Nathalie et Alain Antognelli, deux Monégasques passionnés de nature et de rencontres, sont allés passer l’hiver dernier dans le village de Nuussuaq, accueillis par les Inuits
Des centaines voire des milliers de photos. Des heures d'enregistrement vidéo. Nathalie et Alain Antognelli sont revenus d'une expédition de 16 mois au Groenland avec des tas de documents à montrer et surtout d'idées et de souvenirs à partager. Le couple monégasque n'en est pas à son coup d'essai, c'est un habitué des aventures. Il y a vingt ans, c'est l'Afrique Australe qui le passionnait, cette fois son intérêt se porte sur la banquise.
«Nous voulions y aller tant qu'il est encore temps. Ce projet a débuté en 2009 parce que c'était une année charnière pour le Groenland qui devenait quasi indépendante et parce que beaucoup de choses allaient changer dans ce pays : du point de vue économique mais aussi climatique. Il devenait urgent d'immortaliser par l'image quelque chose qui n'existera bientôt plus. L'objectif était de collecter des témoignages tout au long de notre route… sur 4 300 km. Nous voulions nous confronter aux problématiques sur le terrain. L'immersion était donc nécessaire pour comprendre la région. »
Arrivés sans prévenir
Alain et Nathalie ont arpenté le Groenland avec leur matériel et leur kayak. «Le challenge était de quitter le Sud du Groenland pour rejoindre avant l'hiver un village de 200 habitants, Nuussuaq, qui a son mode d'existence propre. »
Sciemment, les deux aventuriers n'avaient pas prévenu de leur arrivée. «Nous voulions voir comment ça allait se passer.» Finalement très bien. La population les a accueillis à bras ouverts.
Vie sociale très développée
« La solidarité et le partage sont très importants pour eux,commente Alain.Ils nous ont hébergés pendant 10 jours, jusqu'à ce qu'on trouve une maison où passer l'hiver. La vie sociale est hyper riche. Chaque événement, chaque anniversaire se fête. Tout est prétexte à une rencontre. »
Si les villageois de Nuussuaq vivent de la pêche au flétan, ils sont à la base des chasseurs, d'ours notamment. Seulement avec la mise en place des quotas, ils ont dû modifier leur manière de vivre.
Alain et Nathalie Antognelli ont ensuite traversé la baie de Melville en attelage pour rejoindre Savissivik, 45 habitants. « C'est le bout du monde, il n'y a personne à 300 km à la ronde !» Eux, chassent le Narval en kayak et avec des harpons. « Il est très étonnant de voir une société dans laquelle se côtoient des outils ancestraux et des technologies modernes. Un i-Phone et un harpon… Maintenant, la majorité de nos amis habitent à l'autre bout du monde. Nous y retournerons donc bientôt ! »





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