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Honoré Fragonard, le Grassois qui momifiait les cadavres

Mis à jour le 04/03/2019 à 12:04 Publié le 10/03/2019 à 18:00
Que l’on admire ou rejette son approche de l’anatomie, elle provoque toujours une incroyable fascination. Comme avec ce cavalier de l’Apocalypse de 1765 qui représente un homme sur un cheval galopant pour l’éternité.

Que l’on admire ou rejette son approche de l’anatomie, elle provoque toujours une incroyable fascination. Comme avec ce cavalier de l’Apocalypse de 1765 qui représente un homme sur un cheval galopant pour l’éternité. Photo Musée Fragonard, école vétérinaire d'Alfort

Honoré Fragonard, le Grassois qui momifiait les cadavres

Énigmatique génie de l’anatomie du XVIIIe siècle, entre science et art, il est passé à la postérité pour ses « écorchés », véritables cadavres d’humains et d’animaux qu’il mettait en scène pour mieux les étudier.

Dans la famille Fragonard, je demande le cousin Honoré. Lorsqu’on prononce le nom de Fragonard, c’est inévitablement Jean-Honoré Fragonard, peintre des pulpeuses marquises du Siècle des Lumières, qui vient à l’esprit.

Pourtant, très proches, les deux cousins vont quitter leur ville natale et atteindre la notoriété dans leurs domaines respectifs. Et comme le précise l’historien-biographe, Christian Zerry, auteur du livre Les Fragonard de Grasse: "ils étaient artistes chacun dans leur genre. Honoré représentait la laideur alors que Jean-Honoré peignait la beauté"

Honoré naît le 13 juin 1732, rue de la Font-Neuve à Grasse, disparue en 1857 lors de la construction de la place du Marché aux Herbes. Il passe sa jeunesse dans la cité, entouré de ses trois frères et sœurs et de ses cousins dont Jean-Honoré. C’est sans doute l’héritage de sa famille maternelle – branche des Isnard qui compte de nombreux chirurgiens et apothicaires – qui lui fit prendre très tôt la voie chirurgicale.

Une vocation artistique morbide

Après un apprentissage à Grasse auprès d’un maître chirurgien, il obtint son brevet en 1759.

Trois ans plus tard, il est recruté par Claude Bourgelat (1712/1779) écuyer et vétérinaire pour être professeur d’anatomie dans un service vétérinaire à Lyon.

Vers 1776, Honoré monte à Paris et va prendre la direction de la première véritable école vétérinaire qui, installée à Maisons-Alfort, va devenir un modèle pour toutes les écoles du monde. Bien que bon professeur, c’est en se lançant dans la conservation des corps qu’il va devenir l’un des personnages les plus fascinants du XVIIIe siècle.

des "écorchés" observés par les naturalistes

À une époque où l’anatomie en est à ses balbutiements, Honoré, véritable génie de la chirurgie, travaille des pièces anatomiques – animales et humaines – auxquelles il donne des poses très théâtrales pensant qu’en créant des "œuvres d’art", il lui serait plus facile d’enseigner l’anatomie.

Pour ce faire, il en écarte les chairs, les momifie pour mettre à jour veines, organes et tendons colorés de diverses teintes et invente ses propres techniques de conservation qui restent à ce jour inégalées.

Ses pièces étranges qu’il appelle "ses écorchés" sont alors vantées par tous les naturalistes du siècle des Lumières.

Devenu directeur des recherches anatomiques à l’école de Santé de Paris, il y mourut le 5 avril 1799. Si de l’homme nous n’avons aucune image, son nom reste définitivement attaché à l’histoire de l’École nationale vétérinaire d’Alfort autant qu’à la ville de Grasse.

Œuvres d’art, curiosités scientifiques ou compositions macabres, ces écorchés sont le fruit d’un anatomiste visionnaire. Ils sont si célèbres que, de nos jours encore, on vient du monde entier pour les admirer dans le musée Fragonard installé au sein de l’école d’Alfort. Malheureusement, aucune de ses œuvres n’est exposée dans sa ville natale.

Le Cours de Grasse où Fragonard
Le Cours de Grasse où Fragonard Photo Document Ville de Grasse

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