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"Les silences de Maeterlinck": Emmanuel Régent, l’artiste de l’absence et du manque

Figure majeure de l’art contemporain, l’artiste de Villefranche-sur-Mer Emmanuel Régent revient à Nice pour une exposition qui lui est intégralement consacrée, à l’Espace à Vendre.

Romain Maksymowycz Publié le 26/10/2021 à 09:36, mis à jour le 03/11/2021 à 08:03
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"Les silences de Maeterlinck": Emmanuel Régent, l’artiste de l’absence et du manque. Figure majeure de l’art contemporain, l’artiste de Villefranche-sur-Mer revient à Nice pour une exposition qui lui est intégralement consacrée, à l’Espace à Vendre. Photo R.M.

Emmanuel Régent est fidèle.

Fidèle à Villefranche-sur-Mer, où reste niché son génial atelier avec vue sur la plus belle rade du monde.

Fidèle à Nice où il expose et occupe tout l'espace de la galerie Espace A Vendre, 10 rue Assalit, pour "Les silences de Maeterlinck" jusqu’au 4 décembre.

Fidèle à son éloge de la lenteur, sa quête de proximité et ses tentatives de figer des beautés paradoxales et impossibles.

 

Fidèle à ses dessins en noir sur blanc de la série "Pendant qu'il fait encore jour" par laquelle l’artiste dessine toujours "le silence et l’absence".

Figure marquante de l'art contemporain

"Les silences de Maeterlinck": Emmanuel Régent, l’artiste de l’absence et du manque. Figure majeure de l’art contemporain, l’artiste de Villefranche-sur-Mer revient à Nice pour une exposition qui lui est intégralement consacrée, à l’Espace à Vendre. Photos Romain Maksymowycz.

Depuis vingt ans maintenant, Emmanuel Régent est devenu une figure marquante de la scène artistique, contribuant largement à penser le dessin contemporain autrement.

Pour près de deux mois, l’artiste revient en investissant en solo la totalité des espaces avec de nouveaux dessins grand format, une série d’œuvres réalisée au sein de la fondation Hermès lors de sa résidence d'artiste à la cristallerie Saint Louis d’octobre 2018 à avril 2019, un ensemble de "Mes Naufrages", morceaux d’épaves, récupérés sous l’eau, en apnée, au petit large de la Darse. Des aquarelles et une installation de mâts brisés au centre du "Château" de la galerie Espace à vendre forment un autre ensemble.

Les créations reconnaissent un rôle capital au Cap de Nice pour ce qu’il affecte de silence, d'effacement et de manque. Alors que beaucoup d’Azuréens n’associent ce nom qu’à un boulevard et, au mieux, à un palais inaccessible, l'exposition est un hommage à Maurice Maeterlinck et surtout à une oeuvre, "Le Trésor des humbles", recueil dans lequel le Belge relève une forme d’obscurité lumineuse

Un impressionniste de 2021

"Les silences de Maeterlinck": Emmanuel Régent, l’artiste de l’absence et du manque. Figure majeure de l’art contemporain, l’artiste de Villefranche-sur-Mer revient à Nice pour une exposition qui lui est intégralement consacrée, à l’Espace à Vendre. Photo R.M..

En parfait décalage avec les générations Instagram qui chassent frénétiquement les couchers de soleil, Emmanuel Regent capte "Le dernier Soleil" comme une ligne d’horizon avec ses "morceaux" d'aquarelles crépusculaires tel que le célèbre auteur a pu les voir depuis son palais.

"Je ne représente que les lumières colorées du ciel et de la mer sans la sphère lumineuse du soleil. Puis, je déchire les meilleures tentatives", signifiant qu'"il est impossible de distinguer la beauté d’un coucher de soleil qui pourrait toujours être le dernier, comme une lettre à un amour impossible". Une épreuve romantique d’un impressionniste de 2021

 

La conscience de la dérive

"Les silences de Maeterlinck": Emmanuel Régent, l’artiste de l’absence et du manque. Figure majeure de l’art contemporain, l’artiste de Villefranche-sur-Mer revient à Nice pour une exposition qui lui est intégralement consacrée, à l’Espace à Vendre. Photo R.M..

Au milieu du Château, repose ce qu’il reste du mât du "Manitou", le célèbre voilier de John Fitzgerald Kennedy, installé de façon à évoquer un cercueil.
Le rapport à la mer reste permanent avec une référence au tableau "La Mer de glace" de Caspar David Friedrich, où l’on assiste au "naufrage de l'espérance".

Dans une composition cristalline contemporaine et fragile, avec un sujet anecdotique, Régent confirme que le décor est plus important que le naufrage en lui-même.

Ce mât, couché, cet environnement, fracassé, renvoient encore le spectateur à la double métaphore du naufrage. D'abord avec la dérive de notre monde liée "à la fois à la surproduction de la société de consommation matérialiste" et ensuite "l’inertie" de "la première génération qui a conscience de cette dérive écologique".

L’expression d’une dérangeante lucidité.

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