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Ce samedi, deux soignantes du CHPG de Monaco seront sur la ligne de départ du rallye Aïcha des Gazelles

Ce samedi depuis Nice, la Roquebrunoise Patricia Cappelli et la Mentonnaise Lorène Ilacqua, deux soignantes du CHPG auprès des enfants, prendront la direction du Maroc pour ce rallye d’orientation.

Thibaut Parat Publié le 16/03/2022 à 05:05, mis à jour le 16/03/2022 à 10:19
Patricia Cappelli et Lorène Ilacqua ont customisé leur 4X4 avec des silhouettes de bébés. Au quotidien, elles prennent soin d’eux au service pédiatrie-néonatalogie du CHPG. (DR)

"Allez chiche, on fait un rallye-raid". Ce matin-là du 5 janvier 2020, à la vue des robustes véhicules de l’Africa Eco Race stationnés sur le stade Rondelli de Menton, non loin du bain du Nouvel An auquel elles prennent part, Patricia Cappelli et Lorène Ilacqua se lancent ce défi un peu fou.

Ce samedi, deux années après cette promesse les pieds dans une eau à 15°C, ces deux collègues de travail au service pédiatrie-néonatalogie du Centre hospitalier Princesse Grace s’aligneront au départ du rallye Aïcha des Gazelles. Une course d’orientation avec 195 équipages exclusivement féminins.

Deux décennies séparent Patricia et Lorène, mais le même grain de folie, la même soif d’aventure les lient. Un sentiment accentué par deux années de pandémie. "C’est un vrai bol d’air, reconnaît Lorène, Mentonnaise de 36 ans et infirmière puéricultrice. On a eu des enfants hospitalisés, ceux qui ont eu le syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS). En préparant ce rallye pendant deux ans, cela nous a aidées à penser à autre chose, à traverser cette crise. Parler de choses positives aidait aussi nos collègues à se changer les idées."

Pas un rallye de vitesse

Pour les deux amies, viscéralement animées par un esprit d’entraide, de solidarité et de partage, c’est forcément un saut dans l’inconnu. Enfin presque. "En février, on est allé faire une formation au Maroc pour piloter un 4X4 sur les dunes et avoir des sensations, explique Patricia Cappelli, Roquebrunoise de 56 ans et auxiliaire de puériculture. On a aussi appris à utiliser la boussole et à se repérer sur une carte."

 

Car le concept du rallye-raid est clair : pas de vitesse, pas de GPS mais une navigation à l’ancienne et uniquement en hors-piste.

Objectif final : rallier plusieurs balises, dans l’ordre, en parcourant la plus courte distance possible.

Parler de Mission Enfance

Au volant de leur 4X4 Toyota KZJ 73, customisé avec des silhouettes de bébés, les "pitchouns gazelles" - leur nom d’équipe - prêcheront la noble cause d’une association monégasque, Mission Enfance, qui porte secours aux enfants en détresse dans le monde. Une évidence pour celles qui prennent soin, au quotidien, de pitchouns malades.

"On a choisi un projet de pouponnières au Burkina Faso. Depuis 20 ans, ils recueillent des bébés abandonnés et ont créé, à côté, une structure pour former le personnel. À la fin du projet, s’il nous reste des fonds, on le donnera entièrement à ce projet", confient les deux soignantes.

 

Avec le feu vert de la direction du CHPG, pour lever en son nom des fonds auprès de sponsors, Patricia et Lorène avaient récolté 35 000 euros, dont la moitié couvre les frais d’inscription à la compétition qui prend en charge les participantes jusqu’à la fin du rallye.

"On va aussi apporter des sacs d’affaires chaudes pour les enfants", précisent-elles, déterminées à poursuivre leur action pour l’enfance, de l’autre côté de la Méditerranée. Même loin du CHPG.

Laura et Cécile, amies depuis plus de 15 ans, visent un meilleur classement qu’en 2016. Photo DR.

Laura, salariée monégasque, et Cécile visent le Top 30

L’équipage "215", lui, ne part pas en terres inconnues. En 2016, "sur un coup de tête", Laura Sacchiero, juriste chez Humbert & Poyet à Monaco, et Cécile Bories, consultante à Toulouse, avaient foulé le sol marocain pour prendre part à cette folle aventure. Pour cette première dans ce milieu hostile qu’est le désert, ces deux amies de longue date, originaires de la Ville rose et globe-trotteuses dans l’âme, avaient terminé 45e sur 135 équipages.

Cette année, après deux années de report et autant de temps à ronger leur frein, les deux "gazelles" veulent grappiller des places au classement général. "Pourquoi pas le Top 30? L’idée est de se dépasser dans cette aventure où l’on ressort grandi. La première édition nous a tellement marquées. Après ça, on s’est dit qu’on pouvait tout faire, confie Laura, chargée de piloter le 4x4 Toyota HDJ 80, loué et équipé pour ce périple. C’est peut-être un peu cliché mais la femme est peu représentée dans le milieu automobile. Mais on a notre place, on s’en sort bien que ce soit en mécanique, en conduite, en orientation."

Le caractère environnemental et humanitaire du rallye Aïcha des Gazelles a aussi convaincu Laura et Cécile de rempiler pour une deuxième édition. "C’est un des rallyes-raids les moins pollueurs, le premier officiellement certifié ISO 14001. Les émissions de carbone sont largement compensées. L’association Cœurs de Gazelles, par exemple, recycle les bouteilles d’eau pour construire des murs pour les crèches et centres de soins au Maroc."

La même association proposera, sur le parcours, une caravane de consultations pédiatriques et optiques gratuites, voire des interventions chirurgicales d’urgence, dans les villages et écoles avoisinants du bivouac. Plus de 1 500 enfants doivent en bénéficier avec l’attribution d’un carnet de santé. "Un suivi médical est aussi proposé pour les plus nécessiteux, complète-t-elle. Ils ne sont pas laissés pour compte une fois le rallye terminé."

Un départ à Monaco

Après les vérifications techniques et administratives, programmées ce vendredi, le départ officiel se tiendra ce samedi. A Nice, où la majorité des 195 équipages amorcera ce périple vers le Maroc, mais aussi à Monaco où 5 binômes de la catégorie E-Gazelle (5 en auto et 3 en buggy prototype) prendront la route sous les yeux de la princesse Stéphanie.

Une division électrique créée en 2017 avec le soutien de la Fondation Prince Albert II. Une première dans le milieu du rallye-raid.

"Le défi est double: maîtriser la navigation et l’autonomie, indiquent les organisateurs. La Gazelle Lab testera et développera de nouvelles innovations de mobilité écologiques et vertueuses avec la société Innovations VE. Dans ce cadre, le LAB accueillera une Méhari électrique Eden du 2 CV Méhari Club équipée d’un toit de panneaux photovoltaïques. L’Eden électrique solaire spécialement préparée fera ses premiers tours de roues dans le désert."

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