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Contre le cancer, il vaut mieux combiner les traitements

Mis à jour le 17/02/2017 à 16:48 Publié le 17/02/2017 à 16:49
Pas de molécule miracle, mais une association de traitements avec des modes d'action distincts : cette approche est aujourd'hui envisagée comme la plus prometteuse.

Pas de molécule miracle, mais une association de traitements avec des modes d'action distincts : cette approche est aujourd'hui envisagée comme la plus prometteuse. Photo Sébastien Botella

Contre le cancer, il vaut mieux combiner les traitements

Traitements Thérapies ciblées, immunothérapies… c'est en combinant ces molécules que l'on pourra espérer venir à bout du cancer, selon le Pr Guigay, directeur du Centre Antoine-Lacassagne.

"Depuis dix ans, on a accompli des progrès incontestables dans la lutte contre le cancer, aussi bien dans le champ de la chirurgie que de celui de la radiothérapie ou encore des traitements médicamenteux; souvent, la prise en charge des patients atteints de cancer associe ces trois piliers."

Le Pr Joël Guigay, oncologue et directeur du Centre de lutte contre le cancer de Nice est résolument optimiste. À elles seules, la chirurgie et la radiothérapie parviennent aujourd'hui à guérir environ 60% des cancers.

Les traitements médicaux, qui complètent l'arsenal, font eux aussi leur révolution, au bénéfice de la qualité de vie des patients. "Ils sont beaucoup moins toxiques que les anciennes chimiothérapies, précise le Pr Guigay. Ces dernières étaient souvent émétisantes [responsables de nausées et/ou des vomissements, ndlr], difficiles à supporter, elles nécessitaient plusieurs jours d'hospitalisation, ce qui accroissait le risque infectieux."

Des doses réduites, des traitements hebdomadaires plutôt que quotidiens, de nouvelles molécules mieux tolérées... permettent désormais que la plupart des prises en charge se déroulent en ambulatoire.

Pas un, mais des cancers

"On a par ailleurs, pour plusieurs cancers, bénéficié du développement de thérapies dites ciblées (par opposition aux chimiothérapies), délivrées soit par voie intraveineuse (pour les anticorps comme le trastuzumab ou le cetuximab), soit pour la plupart par voie orale (pour les inhibiteurs de tyrosine kinase), beaucoup moins toxiques au niveau hématologique, et mieux tolérées."

L'apparition de ces médicaments "personnalisés" a accompagné la fin d'un dogme. "Il n'y a pas UN mais DES cancers. Cela a été vérifié pour le poumon, le sein, le cancer colorectal et aujourd'hui, cela devient de plus en plus une règle générale."

Les tumeurs se distingueraient par la présence d'anomalies spécifiques, à la genèse même de leur développement. "Grâce à la généralisation de la caractérisation des tumeurs, on s'oriente de plus en plus vers un traitement "à la carte" pour chaque patient et chaque tumeur."

Il reste que, pour l'heure, ces thérapies ciblées sont essentiellement utilisées en cas de rechute, ou de découverte de la tumeur à un stade avancé. "Une question est en suspens: pourquoi ne pas utiliser ces molécules aux stades précoces? Personnellement je crois en l'intérêt curatif de cette approche, mais il devra être prouvé en réalisant systématiquement une analyse moléculaire des tumeurs."

Autre révolution en marche: l'immunothérapie. Son principe: s'appuyer sur les défenses naturelles pour détruire les cellules cancéreuses.

"Il n'y a pas un jour sans que des patients nous demandent s'ils ne peuvent pas en bénéficier". Beaucoup d'espoirs se nourrissent en effet de ses promesses que les médias ont largement relayées.

Sans tempérer les enthousiasmes, le Pr Guigay appelle à la prudence. "Si ces traitements innovants ont apporté la preuve de leur efficacité dans certaines tumeurs (du poumon et de la peau en particulier...), ils n'agissent pas sur tous les cancers. Et pour un même type de tumeur, les résultats peuvent être spectaculaires chez certains patients, inexistants chez d'autres, voire les mettre en danger. Pour progresser, il faut que l'on comprenne pourquoi."

Vers la fin de la chimiothérapie?

Ces avancées annoncent-elles la fin de la chimio, dont les effets secondaires tant redoutés, sont justement liés à son défaut de précision? Selon le Pr Guigay, il s'agit là d'une vraie question, mais la réponse doit être nuancée. "Cela fait longtemps qu'on l'espère. La chimiothérapie s'attaque en effet à toutes les cellules en division, saines ou cancéreuses, d'où toutes les complications. Mais la chimiothérapie continue de sauver des malades; le meilleur exemple est celui du cancer des testicules, pour lequel on ne dispose pas de thérapies ciblées, mais qui parvient à être guéri dans la grande majorité des cas grâce à la chimiothérapie."

Selon le spécialiste, l'avenir thérapeutique du cancer repose sur les traitements combinés. "Les associations immunothérapie thérapie ciblée, ou chimiothérapie, sont aujourd'hui testées sur de nombreux organes, avec une amélioration nette de l'efficacité."

Une manière d'encercler un ennemi, aux identités si multiples.

Le le Pr Guigay, directeur du Centre Antoine-Lacassagne, à Nice.
Le le Pr Guigay, directeur du Centre Antoine-Lacassagne, à Nice. Photo N. C

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