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PHOTOS. Comment un loup du parc Alpha réapparaît dans la Roya, après avoir disparu des radars

Mis à jour le 04/12/2020 à 20:03 Publié le 04/12/2020 à 15:40
Le mâle Alpha de la meute de loups du Canada s'est approché très près du piège photographique.

Le mâle Alpha de la meute de loups du Canada s'est approché très près du piège photographique. Photo Rémy Masseglia

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PHOTOS. Comment un loup du parc Alpha réapparaît dans la Roya, après avoir disparu des radars

Plus de deux mois après la destruction du parc Alpha par la tempête Alex, au nord de Saint-Martin-Vésubie, les loups fugitifs continuent d’étonner et de se jouer de leurs poursuivants. Une partie a été capturée et envoyée au Sanctuaire des loups, un foyer spécialisé dans les Deux-Sèvres.

Mais cinq manquent encore à l’appel, selon l’Office français de la biodiversité (OFB), les services de l’État en charge de leur capture: quatre loups du Canada et une louve arctique.

L’OFB estime aujourd’hui que deux d’entre eux sont probablement décédés, dont au moins un, soupçonné d'avoir été abattu par l'homme.

Mais les autres continuent de vadrouiller. Parfois loin, à la grande surprise des observateurs.

Passé par l'Italie, peut-être chassé par d'autres loups

C’est notamment le cas du mâle alpha de la meute de loups du Canada. Après avoir disparu des radars pendant plusieurs semaines, Khan a pointé le bout de son museau dans la vallée de la Roya.

Les photos ne laissent aucune place au doute. Ce qui veut dire qu’il serait passé en Italie, avant de redescendre en France, alors que ces animaux élevés en captivité devraient avoir tendance à rester près de leurs anciens enclos.

"Sur ces secteurs, il y a déjà des loups gris européens, réfléchit Eric Hansen, directeur régional de l’OFB. Ce sont des animaux territoriaux. Il a peut-être été pourchassé".

"Etonnant pour cet animal"

Khan avait disparu des radars depuis plusieurs semaines.
Khan avait disparu des radars depuis plusieurs semaines. Photo DR

Les services de l’État ont retrouvé sa trace grâce au travail de Rémy Masséglia, naturaliste et documentariste basé à Breil-sur-Roya, reconnu pour son expertise.

Il planche notamment depuis trois ans à la réalisation d’un film à paraître en fin d’année. "Il a passé des cols à plus de 2.000 mètres dans des conditions de fin novembre, s’épate-t-il. C’est étonnant pour un animal qui aurait dû rester à proximité de là où il vivait".

L’information est partie d’une rumeur sur les réseaux sociaux. Appuyé par son "réseau d’informateurs", Rémy s’est mis alors à pister l’animal. Sur les secteurs où Khan a été aperçu, son limier vient flairer les lieux.

Des arêtes de poisson dans les crottes

Rémy Masséglia piste les loups avec sa fille. Ils ont commencé par trouver des empreintes de Khan.
Rémy Masséglia piste les loups avec sa fille. Ils ont commencé par trouver des empreintes de Khan. Photo Rémy Masseglia

"On cherche des traces, pour établir une dynamique de déplacement. Le loup ne part pas dans tous les sens comme le chien, pour chercher sa nourriture. Il a des déplacements linéaires. On peut anticiper où il va arriver".

En plus des empreintes, le naturaliste trouve des arêtes dans les crottes de Khan. "Il se nourrit de pas mal de poisson. Il doit récupérer des truites mortes sur les berges".

Finalement, la rencontre a eu lieu mardi. Khan est revenu là où il était attendu par un des pièges photo de Rémy, mais aussi par l’équipe de l’OFB, qui doit le "flécher" (un tir pour l’endormir).

"La réalité dépasse la légende"

Tir loupé. Les agents reste sur le terrain. "C’est une bataille contre la montre qui commence, estime le naturaliste. Ce loup est encore inadapté, mais il prend des réflexes sauvages rapidement. Il a un peu maigri, il a atteint le poids normal d’un loup du Canada. Il n’est absolument pas dangereux pour l’homme, il ne se laisse pas approcher, comme un loup normal. On le voit encore traverser les villages et les routes, parce que c’est plus facile pour lui, mais il ne sort quasiment plus de jour. Bientôt, il trouvera des zones de couchages dans les zones boisées denses".

Pourquoi, alors, le capturer ? "Pour moi, il pourrait rester ici. Mais il vaut mieux éviter d’en rajouter à la polémique. Depuis les années 1990, il y a des rumeurs complètement infondées de loups noirs relâchés dans la vallée. Là, c’est un peu la réalité qui dépasse la légende".

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