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Quand Pierre Bergé évoquait la mort à Monaco

Mis à jour le 08/09/2017 à 12:57 Publié le 08/09/2017 à 11:52
Pierre Bergé.

Pierre Bergé. Photo AFP

Quand Pierre Bergé évoquait la mort à Monaco

Farouche militant des Droits de l’Homme et bibliophile de renom, Pierre Bergé nous avait confié défendre l’euthanasie, en 2015, en marge de la vente aux enchères de sa bibliothèque.

"Quelle est la décision la plus grave pour chacun d’entre nous? C’est qu’un jour on va mourir. Une fois que la décision la plus grave est acceptée, sinon provoquée – je dis ça car je suis un farouche partisan de l’euthanasie–, quand on accepte ça, le reste ce n’est pas grand-chose. Ce ne sont jamais que des livres et des tableaux."

>> LIRE AUSSI. L'homme d'affaires Pierre Bergé, ancien compagnon d'Yves Saint Laurent, est mort

Ce 11 juillet 2015, dans les salons de l’Hôtel Métropole de Monaco, bien qu’affaibli, Pierre Bergé avait tenu à assister au vernissage de l’exposition de quelques unes de ses plus belles lettres ou romans. Des reliques de Flaubert, Cendrars, Montaigne, Pascal… s’apprêtant, comme 1.600 autres manuscrits, à trouver nouvel acquéreur aux enchères.

"Contre tout ce dont on souffre aujourd’hui"

"Ma bibliothèque est une espèce d’autoportrait", avouait alors l’homme de d’Yves Saint Laurent, tout en confiant que deux livres resteraient sur sa table de chevet jusqu’au bout. Un livre de Giono "avec dedans des lettres de Giono et de sa femme (…) Un très bel exemplaire, extrêmement personnel." Et un Cocteau "avec une très jolie dédicace".

L’homme de lettres avait aussi formulé un long plaidoyer sur les bienfaits de la lecture à tout âge. "Contre l’ignorance, surtout. Contre l’obscurantisme, surtout. Contre tout ce dont on souffre aujourd’hui."

"Peut-être que j’en ferais une dizaine d’adieux"

Alors qu’il dispersait "sans nostalgie" sa bibliothèque, Pierre Berge nous avait assuré, non sans humour, qu’il ne fallait pas y voir des adieux de sa part. "Je n’ai pas dit que ce sont mes adieux… Peut-être que comme Mistinguette, j’en ferais une dizaine, d’adieux ! (rires) Je ne le vis pas comme ça. Je le vis comme quelqu’un qui va avoir 85 ans en novembre (2015) et le sait", s’épanchait celui qui exposait alors "comme celui veut vivre".

Pierre Bergé nous avait aussi glissé à l’oreille qu’il comptait "prendre du champ avec Paris et la France" et "construire un musée Yves Saint Laurent à Marrakech". Musée dont celui qui aimait se lever chaque matin avec les senteurs du jardin de Majorelle ne verra malheureusement pas l’inauguration prévue le 19 octobre prochain.

Ce fameux 11 juillet 2015, Pierre Bergé n’avait guère pu poser sa plume face à l’enthousiasme de ses invités, tous demandeurs d’autographes. Il n’en avait refusé aucun, au contraire du fauteuil que ses associés lui tendait régulièrement en l’invitant à se reposer. Légèrement adossé à un mur du salon de l’Hôtel Métropole, Pierre Bergé avait préféré rester debout. Digne.


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