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Fedoroff ou le goût des autres

Mis à jour le 17/11/2016 à 05:08 Publié le 17/11/2016 à 05:08
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Fedoroff ou le goût des autres

L'amateur d'art a passé sa vie à tendre la main à de jeunes artistes qui s'apprêtent à découvrir le feu des enchères à Paris. Artcurial expose certains lots, aujourd'hui, quai Antoine-1er

Cher Michel, ta vie est un roman à la Tolstoï, une vie fulgurante et riche dédiée à la création, aux artistes et à diffuser auprès de cette communauté artistique avec ta faconde des conseils précieux sous la forme de haïkus. Ton adage que tu aimais répéter "Il vaut mieux un peu de beaucoup que beaucoup de rien" résonne toujours comme la philosophie d'une vie d'un réel esthète que tu as été, toujours en quête d'aventures et de nouveautés, toujours à l'écoute des mutations culturelles et technologiques du monde culturel en mouvement. »

La plume amicale et inspirée de Jérôme Sans, critique d'art reconnu et ancien directeur du Palais de Tokyo, se suffit pour portraitiser Michel Fedoroff. La parole d'un ami qui intervient à l'heure d'une brève exposition de la collection Fedoroff, aujourd'hui à la galerie Marlborough de Delphine Pastor (4, quai Antoine-Ier), en prélude d'une vente aux enchères (114 lots) par Artcurial, le 28 novembre à Paris.

« Une révélation »

Décédé à l'été 2014, le résident monégasque et amateur d'art - il ne goûtait point l'étiquette de collectionneur - avait consacré sa vie à lancer et promouvoir de jeunes artistes. Jusqu'à créer une résidence d'artistes sur les collines de Bargemon dans le Var. Un engagement aux frontières du sacerdoce, né à l'aube de l'âge adulte.

Fils d'un émigré russe chauffeur de taxi dans la capitale, Michel Fedoroff fait ses gammes, dès 15 ans, dans une petite entreprise de musique d'ambiance qui deviendra n°1 mondial. En parallèle, il « bricole » des sculptures en bois ou plâtre. Mais plutôt qu'un artiste, il sera un messager. « Du côté de Pontoise, j'ai découvert les plaines de Pissaro et à Auvers-sur-Oise la maison de Van Gogh. Une révélation. Je me suis rendu à Amsterdam et je me suis aperçu que certains artistes meurent pauvres sans pouvoir vivre de leurs œuvres. »

« Engagement total »

« Il avait le goût de la découverte, de se faire surprendre. C'était un engagement total, surtout ces dernières années », estime Martin Guesnet, expert en art contemporain en charge du développement d'Artcurial en Europe.

Un goût pluriel que les experts d'Artcurial ont souhaité retranscrire dans un catalogue décliné en cinq thématiques : l'Ecole de Nice, les nouveaux réalistes, conceptuel et minimal, la scène contemporaine et les photographies. « C'est un cheminement cette collection, c'est ça qui est beau. Aujourd'hui on voit tellement de collectionneurs qui veulent tout acheter tout prêt, tout fini. Toutes ces collections se ressemblent alors que celle-ci s'est faite vraiment avec les premiers pas auprès de galeristes, Jean Ferrero sur Nice, puis après il a évolué vers Catherine Issert (Saint-Paul-de-Vence), et puis Hervé Loevenbruck qui a été déterminant. C'était osé ce qu'il faisait de se confronter à l'avant-garde. C'était un mécène qui a laissé un grand vide »

Au final, une collection aussi homogène qu'éclectique, faisant la part belle aux lauréats du prix Marcel-Duchamp. bref, un regard unique sur l'art.

Mélange des genres

Fedoroff n'hésitera pas à se délester d'œuvres majeures signées de Roy Lichenstein ou Piero Manzoni, pour financer des créations contemporaines telles Mason Massacre, la Ferrari Testarossa en marbre de Dewar et Gicquel ou le Bibendum (voir photo) de Bernard Peinado exposé aujourd'hui à Monaco.

Sur les murs de la galerie s'affichent également les menottes en acier de Kader Attia, les Chiffons japonais de Gérard Deschamps ou encore un ex-voto rouge (Souvenirs) de Claude Gilli.

« M. Fedoroff touche beaucoup de monde. Il était apprécié à Monaco et ça montre qu'Artcurial peut faire d'autres choses », se félicite la directrice d'Artcurial Monaco, Louise Grether.


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