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Comment le savoir-faire de l'Automobile Club de Monaco pour le Grand Prix s'exporte partout

Mis à jour le 20/05/2021 à 11:31 Publié le 20/05/2021 à 11:26
« Monaco est magique et unique. On essaye toujours de copier. »

« Monaco est magique et unique. On essaye toujours de copier. » Photo Jean-François Ottonello

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Comment le savoir-faire de l'Automobile Club de Monaco pour le Grand Prix s'exporte partout

Incontournable du circuit mondial, le Grand Prix de Monaco fait référence grâce à la remise en question permanente et l’expertise des équipes de l’Automobile Club de Monaco. Focus.

On ne prétend pas être le meilleur mais on le devient. Et on le reste en ce qui concerne l’Automobile Club de Monaco, dont le Grand Prix, né en 1929, est indéboulonnable du calendrier du championnat du monde de Formule 1.

Un savoir-faire et une organisation au cordeau enviés de par le monde. Une réputation qui ne s’est pas faite en un jour, encore moins dans la facilité, mais qui s’exporte tant côté innovations envers les pilotes et les fans que côté sécurité.

Une obsession de tous, à commencer par le président de l’institution monégasque, Michel Boeri.

Peu ou pas de circuit ont collé autant à l’évolution du sport mécanique et, forcément, des drames, ont aussi contribué à améliorer le déroulement des courses et leurs à-côtés.

S’il n’avait pas été aux premières loges de l’accident de Bandini, en 1967, Michel Boéri aurait-il créé un corps des commissaires de piste si performant en 1972 ? Au point aujourd’hui de faire référence.

"On essaye toujours de copier, c’est la nature humaine"

Car Monaco est unique. Une anomalie presque, tant cavaler à telle vitesse entre les rails, en pleine ville, subjugue encore aujourd’hui.

Ici, contrairement aux vastes pistes de Sotchi ou du Castellet, tout se passe à portée de mains de commissaires. Un miracle devenu réalité qui a fait émerger des idées aux quatre coins de la planète.

Parfois sans lendemain, comme au Vietnam (lire page suivante). "Les gens nous connaissent et nous reconnaissent, alors pourvu que ça dure", admet le commissaire général de l’Automobile Club de Monaco, Christian Tornatore.

"Monaco est magique et unique. On essaye toujours de copier. C’est un peu la nature humaine. Regardez dans la Formule 1, lorsqu’une écurie sort un aileron, le lendemain on le retrouve sur une autre voiture parce qu’apparemment ça fonctionne mieux. On cache la voiture jusqu’à sa présentation, parce qu’on ne sait jamais on pourrait gagner un millième de seconde. L’année dernière, la Force India était identique à la Mercedes. Si ce n’est pas de l’échange industriel, c’est de la copie conforme. Mais, nous, on a jamais déposé de brevets. On est un pays ouvert [rire]. Nos seuls brevets, c’est la connaissance et la durée. De toute façon, une fois que c’est dans le domaine public, on ne peut pas lutter", résume l’expert de l’ACM, qui nous livre ici les raisons du succès: modestie, travail, caractère et audace.

"Chaque année on se dit que ça va être la même chose, mais en fait c’est toujours différent", aime à dire Christian Tornatore.

"C'est un défi permanent"

Le circuit de Monaco n’est peut-être pas permanent, mais l’attention portée à ses recoins l’est. Car la piste, ouverte toute l’année à la circulation, est littéralement vivante. "Il y a parfois un trottoir, un chanfrein, quelque chose qu’on est obligé de modifier", résume Christian Tornatore, évoquant notamment l’exemple récent du virage du Fairmont.

Le plus lent du circuit, puisqu’emprunté à 45 km/h par les pilotes de F1. Le pavage des trottoirs a ainsi été refait, comme l’asphalte "pour qu’il n’y ait pas de dallage là où les voitures passent ou risquent de passer."

