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Au lieu de démarrer en Formule 3, Arthur Leclerc a rejoint son frère Charles en Formule 1... virtuelle

A Monaco, le petit frère du pilote Ferrari meuble son confinement en "prenant racine" devant un écran où il se permet de rivaliser avec certains gros bras du paddock F1.

Gil Léon Publié le 13/04/2020 à 21:24, mis à jour le 13/04/2020 à 21:25
Confinement oblige, Arthur Leclerc a troqué le volant de sa F3 contre celui d'une F1 virtuelle. Photo Auriane Bancourt

Il venait juste de cocher la case F3. Pour un top départ en championnat d’Europe initialement prévu le 26 avril
prochain au Castellet. Partie remise...

Confiné chez lui, à Monaco, Arthur Leclerc (19 ans) a tout de même disputé une course. Pas n’importe laquelle puisqu’il s’agissait de la 2e manche des F1 Virtual Grand Prix Series, le 5 avril dernier sur le circuit de Melbourne.

Aux prises entre autres avec six membres actuels du paddock, dont Charles, le frangin, implacable poleman et vainqueur, le "rookie" cravachant la seconde Ferrari a réussi son baptême du jeu.

 

Quatrième, s’il vous plaît!

Arthur, ça fait quoi de piloter une F1 rouge moins de trois mois après avoir poussé les portes de la Ferrari Driver
Academy?
Même s’il s’agit d’une F1 virtuelle, ça fait super plaisir. Pour un jeune pilote qui n’en a pas l’habitude, c’est assez
impressionnant de côtoyer autant de grands noms du sport auto sur une grille de départ. Inutile de vous dire que je ne m’attendais pas à vivre une telle expérience. Durant cette période pénible que nous traversons, les courses Esports
réussissent à distraire les fans. Elles leur changent les idées. Celle-ci fut assez marrante, pleine de rebondissements.
Les spectateurs ont apprécié, semble-t-il. En tout cas, moi, je me suis régalé.

Charles a découvert le jeu F1 2019 seulement six jours avant la course. Et vous?
Encore plus tard que lui! Certes, je savais à quoi ça ressemblait sur PlayStation. Mais je ne possédais ni PC, ni
simulateur. Ferrari Esports m’a donc envoyé le matériel quatre jours avant.

Ensuite, vous avez mis le paquet sur l’entraînement ? Au moins cinq heures par jour, comme lui?
J’ai pris racine devant l’écran, oui. En temps normal, je ne joue pas du tout, ou très peu. Là, je m’y étais remis histoire de meubler le confinement, en privilégiant Call of Duty et Fortnite. Il a donc fallu mettre les bouchées doubles, quitte à parfois raccourcir les repas... Au début, je galérais pas mal alors que Charles alignait déjà d’excellents chronos. Mais j’ai vite progressé.

Quel était votre objectif?
Gagner, tout simplement. Tout le monde visait la même cible, je pense. Les qualifications ont démontré que cette
ambition s’avérait réaliste. Aux avant-postes, on est regroupé en trois ou quatre dixièmes. Je décroche la 4e place,
malgré une petite erreur.

En début de course, vous figurez un moment en 2e position derrière le frangin. Si l’occasion s’était présentée, vous l’auriez attaqué?
Ah oui, pas de consignes ! (rires). Peu importe qui se trouve devant moi. Charles ou un autre, s’il y a la moindre
ouverture, je tente le dépassement. Là, en l’occurrence, je n’ai pas été en mesure de le menacer, ni de conserver la 2e
place, hélas (poussé hors piste par la Renault du fougueux pilote danois Christian Lundgaard, ndlr).

 

Le cavalier seul de Charles, en tête d’un bout à l’autre, vous a surpris?
Pas du tout ! Il allait très très vite, sur un tour qualif’ comme en rythme course. Il lui fallait juste réussir le départ. Ensuite, il pouvait faire parler sa constance, gérer à sa guise pendant que ses poursuivants s’entre-déchiraient.

