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Il volait les dons des fidèles à la cathédrale de Monaco, il est trahi par des billets piégés

Mis à jour le 13/10/2017 à 19:23 Publié le 13/10/2017 à 19:23
Le curé de la paroisse: "Pour le seul mois d’août dernier, j’ai comptabilisé 40.000 € environ et il m’arrive de trouver des billets de 500 € dans le tronc de la cathédrale."

Le curé de la paroisse: "Pour le seul mois d’août dernier, j’ai comptabilisé 40.000 € environ et il m’arrive de trouver des billets de 500 € dans le tronc de la cathédrale." Photo Michaël Alesi

Il volait les dons des fidèles à la cathédrale de Monaco, il est trahi par des billets piégés

C’est un drôle de sacristain qui vient de comparaître devant le tribunal correctionnel de Monaco. Ce serviteur dévot de la cathédrale semble faire peu cas des dix commandements! Plus particulièrement celui qui enjoint: "Tu ne voleras point".

En mars 2016, le filou s’est fait surprendre par le curé en train de s’affairer autour d’un tronc destiné aux aumônes pour les âmes du Purgatoire. Le religieux, gardien des deniers du culte, soupçonneux à la suite de multiples ponctions d’argent inexpliquées au cours des quêtes précédentes et dans les boîtes destinées aux offrandes, porte plainte auprès de la Sûreté publique.

Un dispositif est aussitôt mis en place par les policiers afin de piéger le profiteur: les inspecteurs déposent des billets de banque enduits de révélateur. Quelques jours plus tard, le sacristain concussionnaire est repéré avec des traces rouges sur ses doigts. Démasqué et confondu, il est placé en garde à vue.

Certes, avec un Dieu miséricordieux, il n’ira pas brûler dans les flammes éternelles de l’Enfer. Mais il écopera tout de même d’une peine de cinq mois d’emprisonnement avec sursis et au versement d’une somme de 1.000 € pour l’Église.

"Il y avait beaucoup d’argent dans les troncs…"

À l’audience, à la demande du président Jérôme Fougeras-Lavergnolle, le prévenu, aujourd’hui retraité, reconnaît les faits et quelque 3.000 € dérobés. Employé à la cathédrale à partir de 2004, combien a-t-il véritablement soutiré des fonds sacerdotaux? On ne le saura jamais. "Il y avait beaucoup d’argent dans les troncs, reconnaît-il. J’ai fait une erreur! J’ai cédé à la facilité. J’avais besoin de financer le mariage de mon fils. Depuis cette affaire, j’ai été licencié…"

Le magistrat poursuit à son tour: "L’analyse de vos comptes bancaires démontre qu’il y avait des dépôts d’espèces importants à partir de mai 2014."

Le prévenu acquiesce: "Effectivement, j’ai commencé à prélever de l’argent à partir de cette date et j’ai effectué des retraits à hauteur de 3.000 € en totalité…"

"il m’arrive de trouver des billets de 500€"

Pour percevoir tous les sons de cloche, le président interroge le plaignant sur le fonctionnement de la collecte: "Jusqu’en septembre 2015, commente le prêtre responsable de la paroisse, le préposé avait la condition de relever les troncs. Depuis mon arrivée, il y a deux ans, j’effectue personnellement cette mission financière délicate. Pensez, pour le seul mois d’août dernier, j’ai comptabilisé 40.000 € environ et il m’arrive de trouver des billets de 500 €. Ces sommes sont aussitôt mises sur le compte bancaire de notre église… 

"je l’absous"

Le président, étonné, demande au prévenu: "Pourquoi aviez-vous jugé utile de garder les clés? Dans le but de voler?"

En réponse: "Non! J’ai gardé un double du trousseau parce que personne ne m’a demandé de le rendre…" Le magistrat s’enquiert alors de la volonté du curé de pardonner le délit et de se constituer, ou pas, partie civile.

"À titre personnel, je l’absous, assure ce bon pasteur des âmes. Mais il doit être sanctionné au regard de la société civile. Je réclame la somme de 1.000 €. Car cet homme a volé l’État et l’argent pris manquera au budget de fonctionnement de la cathédrale."

145.000 € collectés en 2015, 136.000 € en 2016

D’ailleurs, il ressort de l’enquête, aux fins de comparaison pour tenter d’estimer le montant du vol, que les sommes collectées en 2015 et 2016 dans ce seul édifice dédié à Notre-Dame-Immaculée, représentent respectivement 145.000 € et 136.000 €. Mais on ignore le montant exact qui aura été volé…

Au cours de son réquisitoire, le procureur Alexia Brianti évoquera "une suite d’opérations entreprises de manière organisée grâce au double des clés. Le prévenu avait donc bien réfléchi à son modus operandi. Je demande une peine sévère de quatre mois d’emprisonnement assortis du sursis, le régime de la liberté d’épreuve pendant trois ans et l’obligation d’indemniser la victime."

Le tribunal préférera alourdir la peine avec sursis et approuvera la somme demandée par la partie civile.


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