en piste a constitué une énorme déception. »

Une déception venue s’ajouter à l’avarie moteur de la monoplace n° 16 à Barheïn, qui avait sûrement privé le Monégasque de sa première victoire en Formule 1, ou encore ces horripilantes consignes d’équipe distillées à Shangaï puis à Barcelone et laissant entendre que Charles aurait à s’armer de patience pour sa première saison avec le Cheval cabré.

Aux paroles, Charles préférait les actes en renfilant le bleu de chauffe sans réclamer son dû, dès le lendemain de Monaco, sur le circuit Paul-Ricard (lire ci-dessous), puis au fief de Ferrari. « La semaine dernière, j’étais dans le simulateur de Maranello pour travailler sur les réglages et faire progresser la voiture - et moi-même - pour cette course. J’ai trouvé cette piste très intéressante, parce qu’elle inclut une variété certaine dans les virages et une longue ligne droite où il devrait être possible de dépasser. L’an dernier, j’ai réussi à finir dans les points ici, donc le but aujourd’hui est de faire mieux. »

Enfumage médiatique et réorganisation

Et pour faire mieux dès cette 7e manche au Canada, la Scuderia a fait le ménage. Semée par les Mercedes dès la deuxième partie de la saison dernière, la nouvelle SF90 roulait des mécaniques après des tests hivernaux concluants. Quelques douches froides plus tard, il semblerait que les murs aient quelque peu tremblé à Maranello ces derniers jours. Alors que les premières rumeurs de mercato envoyaient Vettel à la retraite - ce qu’il a démenti -, que d’autres envoyaient Charles chez Red Bull ou Mercedes, voire Hamilton chez Ferrari, Ferrari rebattait ses propres cartes en coulisses.

Profitant de cet enfumage médiatique, la Scuderia a resserré les vis autour de Mattia Binotto, et sa double casquette de directeur d’équipe et technique. Le stratège redispatchant les rôles dans des domaines clés (châssis, aérodynamique, moteurs, pneumatiques…). « Nous avons identifié quatre ou cinq personnes clés qui sont devenues mes points de référence dans différents domaines. »

Preuve que le trou d’air de Monaco n’était pas anodin, puisqu’à la veille de la course en Principauté, le directeur sportif de la Scuderia, Laurent Melkies, nous vendait de « la sérénité entre tous les départements ». « On est tous conscients que la performance viendra dans l’entraide et l’unité. »

« Pas besoin de dire au revoir aux titres »

Réorganisation mais pas révolution, note Binotto. « Il n’y a pas de version B, une voiture complètement modifiée, à venir. Seulement une série de développements pour les prochaines courses qui vont nous aider à mieux gérer les pneus. Nous avons des idées, nous devons nous dépêcher mais il faut encore patienter quelques semaines. »

Reste que le sport, même mécanique, est une histoire d’hommes, de talents. Et on ne coupe pas les ailes à un créatif si déterminé que Charles Leclerc. « Je n’abandonne pas encore, pas avant que ce soit terminé. Bien sûr, le début de saison est difficile, nous nous attendions certainement à mieux, mais nous n’avons pas encore besoin de dire au revoir aux titres mondiaux. Nous devons pousser jusqu’au bout et ce que nous faisons, nous essayons de comprendre nos erreurs, de ne plus les refaire et de nous améliorer à partir de là. Je suis à peu près sûr que les résultats vont arriver. »

Et si le circuit Gilles-Villeneuve était taillé sur-mesure pour Ferrari et Charles Leclerc ? C’est du moins ce que laissait entendre Mattia Binotto avant les premiers tours de roues. « Les caractéristiques de la piste canadienne présentent un autre défi différent, étant donné que la vitesse de pointe, l’efficacité du freinage et la traction sont les principales considérations. Nous arrivons ici prêts à faire de notre mieux et à laisser derrière nous les erreurs des dernières courses. »

Des propos confirmés hier soir [matin au Canada] lors d’essais libres remportés par Charles Leclerc devant son coéquipier Sebastian Vettel, tenant du titre à Montréal.

Hamilton dans le mur

Sur un circuit non sans ressemblances avec Sakhir (Bahreïn), où Charles avait failli l’emporter en début de saison, le Monégasque a fait forte impression lors de la deuxième séance d’essais hier.

Troisième à près d’une seconde des Mercedes d’Hamilton et Bottas lors de la première session, Leclerc a inversé la tendance pour sa deuxième sortie avec un temps canon de 1’12’’177, contre 1’12’’251 pour Vettel et 1’12’’938 pour Hamilton (1’12’’767 à la première séance). Hamilton qui a même crevé un pneu arrière en heurtant un mur.

Cinquième au championnat des pilotes à 25 points de Vettel et 80 d’Hamilton, Charles pourrait espérer se relancer chez les cousins québécois. Cela passe déjà par de bonnes qualifs aujourd’hui.

Charles Leclerc, patient et toujours aussi ambitieux.
Charles Leclerc, patient et toujours aussi ambitieux. Jean-François Ottonello
La n°16, ici à Monaco, a mené les débats lors des essais libres hier.

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