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PHOTOS. Artcurial et la SBM s'allient pour vous faire découvrir leur musée en plein air

Mis à jour le 08/07/2019 à 10:10 Publié le 08/07/2019 à 08:30
Les passants posent avec la sculptures la plus chère du catalogue : 1,5 million d'euros

Les passants posent avec la sculptures la plus chère du catalogue : 1,5 million d'euros Photo JFO

PHOTOS. Artcurial et la SBM s'allient pour vous faire découvrir leur musée en plein air

La maison de ventes aux enchères et l’institution monégasque allient leurs savoir-faire pour offrir au public une balade artistique inédite, Monaco Sculptures, avec Keith Haring, Kaws ou Arman

Monaco se veut de plus en plus destination artistique. Une politique d’État qui invite au partenariat entre institutions privées. Cet été, Monégasques et touristes ont ainsi l’embarras du choix pour assouvir leur désir de culture. Alors que le souverain inaugurait ce vendredi, aux côtés de l’infante Cristina d’Espagne, l’exposition de l’été au Grimaldi Forum, Dali, Une Histoire de la Peinture, Artcurial et la Société des Bains de Mer ont érigé, ces dernières semaines, un véritable musée en plein air dans tout Monaco.

De 5.000 € à 1,5 M€

Baptisé "Monaco Sculptures", ce parcours artistique de trente œuvres, ouvert gratuitement au public 24h/24, est une vitrine de choix pour la maison de ventes aux enchères parisienne, dont le catalogue afférent de soixante lots passera au marteau le 19 juillet, dès 19 heures, à l’Hôtel Hermitage de Monte-Carlo.

"Monaco Sculptures" répond surtout à une vocation culturelle chère au groupe dirigé par Nicolas Orlowski. Une volonté d’ouverture sublimée par un cadre unique selon Salomé Pirson, architecte de cette scénographie pour Artcurial, en collaboration avec Chloé Boscagli-Leclercq côté SBM. "Une telle exposition n’est envisageable quasiment qu’à Monaco, notamment pour les garanties de sécurité."

Les fameux mouton et agneau de François-Xavier Lalanne broutent paisiblement dans les jardins de l’Hôtel de Paris.
Les fameux mouton et agneau de François-Xavier Lalanne broutent paisiblement dans les jardins de l’Hôtel de Paris. Photo JFO et D.M.

Estimées entre 5.000 et 1.500.000 euros, les œuvres disséminées dans les établissements de la SBM et leurs alentours, jouissent en effet d’une garantie sans pareille, de jour comme de nuit.

Dali, César, Hiquily, Deacon, Wang Du, Keith Haring, Arman, Venet, Folon, Reinoso, Lalanne, Kaws… Autant de signatures prestigieuses à portée de main des badauds, particulièrement les clients de la SBM.

Poésie éphémère

Fortes de leur succès populaire, certaines œuvres, à commencer par Final Days de Kaws, un grand Mickey noir trônant à l’entrée de la Promenade Princesse Charlène, ont nécessité qu’un cordon de sécurité soit déroulé pour calmer l’enthousiasme des chasseurs de selfies.

Le projet, qui a germé dans l’esprit de François Tajan, administrateur délégué d’Artcurial, a nécessité six mois de préparation pour que la synergie opère avec la SBM.

"Nous avons dû trouver des emplacements qui soient à l’image de la SBM et de ses établissements, c’est-à-dire divers. Il fallait aussi bien correspondre au MC Beach, plutôt familial, qu’au MC Bay, plus contemporain, ou à l’Hôtel de Paris et à l’Hermitage, qui sont plus mythiques et ancrés dans une certaine tradition", confirme Salomé Pirson.

Des œuvres qui poétisent Monte-Carlo et pourraient laisser un vide une fois adjugées… "C’est pour ça qu’elles ne partent pas en plein milieu de l’été. On retire tout la semaine du 2 septembre."



Impossible sans Monaco

Estimé 180.000-220.000 euros, cet éléphant en bronze d’Arman n’est pas sans faire écho au Festival international du cirque de Monte-Carlo.
Estimé 180.000-220.000 euros, cet éléphant en bronze d’Arman n’est pas sans faire écho au Festival international du cirque de Monte-Carlo. Photo D.M.

