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Lancaster : une success story née dans un garage à Monaco il y a 76 ans

Reconnaissable à ses packagings oranges, la marque Lancaster fait figure de référence en matière de protection solaire. Un rayonnement international qui prend racine à Monaco en 1946.

Marie Cardona Publié le 28/06/2022 à 19:03, mis à jour le 28/06/2022 à 16:01
Dans l’usine, 13 lignes de production - plus ou moins automatisées - sont installées pour conditionner les produits avant qu’ils ne viennent garnir les rayons des points de vente. Photo J.-F. O et Loty Lanaster

Depuis 76 ans, la marque Lancaster (propriété du groupe américain Coty depuis 1996) a su se faire sa place sous le soleil.

Reconnaissable entre mille avec son packaging orange et son parfum mythique, elle revient chaque été fleurir les rayons des pharmacies et parapharmacies en même temps que les beaux jours.

Mais saviez-vous que la marque, aujourd’hui vendue jusqu’en Chine, trouve son origine ici même, à Monaco, où elle est encore produite dans son usine de Fontvieille?

1946, le début dans le garage d’une villa

Pour la petite histoire, "les laboratoires ont été fondés en 1946 par Eugène Frezzati et Georges Wurz qui étaient pour l’un chimiste, pour l’autre businessman. Ils ont commencé dans le garage d’une villa située vers le boulevard du Larvotto", retrace Olivier Doucet, vice-président R & D Technology & Innovation du site. Leur projet : concevoir une gamme de produits adaptés à chaque besoin de la peau.

 

Ils lancent, par exemple, la "crème embryonnaire pour la nuit" "qui utilisait des extraits de placenta humain, très riche en facteurs de croissance, à l’époque. Aujourd’hui ce ne serait plus possible évidemment en cosmétique. C’était un peu le précurseur des formules magiques de rajeunissement à l’époque".

Et c’est bien cette réputation de précurseur que l’usine monégasque s’est assurée de conserver depuis toutes ces années, sortant tour à tour des innovations.

"Nous avons lancé notre première gamme solaire complète dans les années 70. En 76, nous avons introduit notre premier brevet avec le rétinol, la molécule star de l’anti-âge en cosmétique. En 93, nous avons été les premiers à introduire l’oxygène pour aider à la régénération de la peau", énumère Olivier Doucet.

Et tant d’autres: complexe réparateur d’ADN (l’iconique serum 365), accélérateur de bronzage, technologie "full light" qui permet de prévenir les effets néfastes de 100% des rayons du soleil (UVA, UVB, lumière visible, lumière infrarouge)…

Jusqu’à la dernière en date, en 2021, avec la gamme Sun Sensitive composée d’un mélange de filtres "ocean friendly", basé sur un brevet. "Aujourd’hui nous considérons que c’est une formule obligatoire pour une protection solaire. Nos gammes Sun sport et Sun beauty ont donc été rénovées pour être ‘‘clean et ocean friendly"", rappelle Karine Julien, R & S Senior Director Product development.

 

Centre d’excellence

Fort de ces 76 ans d’expertise, le site monégasque est devenu centre d’excellence "skin care, sun care et body care" du groupe Coty. "C’est un beau succès local. C’est notre force puisque la marque a toujours gardé ses racines en Principauté. Aujourd’hui la priorité affichée par le nouveau CEO de Coty est de développer et d’investir dans les capacités skincare. Ce qui est un gros plus pour Monaco."

C'est en Principauté que les produits Lancaster sont mis au point, produits et conditionnés. Photo J.-F. O et Loty Lanaster.

De la recherche à la production

La recherche

En face du site de production, l’Athos Palace (rue de la Lüjerneta) abrite l’ensemble des plateformes de la recherche fondamentale menée par le site monégasque. C’est ici que les chercheurs étudient la physiologie de la peau pour mieux la comprendre le vieillissement cutané.

"Nous travaillons in vitro sur des cellules isolées d’abord, puis des épidermes artificiels et des biopsies de peau, résume Cécile Robert, directeur skin science. "Notre rôle va être de chercher des ingrédients qui vont venir contrecarrer les effets de la lumière pour stimuler les gènes."

Ce laboratoire abrite aussi le département recherche sur la protection solaire qui dispose d’un système breveté unique qui cible 100 % du rayon solaire afin de concevoir des formules les plus protectrices possible sur la peau.

