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Charles Leclerc: "Ferrari m'a pris sous son aile"

Mis à jour le 24/05/2016 à 05:13 Publié le 24/05/2016 à 05:13
Charles Leclerc rêve de pouvoir un jour piloter une Ferrari lors d’un Grand Prix de F1, devant ses amis et dans son pays.	

Charles Leclerc rêve de pouvoir un jour piloter une Ferrari lors d’un Grand Prix de F1, devant ses amis et dans son pays.  Photo Jean-François Ottonello

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Charles Leclerc: "Ferrari m'a pris sous son aile"

Le jeune Monégasque rêve de faire, un jour, le Grand Prix de F1 de Monaco. Et à la vitesse à laquelle il va, il n'est pas sûr que la réalité soit bien loin…

Il a 18 ans et est issu d'une vieille famille monégasque. Charles Leclerc pratique la course automobile depuis l'âge de 4 ans et demi. De Brignoles où il a commencé presque bébé avec Jules Bianchi, ancien pilote de F1, à Maranello pour Ferrari où il est en GP3 et pilote de développement pour la Scuderia depuis janvier dernier, le jeune homme fait sa trajectoire à 320 km/h (son record de vitesse sur Ferrari).

Volonté, sérieux, franchise, humilité, liberté d'esprit… Rencontre avec un jeune homme qui semble bel et bien avoir tous les atouts pour réussir.

Qu’est-ce qui vous a motivé enfant?
J’ai toujours aimé les petites voitures. Un jour, j’ai fait semblant d’être malade à 4 ans pour sécher l’école. Mon père, ex-pilote de F3000, avait rendez-vous avec le père de Jules Bianchi, son meilleur ami. Ils m’ont fait essayer un kart. Sur le chemin du retour de Brignoles, j’ai aussitôt dit: «C’est le métier que je veux faire.» J’allais tous les mercredis après-midi et tous les week-ends à Brignoles, en essais, car je n’étais pas assez grand. J’ai commencé les courses à 6 ans.

Comment partagiez-vous votre temps entre passion et scolarité?
La priorité est restée l’école jusqu’en seconde. Mais le sport automobile est devenu franchement sérieux dès que j’ai remporté la Coupe du monde de KF3 en 2011. J’étais alors au collège. Ma grand-mère, professeur à la retraite, m’aidait à rattraper les cours car je devais m’absenter plus de la moitié de l’année.

Enfant puis adolescent, qui vous accompagnait sur les circuits à travers le monde?
Jusqu’à l’âge de 13 ans, c’était mon père. Ensuite, je suis parti seul. Les déplacements étaient chers. Je m’organisais avec le team pour qu’on m’accompagne. J’étais en catégorie KF3 donc le team était dans la même tranche d’âge.

Ce n’est pas difficile quand tous vos camarades de classe restent à Monaco?
J’ai un groupe d’amis au top. Je n’ai jamais eu de problèmes avec mes camarades. J’ai eu quelques rares difficultés avec certaines profs. Mais globalement, ils m’ont toujours aidé et encouragé en adaptant leur enseignement à mes contraintes.

Ça se complique tout de même en seconde…
Je n’étais plus qu’un mois de l’année présent à Monaco. J’ai donc choisi de suivre des cours par correspondance. J’ai géré seul, avec l’aide toutefois de ma grand-mère. En première, j’ai passé le bac français. J’ai obtenu 12/20. J’aurais dû passer le bac ES en juin dernier. Mais je ne pouvais pas être présent, ni pour les épreuves, ni pour le rattrapage. J’étais en course. C’était une course dans le cadre d’un championnat d’Europe de F3. Donc pas le choix! Cette année, même problème. J’essaierai l’année prochaine…

Aujourd’hui, êtes-vous professionnel?
Pas réellement, parce que je ne touche pas de rémunération. L’année dernière, j’ai fait le championnat d’Europe de F3. Ça s’est super bien passé. En mi-saison le patron de la Scuderia Ferrari – Maurizio Arrivabene – m’a convoqué en Italie, à Maranello, pour me rencontrer. Il m’a promis qu’à partir de janvier 2016, il me prenait sous son aile si mes résultats étaient à la hauteur.

Quelle fut votre réaction?
C’était une très belle proposition. Mais je suis bien conscient que dans ce sport, il n’y a que vingt-quatre pilotes de F1 à travers le monde. Il faut rester les pieds sur terre. Il y a encore beaucoup de route à faire.

Le Grand prix de F1, c’est un rendez-vous obligatoire pour vous depuis les tribunes?
J’essaie d’y être. Je préfère alors être dans les box qu’en tribune. C’est plus intéressant pour moi. J’y serai cette année.

Un rêve de faire le Grand Prix de F1 à Monaco?
Évidemment! Rouler à Monaco devant mes amis, rouler à la maison, je l’ai fait en karting en 2010 avec la Monaco Kart Cup. C’était incroyable, d’autant plus que j’ai gagné cette course alors que nous étions une cinquantaine et que c’était un niveau de championnat du monde.

Comment avez-vous financé votre passion?
Jusqu’en 2010, mes parents ont payé mes saisons avec l’aide de quelques sponsors en karting. Ça coûtait environ 50 000 euros par an. C’était une somme importante évidemment pour ma famille. Ensuite, nous n’avions plus suffisamment d’argent pour financer une nouvelle année. Heureusement, Nicolas Todt m’a aidé et a financé tout ou partie de mes saisons. Aujourd’hui, je n’ai plus de problème d’argent dans le sens où tous les frais sont pris en charge. Les déplacements par exemple sont payés par Arcora lifestyle.

Ferrari: un rêve qui devient réalité?
Oui bien sûr. Tout pilote de sport automobile rêve de Ferrari. Je suis très heureux de faire partie de ce mythe. Il faut maintenant travailler autant, voire plus, car les gens attendent beaucoup de ma part.

Espérez-vous poursuivre avec Ferrari? Si oui, de quelle manière?
J’espère bien! C’est le but. J’essaie surtout de me concentrer sur le présent. Si je fais du bon boulot cette année, il n’y a pas de raison que le reste ne suive pas. J’ai gagné la course 1 en GP3, le 14 mai à Barcelone. Je suis content. Il y a 18 courses au total. Il va falloir continuer à bosser.

Bosser, qu’est-ce que cela signifie concrètement?
Il y a les rencontres avec l’équipe avant les courses pour définir la tactique. Je m’entraîne beaucoup sur le simulateur. Je fais environ quatre heures de sport par jour: course, vélo, musculation, natation, tennis, squash… Il y a aussi une prise en charge mentale avec des psychologues spécialisés pour avoir une concentration adaptée et maîtriser son stress. Le psy, c’est quatre fois par semaine quand je suis à Maranello. J’ai réellement l’impression de construire la vie pour laquelle j’étais destiné.


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