“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

INTERVIEW. Shi Weiliang: "Huawei va encore embaucher en France, y compris à Soph...

Le tireur présumé Samine Said Ahmed (à droite) a toujours nié sa participation au double assassinat. Son avocat, Me Denis Fayolle, estime que le tireur, tel qu'il a été décrit par les témoins, est plus petit que son client.

Procès Pastor : des témoins nez à nez avec le tueur

35 personnes ont nettoyé l'amphithéâtre Alain Prado, parce que la nature est un patrimoine à préserver.

Tout doit disparaître !

Monaco : 1ère Journée des premiers secours

Heure d'été ou heure d'hiver? Chaque pays de l'Union Européenne devra trancher a...

Ils inventent le monde de demain: le making of

Mis à jour le 08/01/2018 à 14:54 Publié le 09/01/2018 à 10:00
Sébastien, le photographe dans ses oeuvres en compagnie de Justine et Christine, qui font pousser les plantes sans engrais chimiques.

Sébastien, le photographe dans ses oeuvres en compagnie de Justine et Christine, qui font pousser les plantes sans engrais chimiques. Sophie Casals

Ils inventent le monde de demain: le making of

Ils sont chercheurs ou biologistes, enseignants ou bricoleurs, simples passionnés par leur domaine ou geeks les plus avertis… Tous ont un point commun: ils refusent de tourner en rond en attendant qu’un monde meilleur se dessine tout seul. Comment ces Azuréens et Varois inventent-ils le monde de demain? Pendant plus d'un mois, nous sommes partis à la rencontre de celles et ceux qui ont tout compris au présent pour se projeter déjà vers le futur...

En cette fin d’année 2017, on a quitté (à regrets) l'arrière-pays, pour partir à la recherche de ceux qui inventent le monde de demain. Vaste entreprise...

"Si on faisait un sujet sur les bio-carburants à base de microalgues", suggère Damien, notre chef, à la réunion de rédaction.

Sophie et Aurore sont partantes. A Villefranche-sur-mer, elles rencontrent Olivier Bernard, Antoine Sciandra, les pionniers de ce domaine en Europe. Ils préviennent d'emblée: "les micro-algues à la pompe ce ne sera pas pour tout de suite, mais il y a plein d'autres filières très intéressantes."

Ils nous mettent en contact avec Hubert Bonnefond. Le co-fondateur de la start-up Inalve explique comment il va nourrir demain les animaux avec ces microalgues. Dans la serre, il nous tend un sachet de poudre verte, Aurore y plonge son smartphone, pour filmer au plus près du sujet.

Puis on est allé à Grasse, dans les coulisses de La Canopée. Deux soeurs ont installé leur atelier dans un ancien garage attenant à la maison familiale et elles fabriquent des produits cosmétiques 100% naturels grâce aux progrès de la chimie verte. Lorsqu'on les rencontre, elles viennent de lancer leur site Internet la veille et elles préparent leurs premières commandes. Leur rêve? Contribuer à développer un pôle de formation universitaire en cosmétique verte à Grasse.

Lire: Ces deux sœurs viennent de lancer leur propre marque de cosmétiques 100% naturels

Franz, le photographe, dans le laboratoire de Villefranche qui développe les micro-algues.
Franz, le photographe, dans le laboratoire de Villefranche qui développe les micro-algues. S.C

Inria, ruche d'inventeurs

Sophie tape à la porte de l'Inria. A Sophia Antipolis, l'Institut national de recherche en informatique et en automatique est une véritable ruche d'inventeurs. Dans leurs labos, ces femmes et ces hommes peu médiatisés préparent l'avenir. Education, culture, santé… ils balaient de nombreux champs de notre vie quotidienne.

Ultra-pointus dans leur science, ils en parlent avec passion. Les reportages s'enchaînent, selon un timing serré concocté par Anne Schneider, responsable de la com'. Mais difficile de tenir la feuille de route.

L'interview-démonstration des robots d'assistance pour les personnes âgées dure près de 2 heures. Le temps pour Jean-Pierre Merlet de nous expliquer comment fonctionnent son robot à câbles, les déambulateurs connectés… Mais aussi d'aborder toutes les questions éthiques, et juridiques que soulèvent ces "machines".

Il nous propose même de monter sur un tapis de course… révolutionnaire. Il va transformer la rééducation, en un exercice "fun". On ne peut pas vous en dire plus pour l'instant, mais Jean-Pierre Merlet promet de nous contacter quand cette nouvelle invention sera finalisée.

