Et si vous aidiez les scientifiques à protéger le spéléomante, cet amphibien qu’on ne trouve que dans notre région

Jusqu'au 30 novembre et dans le cadre des "Opérations Curieux de Nature", la Métropole Nice Côte d’Azur propose aux habitants d’aider à recenser cette espèce rare, menacée et protégée.

Sandrine Beigas Publié le 21/11/2022 à 17:58, mis à jour le 22/11/2022 à 09:42
À première vue, il peut faire penser à une petite salamandre. Mais son petit nom à lui, c’est le spéléomante de Strinati. Photo S. Sant/INPN/Opérations Curieux de Nature

À première vue, il peut faire penser à une petite salamandre. Mais son petit nom à lui, c’est le spéléomante de Strinati (aussi appelé spélerpès de Strinati). Il mesure entre 8 et 13 cm, sa peau est lisse et luisante, son dos brun-noir avec des marques irrégulières jaunâtre, vert-jaune, cuivré ou brun pâle. Ses petites pattes sont accompagnées de doigts palmés. Il a de grands yeux globuleux et une tête légèrement aplatie.

Pour se nourrir, il chasse et capture ses proies (araignées, larves d’insectes, etc.) grâce à sa langue protactile (comme celle des caméléons). Mais vous ne le verrez pas faire facilement car il est très discret. De plus, il vit la nuit et est actif au printemps et à l’automne quand les êtres humains préfèrent se calfeutrer, c’est-à-dire lors d’épisodes de pluie, brouillard ou bruine. Il recherche des lieux avec un taux d’humidité supérieur à 75 % et apprécie quand la température est comprise entre 1° et 19°C.

Quand elle pond, la femelle spéléomante reste autour de ses œufs (de 6 à 14) pour les protéger et elle peut transporter les nouveau-nés sur son dos.

Où vit-il ?

C’est une espèce endémique de l’extrême Sud-Est de la France et de la région Ligure en Italie. Son aire de répartition n’est pas connue avec précision, d’où l’intérêt de cette opération de recensement, même si on sait que le parc naturel des Préalpes d’Azur abrite une partie de la population.

 

Pour vivre, il a simplement besoin de fissures où il peut se cacher et qui ont un fort taux d’humidité, comme les cavités, les parois rocheuses, les éboulis rocheux, les pierriers, les gabions, ou encore les vieilles restanques...

Pour vivre, il a simplement besoin de fissures où il peut se cacher et qui ont un fort taux d’humidité. Photo CC BY 3.0.

De quoi est-il menacé?

Des nombreux travaux d’aménagement comme la rénovation ou la consolidation de murs, ou encore la sécurisation de parois rocheuses. Sans le savoir, en colmatant un mur, on peut le piéger.

S’il n’est pas possible d’éviter les sites où l’espèce est présente lors de la construction d’un mur, le parc des Préalpes d’Azur* conseille de prévoir la création d’espaces interstitiels de 2 à 4 cm sans colmatage entre les pierres au sein de la fondation du mur (voir photo ci-dessous).

S’il s’agit d’une restauration de joints, il est préconisé de laisser des espaces de 2-3 cm entre les pierres sur certaines parties du mur. Et enfin, le parc recommande de laisser le maximum de végétation sur le mur.

Les créations de nouvelles routes ou de pistes forestières peuvent aussi les détruire.

 
Exemple de mur avec des espaces entre les pierres. Photo Istock.

Comment l’observer?

Jusqu’au 30 novembre, vous pouvez tenter d’observer le spéléomante à la nuit tombée, principalement dans des caves, des grottes, sur les falaises mais surtout dans les murets en pierres sèches.

La vidéo ci-dessous vous explique comment utiliser l’application "INPN Espèces" dédiée sur votre mobile.

Si l'animal que vous avez observé est bien un spéléomante, vos données envoyées seront validées par les experts et vous aurez aidé la science à en apprendre plus sur cette espèce. 


*Les conseils sont extraits du cahier technique rédigé dans le cadre du projet "Améliorer la connaissance du patrimoine naturel - Inventaires de biodiversité". Un travail mené par le groupement TINEETUDE Ingénierie/Burotika/Laurent BOUVIN. 

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