Rubriques




Se connecter à

Eté réussi, nouvelle meute, reprise du chantier... On fait le point sur le parc des loups un an après la tempête Alex

Le parc emblématique du Boréon a fermé ses portes pour des travaux, après un été réussi, malgré les circonstances et une nouvelle formule. Les loups, arrivés en juillet, se sont bien acclimatés.

Stéphanie Gasiglia Publié le 03/10/2021 à 16:03, mis à jour le 03/10/2021 à 16:36
video
Le parc Alpha est en travaux et espère rouvrir "le plus rapidement possible". Photos Jean-François Ottonello

Quelques pelleteuses qui creusent délicatement la terre détrempée, et des hommes qui s’affairent sur des clôtures. Le parc Alpha est en travaux. Jusqu’à quand ? « On espère pouvoir rouvrir le plus vite possible », répond Roger Bianchi, le directeur d’exploitation de la régie du Boréon. Les ouvriers installent une « clôture périphérique » qui entoure la totalité du parc. Et travaillent sur un enclos qui « n’a pas été touché, mais on devait déjà le refaire avant la tempête », sourit le directeur d’exploitation, qui mesure le chemin parcouru depuis Alex, heureux. D’autant plus heureux qu’une nouvelle meute doit venir poser ses poils : « Lorsque les bourses d’échange se remettent à jour au 1er janvier, on verra combien et quand, mais ce sera encore des loups européens », dit-il.

Un vieux mâle de 14 ans

Après avoir accueilli quelque 15 000 visiteurs cet été, le parc se prépare pour recevoir de nouveaux pensionnaires, l’an prochain.

Depuis la mi-juillet, le parc accueille déjà cinq loups de cette race. Deux mâles et trois femelles qui proviennent d’une meute qui, en Normandie, était bien trop importante pour s’épanouir. « Quatorze loups, c’était trop, ça a permis de les soulager », assure Roger Bianchi. « Nos deux mâles seront bientôt opérés, puisque l’on n’a plus le droit à la reproduction ». Le « vieux » Alpha a 14 ans - alors que « dans la nature, l’espérance de vie est de huit ans ». Les autres ont 3, 4 et 7 ans. Tout en haut du domaine, ils vivent dans l’enclos Piagu.

« Cet été, le parc a bien fonctionné dans sa nouvelle formule. On ne faisait rentrer les gens que par groupe d’une trentaine de personnes pour une heure et demie, deux heures. Une visite pédagogique, avec des ateliers, de l’histoire. Et la nouvelle meute s’est montrée très facilement, très sereine », se réjouit Roger. Bilan : 15 000 visiteurs cet été [contre 40 000 un été normal, Ndlr], « une prouesse, dans cette configuration. Tous les créneaux étaient pleins ».

La locomotive touristique de la Vésubie a voulu, et veut encore, s’adapter. « Après la tempête, on a reçu des dizaines de photos de gens qui croyaient avoir vu l’un de nos loups. C’étaient des chiens, on a même eu une photo de renard ! Alors, on a eu l’idée d’un atelier “entre chien et loup” pour expliquer aux gens comment les reconnaître », détaille Roger Bianchi. Une réflexion sur le devenir de ce type de parc qui était en cours, mais que la tempête a précipitée.

 

Deux n’ont jamais été retrouvés

Un mal pour un bien ? Bien sûr que non… « Les dégâts sont encore si présents. » Et la peine, aussi. « On a perdu nos loups et ça c’est terrible, pour tous. Pour les soigneurs, ça a été une épreuve », souffle le directeur. Certains sont morts, avec certitude. Deux n’ont jamais été retrouvés. Les loups vivants et capturés sont toujours dans un refuge dans les Deux-Sèvres. « Ils ont déjà vécu un gros traumatisme, on ne les fera pas revenir, ce serait trop perturbant pour eux », grince celui qui connaît le parc sur le bout du cœur. Et qui regarde la nature autour. « Nous avons une crainte pour l’avenir, pour la faune et la flore : les cases devenues vides. À moyen ou long terme, une espèce invasive peut venir s’y implanter. Nous verrons », conclut-il.

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.