"L’ensemble de l’industrie se focalise, à juste titre, sur les UV qui sont très nocifs. Chez Coty, nous considérons que la protection doit aller plus loin que les UV, puisque le rayonnement que vous recevez est composé de 6% d’UV et de 94% de lumière visible, lumière infrarouge, qui ont aussi des impacts sur l’accélération du vieillissement prématuré", rappelle Marc Pissavini, directeur sun and search.

La création

Le site de Fontvieille dispose aussi d’un laboratoire de recherche appliquée. "C’est l’étape où l’on crée le produit à partir des connaissances et des matériaux dont nous disposons", résume Olivier Doucet.

"On assemble le châssis, le corps de la formule, avec toutes les technologies en accord avec le message que l’on veut porter avec ce produit. On va travailler la sensorialité, les attributs, le parfum, la couleur et la bonne adéquation pack-formule", poursuit Karine Julien, R & S Senior Director Product development.

C’est donc ici que sont élaborées les recettes qui seront produites par l’usine. "On travaille sur des produits à horizon 1 ou 2 ans, voire dans 3 ans."

La production

Après la recherche, place à la production. Les ingrédients, méthodiquement stockés, sont pesés et mélangés dans d’immenses cuves. Particularité d’une usine située dans un environnement contraint par l’espace au cœur d’un quartier hyper urbanisé: la zone de conditionnement se trouve à l’étage inférieur. Les préparations sont donc acheminées grâce à la gravité dans de gros conduits reliant les lignes de production juste en dessous.

Le conditionnement

C’est la dernière étape avant que le produit fini puisse rejoindre les rayons des magasins: le conditionnement. Au total, 13 lignes de production sont réparties sur l’ensemble de la zone afin de couler les émulsions préparées en amont dans leurs pots, tubes, sprays et bouteilles avant d’être emballées.

Selon le nombre de lots à réaliser, la chaîne de conditionnement est plus ou moins automatisée. La ligne "403", "la plus productive de l’usine", "peut sortir jusqu’à 120 pièces par minute", confie Jérémie Rameau, plant manager.

Signataire du pacte pour la Transition énergétique

Signataire du pacte pour la Transition énergétique de la MTE (Mission pour la Transition Énergétique) en mars 2021, le site monégasque s’est engagé dans une démarche de réduction de son empreinte carbone.

"Pour cela, nous avons développé trois axes : la mobilité, les déchets et l’énergie", explique Odile Bons, responsable des achats indirects et environnement. Diverses initiatives ont vu le jour. Achat d’énergie verte, mise en place du télétravail, covoiturage… "On a pu baisser notre empreinte carbone de 12%. Depuis janvier 2020, nous sommes en neutralité carbone sur les scopes 1 et 2 (la scope 1 concerne tous les gaz à effet de serre émis directement par l’entreprise: le chauffage dans les locaux, les émissions des véhicules détenus par l’entreprise… La scope 2 regroupe les émissions indirectes et liées à l’énergie: ce sont les émissions créées lors du processus de production., ndlr)"

"L’implantation du télétravail (50% du temps pour ceux qui le peuvent, notamment le personnel administratif) qui a permis de gros gains : 70 tonnes de CO2. Lorsque nous étions à 300 tonnes. C’est quasi un tiers d’émissions en moins grâce au télétravail", poursuit Théo Viseur, stagiaire environnement.

Une dimension caritative

Côté déchets, "nous avons fait un audit et constaté qu’il fallait augmenter nos filières de recyclage, avec l’objectif de 80% de déchets recyclés".

Côté production, les produits ne pouvant plus être vendus sur le marché ont donné lieu à une bonne action.

"Pour éviter leur destruction, nous avons voulu utiliser ces produits dans une démarche caritative. Nous avons ciblé la société ADN, agence du don en nature basée dans le nord de la France, qui alimente 2 000 associations à travers la France. Quand on a une campagne de coffrets qui se termine, par exemple, la surproduction (en accord avec le marketing et les fashion houses) est acheminée sur la plateforme ADN qui les distribue ensuite dans les associations", détaille Odile Bons.

Ainsi en 2021, près de 41 000 produits ont été distribués dans 28 départements français au profit de 57 associations qui les ont ensuite déployés dans des foyers, épiceries solidaires et autres lieux d’accueil de personnes dans le besoin.

Le chiffre

2. C’est en m², la surface que peut atteindre la peau chez un adulte. Pour un poids de 4 kg en moyenne. "C’est l’organe le plus important du corps. Particularité de l’épiderme [la couche superficielle de la peau, ndlr], il peut se régénérer à peu près en 1 mois", détaille Cécile Robert, directeur skin science chez Coty Lancaster.

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