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Avant le dernier GP de F1 à Abu Dhabi, quel bilan et quelles perspectives pour Charles Leclerc?

Au volant d’une Ferrari « dégonflée », le Monégasque a vu sa progression ralentie cette saison. Mais il est devenu la figure de proue d’une Scuderia qui compte sur lui pour redorer son blason

Gil Leon Publié le 10/12/2020 à 21:16, mis à jour le 10/12/2020 à 21:19
Charles Leclerc n'a pu gravir que deux podiums en 2020. Photo EPA/MAXPPP

Voilà, c’est fini. Ou presque. Ce dimanche, la "Formule reine" négociera son dix-septième et dernier virage sous les sunlights du circuit de Yas Marina. Comme d’habitude. Ou presque.

Pour cette saison 2020 "covidée", l’heure du crépuscule sonne ainsi deux semaines plus tard que prévu. Un moindre mal. Et dans le coin rouge du paddock, l’heure du bilan, elle, va sonner moins fort que prévu pour l’une des étoiles montantes de la galaxie F1.

Charles Leclerc s’invitera-t-il dans le top 5 final en doublant Daniel Ricciardo sur le fil ? Pour l’instant 6e de la hiérarchie, à 14 longueurs du futur ex-pilote Renault, le Monégasque, lui-même menacé par Carlos Sainz Jr, Alexander Albon et Lando Norris, ne peut pas espérer mieux. Quelle que soit l’issue du Grand Prix d’Abu Dhabi, nul doute que le chasseur de chrono incarnant aujourd’hui l’avenir d’une Scuderia Ferrari désespérément à la traîne tournera volontiers la page après ce chapitre 2 pour le moins en demi-teinte. Explication et projection...

Epicier de luxe en 2020

Deux victoires en 2019, deux podiums en 2020...Trois, peut-être, si la conclusion moyen-orientale s’avère aussi fructueuse que l’introduction autrichienne (2e du GP d’ouverture, le 6 juillet à  Spielberg).

 

Alors que le rideau va bientôt tomber, c’est peu dire que l’irrésistible ascension de Charles Leclerc a été contrariée ces six derniers mois.La faute à une Ferrari SF1000 plus proche du fer à repasser que de la fusée spatiale.Pointé du doigt en premier lieu, le moteur V6 turbo hybride « made in Maranello » dont le brutal changement de standing étonne : modèle de vélocité il y a un an devenu le dernier de la classe dans la foulée d’un accord secret conclu avec la FIA durant l’hiver.

L’affaire a fait couler des flots d’encre et de salive. La Scuderia avait-elle franchi la ligne jaune ? Va comprendre Charles... Si les suspicions d’illégalité sont allées bon train, le mystère restera entier.

En attendant, les estimations concernant la perte de puissance oscillent entre moins 50 et moins 70 chevaux. Pour combler ce lourd déficit, les troupes du cheval cabré ont essayé une multitude de configurations aérodynamiques. Sans trouver le compromis efficace entre l’appui et la traînée.

Résultat : les tifosi voient leur équipe toucher le fond à Spa et à Monza, là même où celui qu’ils appellent affectueusement « Carletto » avait embrassé ses deux premières victoires en éclipsant l’étoile Mercedes un an plus tôt. Tandis que Sebastian Vettel, d’emblée prié d’aller voir ailleurs en fin d’exercice, perd pied dans les grandes largeurs, l’ambassadeur de la Principauté s’applique à limiter les dégâts.

 

Réduit à un rôle ingrat d’épicier de luxe, il met sa frustration entre parenthèses, compose au mieux avec le comportement capricieux de sa monture, obtient quelques résultats inespérés en qualif’ et en course qui sauvent juste les meubles. De quoi asseoir son statut de nouveau taulier de la maison rouge, à défaut de pouvoir croiser le fer avec ses supposés rivaux directs, Lewis Hamilton et Max Verstappen.

Vers un rebond limité en 2021

L’an prochain, c’est déjà demain.Si le coronavirus ne chamboule pas à nouveau le calendrier, le Grand Prix d’Australie, traditionnelle étape d’ouverture passée à la trappe in extremis cette saison, scellera ses retrouvailles avec la F1 dans trois mois et des poussières (19-21 mars 2021).

À Melbourne, Ferrari accueillera le successeur de Sebastian Vettel. Celui-ci aurait pu s’appeler Daniel Ricciardo. Mais le choix des décideurs de la Scuderia s’est finalement porté sur Carlos Sainz Jr, un coéquipier a priori moins encombrant pour leur leader monégasque dont lecontrat longue durée court jusqu’en 2024.

La question qui brûle les lèvres aujourd’hui ne concerne pas cette future cohabitation. Y aura-t-il un regain de performance ? Un rebond suffisant pour replacer le cheval cabré là où tout le monde l’attend, soit a minima dans le top 3 du championnat constructeurs ?

« Concernant la voiture, on ne peut pas espérer de miracle à court terme », a souvent répété Mattia Binotto ces derniers temps. « Objectivement, Ferrari ne pourra pas se battre pour le titre en 2021. »

 

La conséquence logique du report d’un an du profond lifting technique qui va rebattre les cartes. En attendant, le développement demeure limité, les évolutions restreintes. « Les tests effectués sur le futur moteur sont porteurs d’espoir », annonce toutefois le directeur de la gestion sportive. Sa cible réaliste ? « Nous devrons être capables de viser régulièrement le podium. »

2022, attention au virage !

En son temps, Michael Schumacher avait patienté quatre ans, de 1996 à 1999, avant d’orchestrer la période la plus faste de Ferrari en F1, enchaînant cinq titres suprêmes de 2000 à 2004.

Le « Baron Rouge » ne fut pas le seul artisan de ce chef- d’œuvre. À l’affiche figuraient aussi un vrai patron, Jean Todt, et une doublette d’ingénieurs taille XXL, Ross Brawn et Rory Byrne.

Pour que Charles Leclerc ait une chance de réussir là où Fernando Alonso et Sebastian Vettel ont échoué, mieux vaudrait que la Scuderia décide enfin de muscler son état-major.

Cela permettrait déjà de réduire considérablement le nombre de stratégies foireuses et de « pit stops » cafouillés. Et au-delà, de négocier pied au plancher le virage crucial qui se profile à l’horizon 2022.

 

Dans un an et demi, la révolution technique voulue pour améliorer le spectacle, réduire les coûts et insérer la F1 dans une philosophie plus respectueuse de l’environnement accouchera de monoplaces nouvelles de A à Z.

Un tournant déterminant qu’il ne faudra absolument pas rater du côté de Maranello...

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