Elles viennent essentiellement d’Europe mais ont également traversé des océans pour certaines. Les soixante œuvres du catalogue, dont une bonne partie est exposée dans les bureaux d’Artcurial boulevard des Moulins, ont nécessité une attention particulière durant leur transport et surtout leur installation.

"Une œuvre qui pèse 800 kilos, comme le Wang Du, ne peut pas être mise au-dessus d’un parking ou de l’entrée d’un ascenseur", résume Salomé Pirson.

De même, la prise en charge chez les propriétaires a requis la plus grande délicatesse et six mois de logistique.

Des challenges bien accueillis par des propriétaires rassurés par la destination "Monaco". "On n’aurait pas eu la plupart des œuvres si on ne les avait pas proposées à la vente ici. Dans l’imaginaire collectif, Monaco est un havre de paix où les sculptures seront en sécurité maximale et vues par une clientèle extrêmement variée, internationale et relativement fortunée."

Quant au Bar Thon de Yonel Lebovici, il a logiquement pris place à l’entrée du restaurant Le Grill de l’Hôtel de Paris, mais n’apparaît pas sur sa carte des poissons.
Quant au Bar Thon de Yonel Lebovici, il a logiquement pris place à l’entrée du restaurant Le Grill de l’Hôtel de Paris, mais n’apparaît pas sur sa carte des poissons. Photo D.M. et JFO

Un "jouet" géant comme attraction

La plus haute estimation du catalogue (1,5 M€) interpelle les passants.
La plus haute estimation du catalogue (1,5 M€) interpelle les passants. Photo D.M.

Effigie du catalogue d’Artcurial l’œuvre Final Days (2014), signée Kaws, agit comme un aimant à curieux à l’entrée de la Promenade Princesse Charlène. La sculpture en bois précieux africain emprunte à Mickey ses mains et pieds, quant à ses fameux yeux en croix ils révèlent la patte de Kaws.

"C’est vraiment l’attraction principale, confirme Salomé Pirson. En termes d’assurances et de respect pour notre client qui vend l’œuvre, on ne pouvait pas se permettre qu’il y ait des enfants qui se pendent à ses bras par exemple". D’où le cordon rouge qui entoure depuis peu cette œuvre prisée notamment des Japonais. Et pour cause. L’artiste, qui a émergé sur la scène internationale dans les années 90, a collaboré avec de grandes enseignes de luxe comme Dior. Récemment, un happening avec Uniqlo, à New York, a même provoqué des files d’attente de cinq heures devant la boutique de la marque nippone.

Produites entre 500 et 1.000 exemplaires, les "toys", petites figurines de collection de Kaws, s’arrachent au Japon. Rares sont celles de ce format en salle des ventes pour celui que beaucoup inscrivent dans la lignée de la culture Pop art démocratisée par les Andy Warhol ou Roy Lichtenstein.


"Une déambulation artistique"

223.5° Arc x 5, de Venet, et son acier patiné.
223.5° Arc x 5, de Venet, et son acier patiné. Photo D.M.

Pour prétendre à comprendre, ou tout simplement apprécier l’art, encore faut-il être guidé, pris par la main. En cela, "Monaco Sculptures" s’apparente aussi à un parcours initiatique pour le grand public. Des cartels ont ainsi été placés sous les œuvres avec un court descriptif, mais pas de prix.

"Nous n’avons pas mis les estimations volontairement, ce n’est pas le but", admet Salomé Pirson, dont les coordonnées apparaissent tout de même en pied. Le panel d’œuvres, très éclectique, fait parfois des clins d’œil, volontaires ou non, à l’histoire culturelle de la Principauté. La Pêche Miraculeuse de Jean-Michel Folon a naturellement pris place près des vitraux signés de l’artiste belge, au Monte-Carlo Beach.

Peu savent en revanche que l’œuvre tricolore du génie Keith Haring, qui trône dans l’escalier central du lobby de l’Hôtel de Paris, datée de 1988, précède sa réalisation d’une fresque murale à la maternité de Monaco.

