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Ambiance street et pop au salon d'art contemporain Art3f à Monaco

Le salon international Art3f rassemble quelque 150 stands d’artistes et de galeries françaises et européennes. Ambiance résolument pop.

Joelle Deviras Publié le 26/06/2022 à 11:03, mis à jour le 26/06/2022 à 11:20
Jean-François Ottonello

Il semble loin le temps où l’art contemporain était porté par la vague conceptuelle, entre minimalisme et abstraction, dans des colorations qui oscillaient souvent entre la glaise et le noir charbon. C’est comme si la terre brûlée avait cédé la place à toute l’exubérance street and pop.

Personnages de BD et icônes de la mode

Sous le chapiteau de Fontvieille, depuis vendredi et jusqu’à ce soir 19 heures, artistes et galeries sont réunis au Salon international d’art contemporain Art3f. Au total, ce sont quelque 150 stands qui sont installés comme une large palette de la création actuelle. Une palette résolument colorée, où le brillant, l’or, le strass et les logos des marques de luxe flirtent, dans une inspiration prononcée, avec les personnages les plus emblématiques de la bande dessinée et du dessin animé du XXe siècle.

Astérix, Spiderman, Picsou, Tintin, Mickey, le Marsupilami, Homer Simpson, Toto (vous vous rappelez : 0+0 = la tête à Toto, ici revisité par David Ferreira), et même Bécassine… Ils semblent tous s’être donné rendez-vous. Et de côtoyer, comme dans un même élan mêlant à la fois nostalgie et beauté iconique, les images des top models, acteurs et égéries de ce même XXe siècle.

L’inspiration est également portée sur le street art. La tendance est forte de vouloir s’approprier une technique toute aussi colorée et portée par quelques figures emblématiques du genre - Banksy et Basquiat en chefs de file. Dans ce florilège, Keith Haring et Andy Warhol sont souvent convoqués.

 

Après l’introspection, la période serait-elle à l’exubérance? Pour Serge Beninca, organisateur de l’événement, cette troisième édition monégasque s’inscrit dans une montée en gamme. Lui programme dix-huit dates dans l’année à travers la France, ainsi que Luxembourg, Gant, Lausanne et Monaco.

En trois jours, il espère accueillir quelque 17.000 visiteurs et "toucher aussi le public italien". "Le salon sert de pépinière. Il est ouvert à tous ceux qui s’intéressent à la création et veulent se faire plaisir par l’acquisition d’une œuvre dont le prix reste abordable." En moyenne, il faut compter entre 1 000 et 10 000 euros.

Et la garantie de trouver une pièce résolument décorative au milieu des actuels murs blancs.


Savoir +
Art3f, sous le chapiteau de Fontvieille. De 10 à 19 heures. Prix d’entrée : 10 euros.

N. Nathan: "La pop, c’est mon truc"

N. Nathan se coule avec brio dans la tendance actuelle où street et pop art cohabitent tout à loisir. Lui vit de son art depuis quatre ans. Avant, il créait des vêtements. Il travaille à Cap-d’Ail. "Mais pour les grandes pièces, j’ai mon atelier dans le Var".

 

N. Nathan est un artiste résolument tourné vers un optimisme qui flamboie dans un melting-pot de sigles, signes et figures du XXe siècle qui ont bercé son enfance. Des Mickeys, des Picsous, des "$", des boîtes de tomato soap et des Campbell’s Chips en mode Andy Warhol, mais aussi Alfred Hitchcock, les monogrammes de Chanel ou Vuitton… "Je suis encore un enfant, avoue-t-il. La pop, c’est mon truc. Il n’y a pas de limite."

Il y a, sur le stand de N. Nathan, tout ce que le siècle précédent a donné de plus iconique. Tout ceci retravaillé avec un souci du détail et de la précision.

N. Nathan vit et travaille à Cap-d’Ail. J. D..

Les papiers blancs de Véronique Guillou

En contraste immaculé, l’œuvre de la créatrice plasticienne Véronique Guillou, installée aux Pennes Mirabeau (Bouches-du-Rhône) séduit par sa délicatesse. Les tableaux en relief sont composés de tortillons de morceaux de papiers assemblés, entremêlés ou posés côte à côte sur une toile blanche. Les volutes de rubans blancs évoluent dans un carré circonscrit au centre de la toile.

On y voit facilement l’évocation d’un oursin ou d’une anémone de mer décolorée.

Véronique Guillou confirme: "Je peux faire énormément avec le papier. La nature est une source d’inspiration infinie. Ici, pour Monaco, c’est l’univers marin qui est mis en avant."

Le travail est très minutieux comme pourrait l’être celui d’un expert en origami. Le papier n’est pas une lisse page blanche mais il prend corps dans un jeu d’ombres et de lumière qui ne permet aucune bavure. "Selon l’heure du jour, le tableau vit seul."

 

Et le mystère reste entier sur l’art et la manière d’ainsi fixer la feuille sur sa tranche.

L’artiste crée le contraste dans son univers immaculé. J. D..

L’art ingénieux de Pierre Lamblin

Il y a quelque chose du défi dans le travail du Cannois Pierre Lamblin. Les sculptures murales sont composées de plusieurs plans qui, en s’agençant les uns avec les autres, reconstituent une girafe aux lunettes rondes, un requin aux viscères et squelette apparents, un cœur rempli d’"amour" ou une bouche rouge et pulpeuse. Tout est dit et montré sans ambage, de l’apparence aux entrailles.

Ingénieur en informatique avant de vivre de son art depuis cinq ans, Pierre Lamblin semble avoir trouvé l’art de la technique maîtrisée à l’inspiration artistique. Les plans qui composent ses œuvres sont découpés au laser et savamment juxtaposés pour constituer un relief de quelques centimètres. "Il y a ainsi une circulation d’énergie".

En marge de ces impressionnants assemblages, Pierre Lamblin réalise également d’autres tableaux d’un style très différent. L’inspiration n’a pas de limite.

J. D..

Offre numérique MM+

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