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Attentat au couteau à Paris: l'ami de l'assaillant mis en examen, deux femmes arrêtées

Mis à jour le 18/05/2018 à 06:50 Publié le 18/05/2018 à 06:49
Des policiers après l'attaque au couteau à Paris.

Des policiers après l'attaque au couteau à Paris. Photo AFP

Attentat au couteau à Paris: l'ami de l'assaillant mis en examen, deux femmes arrêtées

L'enquête sur l'attaque jihadiste au couteau perpétrée samedi soir à Paris s'est accélérée jeudi avec la mise en examen et l'incarcération d'un ami de l'assaillant, et les interpellations de deux femmes dans leur entourage.

Armé d'un couteau de cuisine, l'auteur de l'attaque, Khamzat Azimov, un Français d'origine tchétchène suivi pour radicalisation, a tué un passant de 29 ans et blessé cinq autres personnes dans le quartier de l'Opéra, avant d'être abattu par les forces de l'ordre.

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué l'attentat.

En Détention provisoire

Après quatre jours de garde à vue, un de ses amis, Abdul Hakim A., un Franco-Russe de 20 ans arrêté dimanche à Strasbourg, a été présenté jeudi à un juge d'instruction qui l'a mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes d'atteintes aux personnes", selon une source judiciaire.

Comme l'avait requis le parquet de Paris, il a été placé en détention provisoire. Le jeune homme, qui était suivi pour radicalisation islamiste depuis 2016, est un très proche de l'auteur de l'attaque, dont la famille a vécu plusieurs années à Strasbourg.

Tous deux n'avaient pas d'antécédents judiciaires. "Les enquêteurs cherchent à savoir s'il a pu influencer dans sa quête jihadiste Khamzat Azimov, voire avoir eu connaissance du projet de ce dernier", a indiqué une source proche de l'enquête.

Abdul Hakim A. a contesté "une quelconque participation" ou "implication" dans la préparation ou la commission de l'attentat ainsi que "tout lien récent" avec son ami, a souligné le procureur de Paris François Molins, lors d'une conférence de presse.

Deux femmes interpellées

Le procureur a également annoncé l'interpellation jeudi à Paris de deux jeunes femmes "proches" de Abdul Hakim A. et de Khamzat Azimov, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte notamment pour assassinat et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste.

L'une d'elles, Inès Hamza, est une jeune Francilienne radicalisée qui s'était mariée religieusement avec Abdul Hakim avant de tenter de partir en Syrie, a appris l'AFP de sources concordantes.

L'autre femme est une de ses amies, selon une source proche de l'enquête.

En janvier 2017, Inès Hamza avait été mise en examen pour association de malfaiteurs à visée terroriste et libérée sous contrôle judiciaire dans une instruction à Paris où trois autres femmes sont impliquées, selon des sources proche de l'enquête.

7 téléphones saisis lors de la perquisition

Lors d'une perquisition au domicile d'Abdul Hakim A., sept téléphones ont été saisis mais le portable qu'il utilisait le plus souvent demeure introuvable.

Il a affirmé aux enquêteurs l'avoir perdu le matin même de son arrestation mais des investigations ont permis de déterminer qu'il avait envoyé à sa soeur, le soir de l'attentat, sur l'application de messagerie instantanée WhatsApp, "un chant jihadiste, souvent repris par l'Etat islamique", a précisé le procureur de Paris.

Les enquêteurs avaient également placé en garde à vue dimanche les parents de Khamzat Azimov mais ceux-ci ont été remis en liberté mardi.

"Profil simple"

Lors de sa conférence de presse, le procureur a par ailleurs précisé que l'attaque de samedi avait fait 5 blessés, dont 2 graves, et non 4 comme indiqué jusqu'à présent.

L'assaillant a occasionné "dix plaies" au jeune homme mort lors de l'attentat, Ronan Gosnet, dont l'une est "compatible avec une tentative d'égorgement", a ajouté M. Molins.

Mercredi, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a décrit l'assaillant, qui était fiché S pour radicalisation islamiste, comme "quelqu'un d'assez seul" avec un "profil relativement simple".

Cette attaque, qui a porté à 246 le nombre de personnes tuées dans la vague d'attentats jihadistes qui touche la France depuis 2015, a encore une fois relancé le débat autour du suivi des individus fichés par les services de renseignement.


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