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mardi 02 septembre 2014

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Publié le  - 1
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L'animateur-acteur-présentateur-réalisateur signe pour Canal Plus son premier film politique avec "Yann Piat, Chronique d'un assassinat. Etonnant? Pas tant que ça...

Après son biopic de Coluche, Antoine de Caunes s'est intéressé à la trajectoire météorique de Yann Piat, député FN, puis UDF, du Var, assassinée par des voyous à Hyères en 1994, pour un téléfilm que Canal Plus diffuse depuis lundi (1). On s'étonne d'un tel choix de sujet de la part de l'animateur-acteur-présentateur-réalisateur plus connu pour son éclectisme et son humour que pour son intérêt pour les affaires politiques. L'ex-comparse de José Garcia dans Nulle Part Ailleurss'en explique dans l'interview qu'il nous a accordée…

Pourquoi vous être intéressé à l'affaire Piat ?

C'est plutôt elle qui s'est intéressée à moi ! Quand la productrice Nora Melhli est venue me voir avec le scénario, j'ai été aussi très étonné. Elle m'a expliqué qu'elle avait eu l'idée de s'adresser à moi après avoir vu mon « Coluche ». J'ai compris ensuite que l'histoire de Yann Piat était éloignée des clichés que j'en avais. Il s'agissait de raconter un destin de femme hors norme. J'ai lu tout ce qui a été écrit sur Yann Piat et j'ai découvert un personnage et une histoire auxquels je ne m'attendais absolument pas. Tellement éloignés de ce que je croyais en savoir que, tout d'un coup, ça m'a passionné.

Que connaissiez-vous de l'affaire Yann Piat ?

En 1994, son assassinat fut pour moi une nouvelle parmi d'autres. Je pensais que c'était un simple règlement de comptes entre la pègre locale et le Front national, dans une région connue pour la capillarité qu'il peut y avoir entre les milieux d'affaires et le milieu tout court. J'ai découvert, avec le scénario, un personnage romanesque, avec un déterminisme familial très fort et un destin qui la poursuit et auquel elle ne se dérobe pas. Ça n'en fait pas un personnage héroïque pour autant, bien qu'on l'ait baptisée « Yann D'arc ». L'idée n'était ni d'en faire une hagiographie, ni une réhabilitation…

Votre film dresse d'elle un portrait plutôt flatteur…

J'ai passé six semaines à Hyères et j'ai rencontré beaucoup de monde. Elle a laissé un souvenir très vif et elle bénéficie d'un vrai respect. La mort a toujours tendance à embellir le souvenir, mais c'était, je crois, une femme populaire dans le bon sens du terme, ce qui ne l'empêchait pas d'être populiste aussi. Elle était proche des gens et on l'aimait pour cela. C'est d'ailleurs parce qu'elle était capable d'emporter la mairie d'Hyères qu'elle a été supprimée…

Sur les motifs de son assassinat, justement, vous vous en êtes tenu à la thèse officielle…

J'étais contraint par la chose jugée. Mais je pense que le téléspectateur est suffisamment intelligent pour se poser lui-même les questions que la loi m'interdit de soulever. Quand je montre que Pasqua refuse de la recevoir, alors qu'elle est menacée, ça ouvre tout de même matière à réflexion…

Comment s'est passé le tournage ?

J'adorerais pouvoir dire que j'ai été menacé, ou raconter des trucs croustillants sur le tournage, mais non. On a eu les autorisations qu'on voulait, l'aval de la famille, l'appui de la Ville d'Hyères et la bienveillance de ce qui subsiste du milieu de l'époque. Même les actuels propriétaires de sa maison ont poussé l'amabilité jusqu'à nous laisser tourner dedans. C'était important, pour moi, de m'approcher au plus près des vrais décors. Les Hyérois ont, je crois, été touchés qu'on s'intéresse à cette histoire qui a laissé des traces…

L'affaire vous paraît-elle avoir encore des résonances actuelles ?

Hélas, oui ! L'affaire Guérini, à Marseille, recèle apparemment les mêmes ingrédients. Ce qui est toujours actuel, aussi, c'est le traitement des femmes en politique et cette question éternelle : qu'est-ce que ça coûte de conserver son intégrité en politique ?

Le choix de Karin Viard pour jouer Yann Piat s'est-il imposé ?

Dès le début. Pour moi, il n'y avait pas d'autre actrice possible. Karin est très ancrée dans le réel, très présente en tant que femme, et à la fois fragile. Ce qui était le cas de Yann Piat : fonceuse, mais petite fille blessée qui ne s'est jamais remise de l'abandon par sa mère.

La mémoire de votre père est-elle toujours présente dans ce que vous faites ?

Il faudrait que je m'allonge sur le divan pour vous répondre ! (Rires) J'ai un grand respect pour la mémoire de mes parents. Ils m'ont élevé dans le goût de l'anticonformisme, le refus de l'esprit de sérieux, et j'en suis très fier. Mon père était un homme qui dansait avec la vie. Il y avait quelque chose d'aérien chez lui. Je ne fais pas consciemment des choses par souci d'héritage, mais je pense qu'il serait heureux de voir la liberté de mouvement que j'ai aujourd'hui.

Qu'avez-vous pensé du palmarès des César, dont vous êtes le présentateur attitré ?

C'est un palmarès qui, pour une fois, reflétait le goût du public et celui des gens de cinéma, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. J'étais ravi pour Omar et pour The Artist,qui est un film absolument épatant. J'ai seulement regretté que Polisseet surtoutL'Exercice de l'Étatne soient pas plus récompensés. C'était, en tout cas, une belle année pour le cinéma français.

Comment le fan de rock que vous êtes a-t-il réagi à l'annonce de la possible reformation des Beatles avec les enfants de chacun des Fab Four ?

Même Philip K. Dick n'aurait pas osé imaginer un truc pareil ! Ce serait vraiment une abomination que ces « Bébés Beatles ». Les enfants, faudrait pas que ça grandisse ! (Rires)

1. Rediffusions mardi 24 avril à 16 h 25, jeudi 26 avril à 23 h 40, samedi 28 avril à 9 h 50 et à 20 h 50 sur Canal Plus décalé.


Repères

1er décembre 1953 : naissance à Paris, fils de Georges de Caunes (journaliste TV) et de Jacqueline Joubert (présentatrice et productrice).

1978-1981 : crée et anime l'émission musicale Chorus (Antenne 2).

1982-1987 : anime Houba Houbaet Rapido dans Les Enfants du rock (Antenne 2).

1987 : premier rôle au cinéma dans Pentimento (Tonie Marshall).

1987-1995 : coprésente avec Philippe Gildas Nulle Part Ailleurs.

1996-1999-2010-2011 : présente les César.

1999 : nommé au César du meilleur acteur pour L'homme est une femme comme les autres (J.-J. Zilbermann).

2001 : réalise son premier film (Les Morsures de l'aube).

2002 : Monsieur N.

2006 : Désaccord parfait.

2008 : Coluche, l'histoire d'un mec.

2012 : Yann Piat, chronique d'un assassinat (Canal Plus).

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Vos derniers commentaires
22/04/2012 à 20h35

les theses qu'elle defendait ne sont pas si romantique que ça

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