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Mieux diagnostiquer pour mieux soigner les tortues marines

Le parc Marineland, qui a créé il y a quelques années son centre de réhabilitation de la faune sauvage au Cap d’Antibes, était le théâtre d’un colloque très spécifique dédié aux vétérinaires et personnels des centres de soin pour tortues marines de Métropole et d’Outre-mer, ce week-end.

Jérémy Tomatis Publié le 23/11/2021 à 16:27, mis à jour le 23/11/2021 à 16:34
Après une matinée où les professionnels ont échangé autour d’une vraie tortue du parc marin, le docteur Estelle Rousselet a ensuite opté pour une tortue marine en plastique. (Photo Eric Ottino)

Le but était de former ces derniers aux bons réflexes lorsqu’ils sont confrontés à un animal échoué et/ou blessé par un filet de pêche ou encore par un bateau. L’idée étant d’aborder, de manière théorique et pratique, la détection de l’ensemble des problématiques qui en découlent.

Sans oublier que, comme le rappelle Françoise Claro, cheffe de projet faune sauvage au sein du Muséum national d’histoire naturelle: "Nous soignons des reptiles. Et on ne soigne pas un reptile comme on soigne un chien, un chat ou un cheval. Il y a des spécificités qu’il fallait que l’on expose. Et puis comme ce sont des espèces protégées car menacées, il y a aussi une réglementation qui fait que l’on n’a pas le droit d’intervenir sans autorisation des services de l’environnement."

Pathologies sous-jacentes

Aux manettes de cette formation qui se penche aussi bien sur les soins médicaux que chirurgicaux, Estelle Rousselet, vétérinaire spécialisée dans la médecine zoologique et aquatique. "Nous mutualisons nos protocoles afin de soigner la tortue. Et, potentiellement, la relâcher. Mais un protocole, ce n’est pas une recette de cuisine. Il faut bien comprendre tous les tenants et les aboutissants. Il y a une réflexion derrière qui se met en place."

 

Analyser les différentes étapes qu’il va falloir observer pour une prise en charge adaptée de l’animal est donc la clé. "L’autre problématique, c’est que la tortue peut être très faible car porteuse de pathologies sous-jacentes. Le but va donc être de jouer au détective et d’essayer de déceler quelle est cette pathologie. Comment on s’y prend pour la déceler et comment on y répond."

Pour ce faire, réaliser les bons prélèvements est essentiel. La formatrice poursuit: "Le but n’est pas d’être invasif pour être invasif mais d’être ciblé dans les prélèvements des différents échantillons nécessaires. Il faut que tout ce que l’on fait ait un sens dans le but d’aider l’animal."

Est-ce en écho à la proposition de loi contre la maltraitance animale récemment adoptée (le 18 novembre dernier) par l’Assemblée Nationale, visant entre autres à interdire la captivité des cétacés d’ici à 5 ans? Toujours est-il que les professionnels rappellent que les structures comme Marineland, qui maintiennent ces animaux en captivité, sont fondamentales dans la recherche de ces compétences spécifiques.

"C’est grâce aux travaux réalisés dans ces structures que l’on va ensuite pouvoir aider la faune sauvage en milieu naturel."

Offre numérique MM+

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