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Un pont de l'arrière-pays menace de s'effondrer, la circulation interdite aux poids lourds et aux bus

Mis à jour le 28/08/2018 à 09:33 Publié le 28/08/2018 à 09:23
Ce mardi matin, des ingénieurs seront au chevet du pont pour mesurer les incidences réelles du passage de poids lourds, à l'aide de témoins.

Ce mardi matin, des ingénieurs seront au chevet du pont pour mesurer les incidences réelles du passage de poids lourds, à l'aide de témoins. Photo Murielle Prigent

Un pont de l'arrière-pays menace de s'effondrer, la circulation interdite aux poids lourds et aux bus

Douze jours avant la tragédie de Gênes, l'ouvrage a subitement été interdit aux poids lourds pour sa dangerosité. Ces restrictions pénalisent le commerce, dans une vallée en souffrance.

Route de Casterino, dans la vallée de la Roya, un pont d'une quarantaine de mètres menace-t-il de s'écrouler? La situation est en tout cas prise très au sérieux depuis début août - soit avant la tragédie de Gênes - par le service des routes du Département. Le jugeant potentiellement dangereux, le passage des véhicules de plus de 7,5 tonnes y a été interdit.

Une mesure mal relayée? Le 7 août dernier, une trentaine de gamins venus de Nice pensait venir passer une journée de rêve à "Accro des Merveilles", le site d'accrobranche de Casterino. Mais ce jour-là, devant le pont, le service des routes du Département a fait faire demi-tour à leur bus. Sage décision a posteriori, à la lumière du drame de Gênes, survenu sept jours plus tard exactement.

Pertes financières

Personne, dans le village, ne remet en cause les mesures prises. Mais beaucoup fustigent le manque de communication. "Nous avons découvert la situation le 2 août par un panneau de restriction, sans savoir de quoi il s'agissait réellement, confie Florent Sassi, co-gérant du site d'accrobranche avec Rémi Buvat. Je ne mesurais pas ce que représentaient 7,5 tonnes. En fait, les bus ne peuvent pas passer. Depuis, j'ai perdu plusieurs groupes et près de 5.000 euros."

À l'hôtel des Mélèzes, même déconvenue. "Il y a deux semaines, 44 personnes ont annulé la veille pour le lendemain à cause du pont. On s'est retrouvés avec toute la nourriture sur les bras", soupire Elodie Boulanger, qui travaille aux côtés de ses parents. L'hôtel estime ses pertes à 30%.

Au village, on affirme que le passage intensif d'énormes engins travaillant sur le chantier EDF de vidange du lac des Mesches pourrait avoir contribué à accélérer la fragilisation de l'édifice. "Après la révélation des fissures, et avant ces grands travaux, il aurait fallu consolider l'ouvrage."

"Un énième problème pour notre vallée"

Une thèse réfutée par les services techniques du Département (lire par ailleurs). "Heureusement pour notre activité, le maire de Tende a alerté la Communauté d'agglomération de la Riviera française", souligne Florent Sassi de "Accro des Merveilles".

La Carf confirme: "Nous avons mis en place un système de navettes gratuites à la demande, avec des petits bus qui prennent le relais au niveau de la gare de Saint-Dalmas-de-Tende."

Le maire de Tende, Jean-Pierre Vassalo, s'insurge. "C'est un énième problème pour notre vallée. Entre les contrôles anti migrants, les interminables travaux italiens sur le tunnel d'Airole, et le scandale du chantier arrêté du tunnel de Tende, nous sommes totalement asphyxiés."

Inquiétudes sur la stabilité de l’ouvrage

Cet ouvrage de 37,90 mètres enjambe la Bieugne. Un torrent d’apparence paisible, mais que certains qualifient de "scélérat", pour les dégâts qu’il a déjà causés lors de crues.

Difficile de remettre la main sur sa date de construction. Au service des routes du Département, on a simplement trace de travaux de confortement en... 1950.

"L’ouvrage était depuis plusieurs années sous surveillance en raison de fissures, mais n’était pas sur la liste des 21 ponts en “3U”", explique Marc Javal, directeur général adjoint des services techniques du Département. “3U” pour le classement de “1” à “3” des ouvrages d’art nécessitant un entretien plus ou moins urgent, sur les 918 entretenus par le Département. “U” indique des travaux à effectuer.

"Les expertises que nous menons actuellement sur ce pont nous conduiront, ou pas, à le classer en “3U”", note Marc Javal.

La fragilisation accélérée serait le fait d’une grosse fuite d’eau qui s’est déclarée début août dans une culée du pont. La “culée” est la partie située sur la rive, destinée à supporter le poids du tablier.

"Nous nous sommes inquiétés pour sa stabilité et avons préféré prendre une mesure préventive de restriction de circulation", indique Marc Javal. Un cabinet d’études de Toulouse a depuis été missionné.  Un ingénieur d’ouvrages d’art sera présent ce matin sur le site.

Après la pose de témoins, le service des routes fera passer un camion de fort tonnage pour mesurer les incidences en temps réel.

"Après, deux possibilités. Soit les mesures sont bonnes et on peut relever la limite de poids, soit on conserve la mesure préventive. La décision sera prise rapidement", souligne Marc Javal.

Les travaux, eux, seront indispensables.


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