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Le soutien à la création, la sauvegarde du patrimoine, la jeunesse: les projets de la nouvelle directrice des Affaires culturelles

Mis à jour le 25/09/2019 à 08:30 Publié le 25/09/2019 à 11:24
Entrée à la direction des Affaires culturelles en 2002, Françoise Gamerdinger a gravi tous les échelons jusqu’au poste de directeur.

Entrée à la direction des Affaires culturelles en 2002, Françoise Gamerdinger a gravi tous les échelons jusqu’au poste de directeur. Jean-François Ottonello

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Le soutien à la création, la sauvegarde du patrimoine, la jeunesse: les projets de la nouvelle directrice des Affaires culturelles

À la tête de la direction des Affaires culturelles depuis le mois de juin, Françoise Gamerdinger entame son mandat avec la volonté de favoriser la création et valoriser les spécificités nationales.

Elle cite Malraux, forcément, qui avait déclaré: "La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert."

Mais adapte aussitôt les mots de l’illustre écrivain et homme de culture français à la spécificité monégasque.

"Je trouve la citation d’André Malraux très belle, mais à Monaco, nous avons un temps d’avance, on a déjà la culture en héritage! Pour autant, il ne faut pas entrer dans une routine et toujours aller de l’avant pour la conquérir."

Ainsi Françoise Gamerdinger résume-t-elle sa philosophie pour la vie culturelle du pays. Au sein de la direction des Affaires culturelles, elle a gravi tous les échelons depuis son intégration en 2002, jusqu’à en prendre la tête en juin dernier.

L’apogée d’une "deuxième" carrière pour celle qui fut professeur de lettres au collège Charles-III, dans une autre vie. "Mais je dois dire que sur le rôle, la détermination, la volonté, il y a peu d’écart entre le fait d’enseigner et celui de vouloir faire partager la création culturelle. C’est la même veine."

Dans ce service, créé en 1966, Madame le directeur - elle tient à garder le masculin - encadre 54 personnes et a un œil sur toutes les activités culturelles du pays. Siégeant notamment dans tous les conseils d’administration des entités culturelles de la Principauté, la plupart du temps au poste de secrétaire général.

"Ce qui permet une concertation régulière, un suivi au quotidien avec tous les acteurs, et sert de relais avec le gouvernement", précise-t-elle.

Un poste clé pour cette passionnée d’expressions artistiques en général et de littérature et de théâtre en particulier, qui conserve également sa casquette de directrice du théâtre Princesse-Grace dans cette nouvelle mission.

"Se pencher sur la culture de demain"

Quel est le rôle du directeur des Affaires culturelles?
Il doit être audacieux, un peu fou, visionnaire mais administrativement rigoureux. Vous allez me dire que c’est paradoxal (rires), mais je prouverai qu’on peut y arriver!

Trois mois après votre prise de fonction, vers quelle vision souhaitez-vous engager votre action?
Je suis en train d’identifier, avec les acteurs des différents domaines artistiques, tout ce qui est bon pour le pays afin de valoriser nos spécificités et que la Principauté continue son histoire de territoire de création. C’est très important pour moi de poursuivre dans ce sens. En outre, il faut se pencher sur ce que sera la culture de demain. Au regard de la transformation des publics et de la technologie, il faut avoir une vision. Notamment pour les musées, cette évolution se fait dans le sens de la problématique de Monaco en termes de territoire. Et la transition numérique peut apporter, à mon sens, une réflexion sur les nouvelles fonctionnalités des musées, et de nouvelles façons de présenter des collections.

Notamment pour valoriser les arts plastiques en Principauté, qui sont le parent pauvre du pays en termes d’espaces…
Nous avons une visibilité internationale dans ce domaine dont le public monégasque n’a pas conscience, et il faudrait justement que la population se rende compte de tout le travail fait. Des contraintes font que les arts plastiques n’ont pas les espaces qu’ils méritent mais c’est une priorité avec les projets de rénovation au Larvotto. Beaucoup de questions sont à l’ordre du jour, il faut prendre les bonnes directives pour établir le meilleur musée de demain. Des mètres carrés supplémentaires doivent être mis absolument à disposition du NMNM, ils sont nécessaires. Ce qui n’empêche pas de réfléchir à une politique muséale de transition numérique, pour un développement encore plus grand.

"Une plateforme numérique dédiée à la culture pour la jeunesse"

Quels efforts envisagez-vous vers la jeunesse?
Toute la pédagogie de la culture auprès des jeunes est déjà magnifiquement développée à Monaco. Maintenant, il serait souhaitable d’accompagner les enfants et les jeunes adultes dans leur autonomisation vis-à-vis de la culture. On sème ce qu’il faut dans le système éducatif pour qu’ils aient les connaissances et l’envie, il faut ensuite leur donner les moyens d’aller par eux-mêmes, au spectacle, lire, écouter la musique. Ainsi, je souhaiterais mettre en place une plateforme numérique dédiée à la culture pour la jeunesse. Une réflexion est en cours.

Concernant la sauvegarde du patrimoine, quelle est votre stratégie?
Nous avons les outils avec la création de l’Institut et du Comité du patrimoine, il faut désormais faire rouler la machine. Un plan d’action va être mis en place pour des campagnes de restauration, des campagnes d’inventaires, élargies au patrimoine immatériel. Ces actions étaient initiées au sein de la DAC depuis plusieurs années. Nous avons engagé également la préservation des œuvres d’art dans le quartier du Larvotto, dont la fontaine Lartigue qui sera réimplantée dans le projet de Renzo Piano. À plusieurs reprises, des bruits ont couru sur la possibilité d’accueillir en Principauté de grandes collections d’art privées en dépôt, notamment celle d’art africain de Jean Pigozzi.

Pensez-vous qu’elle pourrait trouver sa place à Monaco?
La collection Pigozzi est très belle, ce serait formidable pour la Principauté. Nous avons pu d’ailleurs en avoir une mise en bouche avec l’exposition photo que nous avons organisée l’an dernier. Mais là encore, une réflexion est en cours, et rien n’est décidé.

"Monaco est une référence culturelle crédible"

Le rôle de la Principauté ne serait-il pas également de favoriser la création artistique?
Tout à fait. Je réfléchis à des aides que nous pourrions mettre en place pour que les artistes s’expriment et que nous puissions les faire connaître, c’est important. Monaco est une référence culturelle crédible pour le faire pour toutes les formes d’art. Nous engageons d’ailleurs une réflexion sur les dix ateliers d’artistes liés à la salle d’exposition du quai Antoine-Ier. Ils sont actuellement tous occupés pour un an, non renouvelable. Quatre sont pérennes et attribués à Mornar, Botero, Michel Aubéry et Kees Verkade.

En tant qu’élue communale, vous avez porté le projet de la médiathèque. Comment se développe-t-il?
Elle devrait être ouverte à la fin du premier semestre 2024 et je continue à soutenir le projet. Je souhaite aussi développer la lecture publique à Monaco avec des soirées de lecture et des rencontres d’auteurs.

Manque-t-il, selon vous, une forme d’art pour enrichir la Principauté?
L’offre est déjà magnifique. Il faut la poursuivre!

Offre numérique MM+

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