Le cirque Muller a-t-il le droit d'avoir des animaux sauvages alors qu'une loi est passée?

La rédaction Publié le 28/10/2022 à 13:02, mis à jour le 28/10/2022 à 12:08
L'hippopotame Jumbo, dans son bassin, au cirque Muller installé sur un terrain privé à Trans-en-Provence, le 27 octobre. Photo Philippe Arnassan

Question de Jasmine

Le cirque Muller a-t-il le droit d'avoir des animaux sauvages alors qu'une loi est passée?

Bonjour Jasmine, 

Vous faites sûrement référence à Jumbo, l'hippopotame du cirque Muller, dont une vidéo prise à Trans-en-Provence fait polémique depuis plusieurs jours. 

Publiée sur Instagram par l'association One Voice Animal, cette vidéo montre Jumbo frappant la paroi de la benne piscine dans laquelle il est placé plusieurs heures par jour.

"Il est dans un état de souffrance terrible, il pèse trois tonnes au lieu de deux, ses articulations sont fragilisées, on le force à monter dans la piscine sachant que la rampe est trop pentue, ça lui fait peur", a indiqué la présidente de l'association Muriel Arnal.

"Jumbo frappe ses dents pour soulager sa douleur, les canines et incisives d’un hippopotame s’allongent durant toute la vie, elles peuvent atteindre jusqu’à 50cm. Dans son milieu naturel, il tape sur les troncs d’arbres", a réagi John Muller, responsable animalier du cirque éponyme.

 

Les cirques ont-ils le droit d'avoir des animaux sauvages? Oui... et non. 

Loi applicable dans plusieurs années

Une loi est bien passée, il y a presque un an. Il s'agit de la loi n°2021-1539 du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes.

Le texte stipule qu'il est "interdit d'acquérir, de commercialiser et de faire se reproduire des animaux appartenant aux espèces non domestiques [dont l'hippopotame] en vue de les présenter au public dans des établissements itinérants". Cette interdiction doit entrer en vigueur "à l'expiration d'un délai de deux ans", donc en novembre 2023. 

La détention, le transport et les spectacles incluant des animaux non-domestiques seront interdits dans un délai de sept ans, soit en novembre 2028. 

 

Des "solutions d'accueil" pour les animaux visés, garantissant "des conditions assurant leur bien-être", seront proposées aux propriétaires. 

À noter que les animaux domestiques, qui ne sont pas concernés par ces interdictions, incluent notamment les chiens, chats, chevaux, porcs, dromadaires, chameaux et lamas.

La logique est la même pour les delphinariums. Les "spectacles incluant une participation de spécimens de cétacés et les contacts directs entre les cétacés et le public" seront interdits en novembre 2026, tout comme la détention et la reproduction en captivité sauf dans le cadre de programmes scientifiques. 

Bonne journée

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