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La rocambolesque histoire d'un tableau de Picasso retrouvé presque dix ans après son vol dans une forêt

La Grèce a annoncé mardi avoir récupéré un tableau cubiste de Picasso, offert personnellement par le maître espagnol au peuple grec et dérobé près de dix ans auparavant avec deux autres oeuvres lors d'un vol audacieux à la Pinacothèque nationale d'Athènes.

AFP Publié le 30/06/2021 à 09:20, mis à jour le 30/06/2021 à 09:21

Le tableau de Pablo Picasso, une "Tête de femme" de 56 sur 40 cm datant de 1939, a été retrouvé dans la région rurale de Keratea, à environ 45 km au Sud-Est d'Athènes, ont annoncé les autorités lors d'une conférence de presse.

Selon la police, un maçon âgé de 49 ans a été arrêté et a avoué être l'auteur des vols remontant à 2012. Il a dit avoir dissimulé les œuvres chez lui avant de les cacher récemment dans l'épaisse végétation d'une vallée locale.

"Aujourd'hui est un jour spécial, de grande joie et d'émotion", s'est réjouie devant les journalistes la ministre grecque de la Culture, Lina Mendoni.

 

Selon elle, la toile aurait été "impossible" à revendre en raison de l'inscription manuscrite de l'artiste mentionnant au revers: "Pour le peuple grec hommage de Picasso".

L'artiste avait offert cette oeuvre en 1949 à la Grèce pour saluer la résistance anti-nazie du pays durant l'occupation de 1941-44.

"Ce tableau revêt une importance et une valeur sentimentale particulières pour le peuple grec, parce qu'il a été personnellement dédié par le grand peintre au peuple grec pour son combat contre les forces fascistes et nazies", a déclaré la ministre.

Un autre tableau dérobé en même temps, un "Moulin" de Piet Mondrian datant de 1905, a également été retrouvé.

Alarmes défectueuses

Dans la nuit du 8 au 9 janvier 2012, les deux œuvres ainsi qu'un dessin sur papier de l'artiste italien Guglielmo Caccia dit Il  (1568-1625), représentant l'extase d'un saint, avaient été retirés de leurs cadres et dérobés en exploitant la surveillance insuffisante du bâtiment, en plein centre d'Athènes.

 

Selon des sources policières citées par l'agence grecque ANA, le suspect a expliqué avoir observé la manière dont la sécurité était assurée à la Pinacothèque d'Athènes, qui abrite la principale collection nationale de peintures.

Le cambriolage avait duré environ sept minutes à peine. Il avait été attribué au départ à deux hommes mais la police a indiqué que le maçon n'avait vraisemblablement aucun complice.

Selon des médias grecs, la police l'a convoqué pour un interrogatoire et il a avoué en montrant l'endroit où il avait caché les œuvres. L'homme aurait assuré être un amateur d'art et n'avoir aucune intention de les vendre.

Le dessin italien, endommagé pendant le vol, a été jeté, selon la télévision publique grecque.

 

Un rapport établi par les autorités avait déterminé que le système de sécurité du musée, installé en 1992, n'avait bénéficié d'aucune amélioration depuis 2000. Le ministre de l'Intérieur de l'époque avait évoqué des protections "inexistantes".

Plusieurs zones du musée étaient hors de portée des caméras de sécurité et les piles des alarmes, absentes ou usées, entraînaient régulièrement le déclenchement intempestif des sonneries, selon le rapport.

En outre, le musée était en sous-effectif lors du vol en raison d'une grève de trois jours du personnel.

La nuit du vol, pour tromper la vigilance du gardien, le voleur avait déclenché l'alarme à plusieurs reprises en jouant avec une porte déverrouillée.

Le gardien avait expliqué à la police avoir pris en chasse un voleur ayant abandonné dans sa fuite une autre oeuvre de Mondrian subtilisée.

Le cambriolage, commis en pleine crise économique du pays, avait été suivi en février 2012 par un vol d'antiquités au musée d'Olympie. Des dizaines d'objets avaient ensuite été retrouvées et sept hommes avaient été condamnés en 2013 à des peines de prison allant jusqu'à sept ans.

 

La Pinacothèque nationale abrite une collection d'art grec post-byzantin ainsi qu'une petite collection d'oeuvres de la Renaissance et des tableaux du Greco. Elle a rouvert en mars après une importante rénovation qui a coûté 59 millions d'euros et a doublé sa capacité.

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