Au Fairmont, le pavage des trottoirs a été refait.
Au Fairmont, le pavage des trottoirs a été refait. Photo Jean-François Ottonello

À l’instar d’Alesi ou Webber lors du dernier Grand Prix historique. "Si elles ne touchent pas parce que les F1 anciennes étaient plus hautes à l’époque, là elles risquent de toucher un peu. Mais avant c’était vraiment un trottoir avec un chanfrein et les bus n’arrivaient pas à tourner sans prendre large et parfois monter dessus. Donc on a supprimé le trottoir pour faire une liaison directe en chanfrein, une petite pente. Tout le monde passe dessus parce que c’est tentant et dans une tentative de freinage ou de dépassement on peut s’appuyer, mais c’est difficile parce que quand vous n’êtes pas braqués à cet endroit-là, vous finissez dans le rail en face."

Chaque année le resurfaçage est également primordial, après une inspection minutieuse des moindres détails. À commencer par les plaques d’égouts et regards qu’il convient de visser pour éviter tout saut au passage des bolides.

Lorsque le E-Prix avait emprunté la descente de l’avenue Kennedy, il avait même fallu amputer des racines d’arbres pour refaire le revêtement.

Un revêtement qui ne se démarque pas par une spécificité mais par son évolution, qui force les pilotes à réapprivoiser chaque année des portions de circuit.

"Les pilotes s’aperçoivent que la piste vieillit, confie Christian Tornatore. En ce moment, c’est la portion entre le Plongeur et la Rascasse, qui n’a pas été refaite depuis cinq ou six ans. J’ai mis le pied à la Rascasse et on s’aperçoit que, sur le sec, le revêtement est plus glissant. C’est un peu casse-gueule mais les pilotes le savent. Ils savent qu’à partir de là, c’est une autre façon de tenir la piste. C’est un défi permanent pour eux comme pour nous."

Le boulevard Albert-1er est en revanche repris en intégralité chaque année avec l’appui du gouvernement désormais.

Une expérience fans enrichie chaque année

Nouveaux stands, nouvelles direction de course et loge princière, ou tribune photographes… ces dernières années les abords de la piste ont été révolutionnés pour améliorer l’expérience des spectateurs.

Le tout dans une harmonie esthétique et sans casser le charme ancestral du Grand Prix. Impensable en effet de couper la vue des yachts ou voiler la perspective depuis une terrasse.

"On a toujours le projet aussi, qui pour l’instant est arrêté, d’accueillir des loges sur l’arrière des tribunes K pour accueillir de nouveaux spectateurs et sociétés", confie Christian Tornatore. Tout est d’ailleurs déjà prévu en termes d’acheminement de l’électricité par exemple.

Ces dernières années, les abords de la piste ont été révolutionnés.
Ces dernières années, les abords de la piste ont été révolutionnés. Photo Dylan Meiffret

Cette année, les spectateurs vont encore gagner en visibilité. "Maintenant vous avez l’action et le suivi de l’action, se félicite Christian Tornatore. On a mis deux écrans géants supplémentaires (Sainte-Dévote et Portier), ce qui fait que maintenant dans toutes les tribunes, vous avez un écran qui vous permet de suivre la course. Même avec les commentaires en plusieurs langues on pouvait perdre le fil, et on n’a pas encore mis en place, ça arrivera peut-être un jour, une tour lumineuse avec les résultats et les classements des concurrents comme à Indianapolis."

Au Portier, l’écran est une innovation en soi puisqu’il est rotatif et monte à trois mètres de haut. "C’est la première fois que MediaCom le met en œuvre, il est magnifique et gigantesque pour la plus petite tribune qu’on a sur le circuit. ça va surtout faire plaisir aux commissaires [rires]."

Encore une fois, l’esthétique est recherchée. "Faire des trous dans les parois, ça ne me plaît pas du tout", avance Christian Tornatore, au sujet des deux écrans à installer cette année sur la terrasse supérieure de la direction de course pour suivre au mieux la remise de prix, en contrebas.

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