Avez-vous vu ce Richard Deacon Madame ?
Avez-vous vu ce Richard Deacon Madame ? Photo D.M.

"Pouvoir faire ça dans un espace public est rare"

Qu’il butine au gré de ses pérégrinations ou fasse le tour du parcours, chaque visiteur est libre, d’où le choix de ne pas numéroter les œuvres.

"C’est plus une balade, note Salomé Pirson. On n’a volontairement pas mis de numéro sous les œuvres car l’idée est celle d’une déambulation artistique". Des visites guidées sont en revanche programmées, notamment pour les clients SBM.

"Pouvoir faire ça dans un espace public est rare. Les Anglo-saxons le font mais plutôt dans des résidences privées, où il faut acheter un billet, être contrôlé etc.", se félicite-t-on du côté d’Artcurial.

Et qui dit Riviera, dit figures locales. "On n’avait pas d’exigences mais naturellement on savait que certains de nos clients nous proposeraient à la vente des Arman, César, ou Bernar Venet. Des personnalités ultra-connues ici et très représentées dans le Sud, où ils ont été très actifs et où pas mal de pièces sont dans des collections pas loin de Monaco."

Une pyramide humaine de Keith Haring (1988).
Une pyramide humaine de Keith Haring (1988). Photo D.M. et JFO
Du Grimaldi Forum au patio de l’Hôtel de Paris, Dali est partout cet été en Principauté.
Du Grimaldi Forum au patio de l’Hôtel de Paris, Dali est partout cet été en Principauté. Photo JFO

Le One Monte-Carlo idéal comme écrin contemporain

L’information réduite en boulette par Wang Du.
L’information réduite en boulette par Wang Du. Photo D.M.

C’était la plus grande inconnue des organisateurs.Comment les œuvres prévues pour être exposées dans les travées du One Monte-Carlo allaient-elles épouser ce décor contemporain une fois sa réalisation achevée, fin février ?

"C’est assez incroyable de construire ça en plein milieu d’une ville!", s’étonne encore Salomé Pirson. "On a tout de suite imaginé mettre des œuvres ultracontemporaines, sachant qu’au début on n’avait qu’une vague idée de ce que ça allait être. En janvier, on travaillait encore sur la base des plans des architectes ! Mais onconnaît bien l’œuvre de (Sir Richard) Rogers donc on savait que nos œuvres “matchaient” a priori."

La preuve avec Asharq Al - Aswat, bronze de Wang Du ô combien symbolique. "Wand Du travaille sur l’information en Chine.Il prend une page de papier qu’il plie, froisse, puis prend ses dimensions avec un scanner 3D et l’imprime en bronze. Elle pèse 800 kilos et on a fait décrypter les écritures en arabe dessus. Elles n’ont plus de sens car il retravaille les mots de manière à formuler une critique de la société et du traitement de l’information aujourd’hui."

L’histoire ne dit pas si le président chinois, Xi Jinping, lors de sa halte à l’Hermitage en mars dernier, avait conscience de ce pied de nez sous ses fenêtres.


"Le plus grand rendez-vous de la sculpture moderne en Europe"

Les Girouettes de Philippe Hiquily face au Mirabeau.
Les Girouettes de Philippe Hiquily face au Mirabeau. Photo JFO

Cette exposition est un "accélérateur de notoriété", selon François Tajan, instigateur avec le bureau Artcurial de Monaco, dirigée par Louise Grether assistée de Julie Moreau. "Monaco mérite quelque chose de qualitatif", nous confiait-il au début de l’installation.

"L’idée est d’en faire un rendez-vous annuel, de devenir le grand rendez-vous du marché de la sculpture moderne en Europe continentale. De ne pas s’adresser uniquement à ceux qui vont acheter."

Et comme on ne vend pas une sculpture monumentale comme une montre ou un sac, cette exposition est conçue pour donner le temps de la réflexion aux clients.

"Ce n’est pas un tableau qu’on met sur son mur, il faut parfois réaménager des pièces ou faire des travaux. Les voir en extérieur permet de se faire une idée", ajoute Salomé PIrson.

Et d’occuper les lieux en Principauté pour Artcurial, en plus de ses vacations de prestige d’hiver et d’été.


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