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"Ça va tellement plus vite": le pilote grassois Théo Pourchaire raconte son baptême du feu en Formule 1

À 17 ans, Théo Pourchaire vient d’effectuer son premier galop d’essais en F1 avec Alfa Romeo. Le Grassois évoque cette "expérience incroyable" qui ne devrait pas rester sans lendemain…

Gil Léon Publié le 09/08/2021 à 19:44, mis à jour le 09/08/2021 à 19:44
Entre deux courses de F2, Théo Pourchaire a découvert la planète F1 à Budapest. Photo Twitter Théo Pourchaire

Il aurait marché sur la lune, ce ne serait pas mieux si l’on en croit ses mots reflétant le bonheur intense ressenti durant cet instant d’éternité.

Mercredi dernier, sur les traces encore fumantes du Grand Prix de Hongrie gagné par Esteban Ocon, Théo Pourchaire a découvert une autre planète dont il rêvait depuis l’époque de ses premiers tours de piste en karting.

À 17 ans, entre deux virages du championnat FIA F2 où le prodige grassois a déjà marqué les esprits en devenant le plus jeune vainqueur dans l’antichambre des GP - à Monaco, s’il vous plaît -, le voilà qui coche la case F1.

 

Baptême du feu accompli au volant d’une Alfa Romeo C38, le modèle cravaché par Kimi Räikkönen et Antonio Giovinazzi en 2019 avec lequel le prometteur pensionnaire de la Sauber Academy, qui pourrait être promu au top niveau dès la saison prochaine, a vécu un apprentissage pour le moins accéléré.

Théo, êtes-vous redescendu sur terre?
Je commence à réaliser ce qui vient de se passer. C’était une expérience juste incroyable. Une journée que je n’oublierai pas de sitôt, sûr et certain.

Quand vous a-t-on informé de la date et du lieu de ce premier roulage en F1? Et comment l’avez-vous préparé?
Ça s’est décidé en juin, après les courses à Bakou. Donc j’ai eu le temps de m’entraîner. Je possédais déjà quelques marques puisque j’aide l’écurie Alfa Romeo à développer son nouveau simulateur F1 2022 depuis quelques mois. Le nombre des roulages virtuels est allé crescendo en début d’été à l’usine (à Hinwil, en Suisse, ndlr) où j’ai aussi moulé mon siège baquet.

À quoi avez-vous pensé en sortant du garage pour prendre la piste?
À rien du tout! D’entrée, j’étais pleinement concentré sur les multiples procédures à respecter. J’ai savouré l’instant présent, rien d’autre. En espérant prendre un max de plaisir au volant, voilà!

 

Quelle est la différence numéro 1 par rapport à la F2, celle qui saute aux yeux dès le premier tour?
La différence, elle est partout, tout le temps. D’abord, la puissance, les accélérations. Ça va tellement plus vite! Mais le frisson le plus fort, c’est le freinage. Les repères pris en F3l’an dernier, mieux vaut les oublier illico. On presse la pédale beaucoup plus loin, beaucoup plus tard. Dans les courbes rapides, ça passe très fort. C’est un truc de malade. Hallucinant, presque surhumain...

La marche entre la F2 et la F1 est encore plus haute que celle entre la F3 et la F2, on peut le dire?
Ah oui! On peut parler d’une hauteur énorme, et même surprenante. En F1, vous évoluez dans un autre monde. Comparez les moyens humains, techniques, les budgets: c’est le jour et la nuit. Au Hungaroring, il y avait une trentaine de personnes qui gravitaient autour de la voiture, rien que pour moi. C’est le niveau ultime du sport auto. Sur quatre roues, il n’y a rien de mieux.

Les responsables du team Alfa Romeo et de la Sauber Academy attendaient quoi de vous?
Il s’agissait d’une prise en main. Un premier contact à bord de la C38 de 2019. Je devais apprivoiser cette F1 au fil des tours. L’occasion aussi de parcourir 300km, l’un des critères indispensables pour obtenir la Super Licence (le sésame ouvrant la porte des Grands Prix).

Vous avez pu rouler en mode qualif'?
Oui, j’ai eu l’opportunité de boucler des tours rapides. On a également accompli des simulations en rythme course. Tutoyer la limite, ce n’est pas facile. On la trouve vite, on la dépasse sans le vouloir... Bon, sur ce circuit assez étroit, compliqué, j’ai commis quelques erreurs, quelques écarts dans l’herbe. Normal quand on tâte le terrain comme ça. Devant moi, il y a une grande marge de progression, je le sais.

Que vous a dit le patron, Frédéric Vasseur, lors du débriefing?
Il était absent et on n’en a pas encore parlé ensemble. Mais Beat Zehnder (le team manager d’Alfa Romeo), lui, semblait très content. Pareil pour les ingénieurs et les mécanos, tous heureux de voir une nouvelle tête dans le cockpit. Moi aussi, je suis ravi d’avoir fait leur connaissance.

 

Et maintenant? Doit-on s’attendre à vous voir participer à une séance d’essais libres 1 lors d’un Grand Prix cet automne?
Posez la question aux décideurs! Moi, je me concentre à nouveau pleinement sur la F2. Marquer des gros points, grappiller des places au championnat, c’est le plus important. Mais si on m’appelle, je répondrai présent.

Et si l’opportunité de débuter en Grand Prix dès l’an prochain se présentait... Vous vous estimez prêt à franchir le pas?
Honnêtement, oui. Si Alfa Romeo mise sur moi, me fait confiance, pas question de refuser. Je mesure très bien la hauteur de la marche. Il faudra s’adapter vite. Je m’en sens capable.

En FIA F2, auriez-vous signé pour un tel début de saison: 6e du championnat avec une pole et une victoire marquantes à Monaco?
Oui, j’aurais signé. Même si l’état des lieux à mi-parcours comprend aussi quelques contretemps pénalisants: une panne qui me prive du podium d’entrée à Bahreïn, des accrochages dont je ne suis pas responsable... En performance pure, j’ai tout de suite intégré le haut du tableau, le top 5. Je ne pensais pas y arriver aussi tôt. À présent, tâchons d’éviter les erreurs autant que possible.

Avec 43 points de retard sur le leader, le titre reste jouable aujourd’hui?
Bien sûr, plus que jouable! On n’a parcouru que la moitié du chemin. Jusqu’à la finale à Abu Dhabi (du 10 au 12 décembre), quatre week-ends se profilent droit devant. Soit douze courses. Beaucoup de points restent à distribuer. Alors les positions peuvent évoluer rapidement. À moi de gagner en constance, de bien négocier les deux échéances à venir, Monza et Sotchi, que l’on enchaînera en septembre.

À Monza, l’an passé, en F3, vous aviez perdu la pole position sur tapis vert. Revanchard?
Non, je n’y penserai pas. J’ai hâte de piloter ma F2 sur ce tracé, l’un des plus beaux en Europe. C’est le temple de la vitesse. Donc chouettes sensations en perspective...

Dernière chose: il paraît vous avez prévu de passer le permis de conduire dès le lendemain de votre 18e anniversaire (le 20 août). Vrai ou faux?
Dès le 21, je ne crois pas. Il faut d’abord obtenir le code. Pas si simple. Quant à la conduite, je me suis déjà pas mal entraîné. J’espère que ça ira...

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