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Condamné à 15 ans de prison en Russie pour pédophilie, un diplomate revient en France après 14 mois de clandestinité

Mis à jour le 10/11/2017 à 17:04 Publié le 10/11/2017 à 16:47
Yoann Barbereau lors de sa conférence de presse ce vendredi.

Yoann Barbereau lors de sa conférence de presse ce vendredi. AFP

Condamné à 15 ans de prison en Russie pour pédophilie, un diplomate revient en France après 14 mois de clandestinité

Parti d'Irkoutsk en Sibérie le 11 septembre 2016, Yoann Barbereau, ancien directeur de l'Alliance française en fuite après avoir été condamné par la justice russe, a rejoint jeudi soir sa ville de Nantes, après un périple rocambolesque de 8.000 km et 14 mois de clandestinité.

"J'ai risqué ma vie ces derniers jours (...) pour ma liberté, pour mon honneur". Arrivé en France ce jeudi, Yoann Barbereau peut souffler.

Ce diplomate français a été accueilli jeudi à Nantes par ses proches après 14 mois de cavale. "Depuis trois ans je vivais dans un tout autre monde, dans une toutE autre réalité. Voilà, c'est le retour dans le réel."

Arrêté par la police russe le 11 février 2015 à Irkoutsk, où il dirigeait l'Alliance française, il avait été emprisonné pendant 71 jours avant d'être interné en hôpital psychiatrique puis assigné à résidence avec bracelet électronique et interdiction de communiquer avec l'extérieur.

La justice russe lui reproche la production et diffusion d'une photo et vidéo pédopornographique et des actes à caractère sexuel sur sa propre fille Héloïse (alors âgée de 5 ans), des accusations qu'il a toujours démenties.

Avant même sa condamnation à 15 ans de camp à régime sévère, il avait pris la décision de prendre la fuite, estimant que son procès était pipé. Le dimanche 11 septembre 2016, il enveloppe son bracelet électronique de papier aluminium, place son téléphone portable dans un car. Puis disparaît, sans laisser de traces.

Quelques jours plus tard, le fugitif poste un message sur Facebook, daté d'Oulan-Bator en Mongolie, dans lequel il cite le cardinal de Retz, qui en 1654 s'était échappé du château de Nantes.

Mais la Mongolie n'était qu'un leurre. Yoann Barbereau était caché "depuis un peu plus d'un an" à l'ambassade de France à Moscou, a-t-il déclaré jeudi soir sur France 2, confirmant des informations de presse.

"J'ai pris la décision ces derniers jours de partir de l'ambassade et par mes propres moyens de franchir la frontière de manière illégale", a-t-il expliqué. "Passer une frontière ne se fait pas comme ça. C'est vrai que ces derniers mois j'ai étudié des cartes satellites, je me suis préparé, j'étais équipé, j'ai eu des complicités."

Soulagé mais combatif

"Soulagé" d'être rentré en France, le fugitif a néanmoins vivement critiqué le traitement de son affaire par les autorités françaises. "C'est une faillite diplomatique assez visible", a-t-il lancé, parlant d'"incompétence majeure" et "d'impuissance" du Quai d'Orsay. "On voit qu'il y a quand même une domination extrême de la Russie dans la relation bilatérale. C'était inimaginable il y a cinq ans qu'un agent du ministère des affaires étrangères soit attaqué de cette manière avec cette outrecuidance", a-t-il encore critiqué.

Dans l'après-midi, le ministère des affaires étrangères avait réfuté toute inertie, soulignant avoir "régulièrement évoqué sa situation avec les autorités russes" et informé son entourage des actions entreprises. "Nous observons toujours la plus grande discrétion pour protéger au mieux les droits de nos compatriotes en difficulté à l'étranger", a ajouté le ministère.

M. Barbereau, aujourd'hui bloqué en France, a demandé à ce que toutes les charges contre lui "soient effacées". "Je demande à être jugé en France", a-t-il dit. "Je suis pour qu'un magistrat français mette le nez dedans".


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