Que vous manque-t-il pour finir sur le podium?
Le contact avec Lundgaard me relègue au 6e rang. Mais je réussis à combler une partie de mon retard. En fin de course, l’erreur de George Russell (Williams) doit me permettre de réintégrer le top 3. Sauf qu’il revient en piste sans faire attention et me percute alors que je suis en train de prendre le dessus. Voilà, je finis 4e. Vu ma cadence, j’aurais pu rejoindre Charles sur le podium.

Lors d’une vraie course, votre monoplace serait restée sur le carreau après l’accrochage avec Russell...
C’est la magie du jeu, hein ! Mais en situation réelle, on peut aussi penser que Russell ne serait pas revenu en piste de
cette manière.

À propos de comparaison, diriez-vous que ce genre d’effort est tout autant éprouvant mentalement ?
Ça réclame la même concentration extrême. Là aussi, il faut tutoyer la limite à chaque tour. Si vous n’êtes pas "dedans" à 100 %, vous perdez tout de suite trois ou quatre dixièmes.

Rouler en mode virtuel, ça atténue le manque d’adrénaline un peu, beaucoup ou pas du tout?
Sûr que ça ne remplace pas ce frisson si particulier ressenti en piste. Voilà deux mois que je n’ai pas pris le volant de ma F3. Pendant le confinement, un footballeur peut éventuellement taper le ballon dans le jardin. Un pilote, lui, il ne peut que ronger son frein. En espérant que le monde sorte de ce mauvais pas le plus vite possible...

Vous verra-t-on au départ de la troisième manche des F1 Virtual GP Series?
Je ne crois pas. Après Robert Shwartzman, Dino Beganovic et moi (le Russe et le Suédois avaient participé à l’épreuve
d’ouverture, sur le tracé de Bahreïn), Ferrari Esport désignera sans doute un autre pilote de l’Academy. Désormais, avec Russell, Albon, Giovinazzi, Latifi et compagnie, on organise nos propres courses en live sur le Twitch de Charles (ce mardi et ce vendredi, à 19 h). C’est assez rigolo et c’est surtout au profit de la lutte contre le Covid-19. Venez nous voir!

Comment s’est passée votre intégration au sein de la Ferrari Driver Academy cet hiver?
Super bien ! Dès la première semaine à Maranello, on est entré dans le vif du sujet en mêlant cours théoriques et
exercices physiques. De quoi se familiariser avec une nouvelle méthode de travail assez impressionnante. Il y a une forte connexion avec la F1. Par exemple, nous rencontrons les ingénieurs de la Scuderia. On a aussi eu l’opportunité de suivre les essais hivernaux en immersion dans le team, à Barcelone. Une expérience très instructive.

 

Content de vos premiers roulages en Formule 3?
Avant la coupure, nous avons enchaîné trois séances d’essais: Imola, Vallelunga et Le Castellet. J’ai tout de suite tissé
des liens solides avec toute l’équipe Prema. Et mesuré la différence entre F3 et F4 par la même occasion... Au début, on est très agréablement surpris par le niveau de grip, dans toutes les courbes, rapides et lentes. Pareil pour le freinage. Concernant les pneus, ce sont aussi des Pirelli, mais pas les mêmes qu’en F4 allemande. Les dimensions et les types de gommes diffèrent. Je me suis bien adapté. Donc très satisfait du boulot déjà accompli. À chaque sortie, la voiture progressait, le feeling allait crescendo.

Savez-vous quand débutera le championnat F3 Regional Europe?
Pour l’instant, seule la première échéance a été reportée (au Castellet, le 23 août au lieu du 26 avril). Les sept autres
manches conservent leur date initiale, mais ça peut évoluer...

Quel sera votre objectif lors de cette troisième saison en monoplace?
Gagner, bien sûr ! Des courses, d’abord. Et le titre, pourquoi pas? Ce ne sera pas simple, car le plateau comprend
plusieurs pilotes expérimentés. Rien que chez Prema, avec des coéquipiers tels que Gianluca Petecof, Roman Stanek et
Oliver Rasmussen, la concurrence interne s’annonce féroce. À moi d’apprendre vite!

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