Rubriques




Se connecter à

VIDEO. Un vrai dessin animé: une petite faonne sauvée d’une mort certaine à Nice

Nicea, une femelle chevreuil de 2 mois a été recueillie à la Ferme Bermond. L’animal, sauvage, devrait être euthanasié ou remis en liberté selon la loi, mais le maire de Nice le prend sous sa protection.

Christine Rinaudo Publié le 21/06/2021 à 16:00, mis à jour le 21/06/2021 à 15:58
Ludivine Paillet nourrit la petite faonne au biberon. De jour comme de nuit. L’animal peut continuer à téter en paix, il aura la vie sauve et paisible à la Ferme Bermond de Nice Ouest. Photo Frantz Bouton

Bambi-Nicea ne sera pas tuée. La petite faonne, une chevrette d’à peine 2 mois, a eu la vie sauve, hier. Ainsi en a décidé le maire de Nice, qui a demandé officiellement au préfet, la grâce du bébé cervidé, recueilli à la ferme pédagogique Bermond, du quartier des Moulins. Sans cette intervention, pour laquelle Brigitte Bardot et Henry-Jean Servat, conseiller municipal délégué à la protection animale, sont montés au créneau, la bête serait certainement morte. Euthanasiée ou remise en liberté dans un milieu hostile et forcément fatal, comme l’exige pourtant la loi concernant les animaux sauvages.

Comme dans le dessin animé

L’histoire de cette chevrette, c’est quasiment celle de Bambi. Comme dans le dessin animé de Walt Disney, ça commence mal. Un bébé chevreuil d’une quinzaine de jours récupéré par un couple de la région niçoise. Qui entend des détonations, des bruits furtifs dans son jardin avant de découvrir l’animal d’environ quinze jours, dénutri, déshydraté, ayant perdu le réflexe de succion. Où est passée la mère? Mystère. Reste la petite bête, à la robe caramel mouchetée de blanc, qui malgré son aspect frêle et attendrissant, appartient à la faune sauvage. "Donc, sans existence légale et chassable", explique Henry-Jean Servat. La placer? Où? "Il faudrait un centre d’accueil pour la faune sauvage, or, il n’y en a pas ici." Que faire alors? Légalement, soit la remettre en liberté pour qu’elle serve d’appât, soit l’amener chez un vétérinaire afin d’y être euthanasiée.

Acte spontané d’assistance

À la Ferme Bermond, association dirigée par Stéphane Gastaud, président et sa compagne, Ludivine Paillet, trésorière, on aime les bêtes. Il y en a une centaine. Volatiles de basse-cour, chiens, lapins... Pas question de laisser la faonne à son triste sort. Le couple et les bénévoles la prennent, lui construisent un enclos sécurisé, l’allaitent au biberon. "Un acte spontané d’assistance et de complicité avec cette jeune bête, non validé par la préfecture qui n’a pas souhaité régulariser la situation", commente le maire.

 

Trois marraines

Car Christian Estrosi est venu hier. Avec son épouse Laura et sa fillette Bianca, dont le second prénom est... Nicea. Mère et fille seront marraines de la faonne. Au même titre que Brigitte Bardot. Trois marraines, trois bonnes fées. Car la vie de la chevrette est désormais sauvegardée, depuis l’annonce publique de Christian Estrosi: "Nous plaçons dès aujourd’hui cet animal sous la protection de la Ville de Nice!"

La Ferme Bermond, c’est quoi ?

Une propriété discrète et simple, située 4 boulevard Paul-Montel, derrière l’école des Moulins. À l’abri des regards. Mais ouverte à tous les coeurs. C’est la Ferme Bermond, créée en 2017 sous forme associative par Stéphane Gastaud. Un univers hors du temps, préservé, sur 1.600m2 de potager, verdure, centre de compostage, poulailler...

« Il s’agit d’une ferme pédagogique avec un jardin collectif. Elle comprend 130 adhérents et gère plus de 3.000 places de scolaires par an dans le cadre de la politique de la Ville de Nice », explique le responsable.

Lauréate du trophée Environnement en 2019, cette ferme fonctionne grâce à un modeste budget de 13.500 euros, dont 5.000 euros en contrat de ville. Les adhésions y sont gratuites. Il suffit d’offrir deux après-midi par mois de travaux (jardinage, rénovation, animaux à soigner...) et d’acheter des paniers de légumes ou d’œufs. Un deal nature et humain pour cet immense chantier d’insertion à ciel ouvert, où affluent les écoliers, émerveillés par la centaine d’animaux de ferme et de basse-cour.

La ferme travaille non seulement avec les écoles, mais également avec les services vétérinaires. C’est pour son engagement en faveur de l’environnement et de la protection animale, que le couple ayant recueilli Nicea, a choisi la Ferme Bermond afin de mettre la faonne en sécurité absolue.

La jeune protégée, cajolée par Laura Tenoudji-Estrosi, sa fille Bianca, Christian Estrosi et toute l’équipe de la Ferme Bermond. Photo Frantz Bouton.

Bientôt un centre pour animaux sauvages à Nice

Vouloir mettre la faonne sous la protection de la Ville de Nice ne suffit pas. Il faut que l’intendance suive. D’où la requête de Christian Estrosi : « Je formule solennellement la demande auprès de Monsieur le Préfet, seule autorité habilitée, de délivrer un certificat de capacité et une autorisation d’ouverture d’établissement provisoire à la Ferme Bermond. »

Dans quel but ? Imaginer une structure de transition vers une solution durable : « Accueillir l’animal jusqu’à son sevrage (fin septembre au minimum) puis la remettre aux gestionnaires d’un parc détenteur de toutes les habilitations nécessaires. »
Le passage au milieu des humains ne sera-t-il pas préjudiciable au petit cervidé ? Réponse du maire de Nice : « Nicea sera très imprégnée après ce bref passage à la Ferme Bermond, ce qui ne lui fera pas craindre la présence humaine, mais nous redoutons qu’un lâcher dans la nature lui soit fatal. »

Au parc Phoenix

Voilà pourquoi cette histoire qui se termine en happy ending ne restera pas à un cas unique. « Je veux aller plus loin, conclut en effet Christian Estrosi, et faire de Nice la capitale européenne du bien-être animal. Nous voulons créer un précédent à Nice pour ne plus euthanasier ou relâcher les animaux abandonnés en les livrant à une mort certaine. Pour l’avenir, nous mettrons en place un centre de soin pour la faune sauvage à Nice, au parc Phoenix ».

Nicea reprend des forces à la Ferme Bermond. Photo Frantz Bouton.

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.