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"Dégueulasse", "des assassins", "ras le bol"... Vague d’indignation après la mort d’une chevrette

Retrouvé accidenté par une famille au Bar-sur-Loup, l’animal pris en charge par les pompiers et le lieutenant de louveterie a dû être abattu par ce dernier. Vive émotion sur les réseaux sociaux.

M. R Publié le 22/11/2021 à 17:30, mis à jour le 22/11/2021 à 17:15
Le cervidé, apparemment une chevrette, a été abattu par le louvetier après avoir, vraisemblablement, été percuté par une véhicule. DR

C’est dégueulasse », "des assassins", "ras le bol"

Et on vous passe les noms d’oiseaux qui ont été échangés au sujet de cette histoire, partagée sur les réseaux sociaux. Les événements se sont déroulés au Bar-sur-Loup. Deux couples d’amis avec enfants, se rendant à une soirée, sont tombés nez à nez avec ce qu’ils pensent être une biche en bord de route, chemin de l’Escure. L’animal, immobile, se laisse approcher et même caresser. Un comportement qui laisse imaginer une situation anormale.

"Elle ne bougeait pas, racontent Marc et Flora, présents sur place. Elle ne présentait pas de signe de blessure extérieur et ne semblait pas à l’agonie. Mais on voyait bien que ça n’allait pas. Nous avons appelé les pompiers, en précisant bien que nous ne voulions pas voir débarquer un chasseur."

"Les enfants ont paniqué"

Lors de l’arrivée des pompiers, ces derniers ont pu examiner l’animal qui s’avère être une chevrette, la femelle du chevreuil. Ils confirment qu’elle est accidentée, probablement à la suite d’un choc avec un véhicule. "L’un des pompiers nous a indiqué qu’ils allaient l’emmener chez un vétérinaire. Un autre nous a dit qu’ils allaient la relâcher dans la Sarée. Ils n’étaient pas d’accord, mais on s’est dit que la chevrette était entre de bonnes mains."

 

Les couples d’amis reprennent leur route vers le parking. Alors qu’ils s’apprêtent à rejoindre leur soirée, une fourgonnette blanche se gare tout près d’eux. Un individu en sort avec une lumière frontale et un fusil en main qu’il se met à charger.

"Nous avions déjà vu cette personne et sa fourgonnette, reprennent Marc et Flora. Il s’était arrêté un peu plus tôt près des pompiers. Ces derniers lui ont dit qu’il pouvait circuler, qu’ils avaient assez de bras comme ça. Quand nous l’avons vu plus tard sortir de son fourgon, fusil en main, les enfants ont paniqué. Nous sommes allés à sa rencontre."

"Des erreurs dans la procédure"

Mais l’échange a pris une tournure plus agressive, au point que les "découvreurs" décident d’appeler les forces de l’ordre. C’est à ce moment que les pompiers, rencontrés précédemment, arrivent sur place avec l’animal. En apprenant que l’homme dans le fourgon blanc est le lieutenant de louveterie, Marc, Flora et leurs amis comprennent la situation.

"Ils se sont donné rendez-vous pour en finir avec l’animal, assènent-ils. Le louvetier, qui ne s’est pas annoncé et n’avait pas d’uniforme, a chargé son fusil avant même d’ausculter l’animal. Et nous étions tout proches des habitations. Nous nous sommes expliqués avec les gendarmes qui ont estimé que nous prenions à partie les pompiers. Ils nous ont dit que le louvetier était assermenté par le préfet, mais ils ont reconnu qu’il y avait eu des erreurs dans la procédure. Ils nous ont ensuite demandé de partir. On sait ensuite que l’animal a été abattu. Ils ne lui ont laissé aucune chance. Tout ça a été fait bizarrement."

Une plainte a été déposée contre le lieutenant de louveterie et le couple a alerté les associations de défense des animaux.

"Il ne pouvait y avoir d’autre issue"

Contacté par nos soins, le lieutenant de louveterie s’est refusé à tout commentaire sur cette affaire.

 

La préfecture, elle, s’est contentée d’expliquer qu’ "il existe une convention entre les pompiers et les lieutenants de louvetiers concernant ces interventions sur animaux blessés. Le bon réflexe est bien d’appeler les pompiers en présence d’un animal blessé notamment par accident de la circulation. Les pompiers récupèrent l’animal sur la voie publique et le louvetier, appelé par ces derniers, établi un diagnostic de l’état de l’animal afin de mettre fin à ses souffrances, le cas échéant. Dans le cas d’espèce, le lieutenant de louveterie s’est fait agresser, par les personnes qui se plaignent, pendant l’exercice de sa mission qu’il a réalisé normalement. Cette version des faits est corroborée par les pompiers qui étaient aussi sur les lieux."

Sur les propos affirmant que le louvetier a chargé son arme avant d’ausculter l’animal, la préfecture n’a pas apporté d’élément de réponse. Une source proche des événements affirme que lors de l’expertise sanitaire réalisée sur place, le cervidé souffrait d’une grave atteinte à la colonne vertébrale. "Il ne pouvait y avoir d’autre issue que celle de mettre fin aux souffrances de l’animal", nous rapporte-t-elle.

Que faire?

Alors que faire lorsqu’on se trouve dans le cas de figure décrit plus haut?

"Surtout, ne pas les toucher, avertit Hélène Bovalis. L’odeur humaine s’imprègne très vite. Résultat: ils ne sont plus acceptés dans leur troupeau, soit ils n’ont plus peur de l’homme et deviennent ainsi plus vulnérables. Si on doit les manipuler, c’est avec des gants ou une couverture. Les premières choses à faire sont de réchauffer et d’hydrater, en faisant attention aux oiseaux qui ne boivent pas comme nous. Ensuite, il faut faire appel à un professionnel. Soit le vétérinaire du SDIS, soit l’Office Français de la Biodiversité [OFB]."

Bientôt, le centre de soin de la faune sauvage de Saint-Cézaire-sur-Siagne disposera d’un standard téléphonique 24h/24 pour donner les bons conseils. Un guide des bonnes pratiques sera également édité.

Alors que faire lorsqu’on se trouve dans le cas de figure décrit plus haut? "Surtout, ne pas les toucher, avertit Hélène Bovalis. L’odeur humaine s’imprègne très vite. Résultat: ils ne sont plus acceptés dans leur troupeau, soit ils n’ont plus peur de l’homme et deviennent ainsi plus vulnérables. Si on doit les manipuler, c’est avec des gants ou une couverture. Les premières choses à faire sont de réchauffer et d’hydrater, en faisant attention aux oiseaux qui ne boivent pas comme nous. Ensuite, il faut faire appel à un professionnel. Soit le vétérinaire du SDIS, soit l’Office Français de la Biodiversité [OFB]." Bientôt, le centre de soin de la faune sauvage de Saint-Cézaire-sur-Siagne disposera d’un standard téléphonique 24h/24 pour donner les bons conseils. Un guide des bonnes pratiques sera également édité.

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