"Ils risquent la collision"... Un drone pose 230 balises sur une ligne électrique pour protéger les oiseaux dans le Mercantour

Une ligne électrique située dans le Mercantour a été identifiée comme dangereuse pour six espèces d’oiseaux. Le dossier est devenu prioritaire avec l’arrivée du gypaète barbu.

Antoine Louchez Publié le 25/05/2021 à 18:22, mis à jour le 25/05/2021 à 18:36
L’installation d’un couple de gypaète barbu sur le secteur a accéléré le processus. Antoine Louchez / NICE MATIN

Entraunes. La source du Var, le coeur du Mercantour, le col de la Cayolle, les montagnes, la nature protégée. Et la ligne électrique aérienne de six kilomètres pour relier le hameau d’Estenc. Non pas qu’elle soit dangereuse pour les bipèdes, mais certains oiseaux, eux, risquent la collision.

C’est en tout cas ce qu’ont conclu Enedis, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et le parc national du Mercantour. Pour y remédier, une opération de pose de balise a eu lieu jeudi, avec l’aide d’un drone.

Percutés ou electrocutés

Le tétras-lyre (ici un mâle) fait partie des six espèces menacées par le manque de visibilité de la ligne. (Photo Parc national du Mercantour) Antoine Louchez.

Il n’y a pas qu’ici que les lignes sont dangereuses pour les oiseaux. C’est un souci universel connu depuis longtemps des amoureux de l’avifaune. "Il y a deux risques, expose Amine Flitti, directeur de la LPO PACA. Soit l’électrocution: l’oiseau se pose et s’électrocute. Ou bien les oiseaux peuvent percuter la ligne. À cause des conditions (comme le brouillard), ou parce qu’elle se confond avec la végétation. Sachant que beaucoup d’oiseaux volent de nuit."

Depuis 2012, l’association est en partenariat avec l’industriel. "La LPO identifie les zones à risque, détaille Amine Flitti. On cartographie régulièrement, pour établir les zones les plus mortifères. Ensuite, Enedis peut planifier leur neutralisation".

Le gypaète a fait basculer le dossier

Des hiboux grand duc ont déjà été victimes de la ligne. (Photo NM) NICE MATIN.

Cette ligne proche du cœur du Mercantour, difficilement accessible pour l’homme, a été identifiée. Mais un invité surprise a mis le dossier sur le dessus de la pile. "C’est un espace protégé et récemment, le cinquième couple de gypaète barbu du parc s’est installé sur le secteur, poursuit Clémentine Dentz, responsable territoriale haut Var et Cians pour le parc national. On a un niveau d’enjeu qui a augmenté depuis 2018."

Pour cet animal protégé, objet d’un programme de réintroduction, il s’agit d’un "principe de précaution". Mais il y a déjà eu des victimes. "On a eu des cas de rapaces noctures retrouvées morts au pied de la ligne, notamment le grand duc d’Europe", raconte l’agent du Mercantour.

Six espèces identifiées au total

Des balises rouges ont été installées par drone. (DR)

L’étude de la LPO établit un risque pour six espèces: le gypaète barbu, le grand duc d’Europe, le tétras-lyre, le pic noir, la perdrix bartavelle et le circaète Jean-le-Blanc.

Comme à chaque fois qu’un secteur à risque est identifié, différentes solutions ont été envisagées. L’enfouissement, le plus efficace mais aussi complexe et couteux, n’étant pas envisageable ici, Enedis a opté pour la pose de balises rouges tous les quinze mètres, pour rendre la ligne visible. Pas en hélicoptère, comme cela se fait parfois, mais en drone. Une deuxième opération aura lieu en octobre. Au total, 230 balises doivent être installées.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.