Lire: Elle innove en créant des stations sécurisées de vélo électrique en libre-service

Puis avec François Brémond, on plonge dans l'univers des Serious Games, et algorithmes qui permettent de lire les expressions sur les visages… Une science mise au service des équipes médicales du Centre Claude Pompidou, pour aider les personnes âgées avec des troubles du comportement. Dans cette équipe STARS, les chercheurs viennent du monde entier: Japon, Pologne, Autriche, Mexique…

Aurore a rencontré à Villefranche les pionniers en Europe de la microalgue.
Aurore a rencontré à Villefranche les pionniers en Europe de la microalgue. Franz Chavaroche

"Imaginez que vous avez 8 ans, vous êtes à l'école." Thierry Viéville invite Sophie à replonger en enfance pour lui montrer comment on peut aborder l'informatique et la programmation, en jouant. "On va jouer au robot: je suis un robot et il faut me faire sortir de la pièce." Le résultat est... pathétique! Mais Thierry très positif: "il faut se tromper pour apprendre!" On se dit qu'avec un prof comme lui, on serait presque tenté de s'initier au code.

Lire: Et si vous visitiez une exposition à l'autre bout de la planète, sans bouger de votre salon

Sous une pluie battante, Justine Lipuma et Christine Poncet nous accueillent dans la serre de l'Institut National de la Recherche Agronomique. Toutes les deux développent des champignons capables d'augmenter la surface des racines des plantes et ainsi de cultiver sans produits chimiques. On est vite bluffé par leur démonstration.

La nourriture de demain

L’avenir est vaste. Et les thèmes de recherche aussi divers que variés. Ainsi, apprend-on en traînant du côté de l’agence Var-matin de Hyères, qu’il existe dans le coin un chercheur au CNRS spécialiste de la nourriture de demain. Une pointure, paraît-il, en ce qui concerne l’étude des insectes, des algues et des lichens... Philippe Stéfanini a surtout été l’un des premiers en France à vanter les bienfaits de la spiruline.

Richard et Guillaume prennent finalement rendez-vous au CSPPA de Hyères après plusieurs mails restés sans réponse. "Désolé, j’étais en déplacement sur l’île de Pâques. Mais vous tombez bien puisque je viens justement de ramener des espèces rares encore jamais étudiées", nous appâte-t-il. On rencontre un homme engagé, aussi passionné que passionnant.

Tellement passionnant que sur le trajet retour, on se demande si on ne s’est pas tout simplement trompé de carrière? Journaliste, c’est bien. Mais parcourir le monde et faire des recherches scientifiques dans les contrées les plus reculées, c’est encore mieux.

Lire: Herbert Waldmann, histoire d'un Azuréen ruiné par sa centaine de brevets

Richard, dans les locaux de "Mini Green Power", briefe Gonzague de Borde sur le fonctionnement des sites varmatin et nicematin.
Richard, dans les locaux de "Mini Green Power", briefe Gonzague de Borde sur le fonctionnement des sites varmatin et nicematin. Guillaume Aubertin

Le thème de ce dossier a le mérite d’attiser la curiosité de nos collègues. En discutant avec Dominique, photographe à La Seyne-sur-mer, on apprend que l’inventeur de la domotique, un certain Pierre Mumbach, vit dans notre région, à Ollioules. Guillaume part à sa rencontre. Rendez-vous est pris à l’hôtel Ibis Style. Pendant 1h30, Pierre Mumbach se raconte.

Il parle de tout, de la vie en général, de la sienne en particulier, de ses projets de maison connectée, mais la discussion tourne vite à la leçon de philosophie. Et si, au fond, il suffisait juste d’un peu de solidarité et de fraternité pour changer le monde et préparer le futur? Tout cela n’est pas très concret au premier abord, mais ça fait réfléchir...

Direction maintenant le Centre-Var. On nous a parlé de Rolland Mélet et de son idée en béton pour révolutionner le monde de la construction. La start-up 360SmartConnect est basée en plein centre-ville de Trans-en-Provence, aux frontières de la ruralité. C’est plutôt amusant de se dire que c’est ici, dans ce petit local situé entre la mairie, l’église et un vieux bistrot de village, que l’avenir du BTP est peut-être en train de se dessiner. Voilà la preuve qu’on n'est pas obligé de bosser à Houston à la Nasa pour s’intéresser au monde de demain.

Ces femmes et ces hommes ont un point commun: ils inventent le monde de demain depuis notre région.

La preuve plus loin à Hyères, où deux hommes ont décidé de se pencher, eux aussi, sur la question de l’énergie du futur. En créant la start-up Mini Green Power, Jean Riondel et Hubert Sabourin ont fait un pari sur l’avenir en recyclant les déchets verts. Leur principe est simple. "Pourquoi ne pas créer 1.000 petites centrales plus adaptées aux besoins locaux plutôt qu’une grosse dont on peut perdre le contrôle?" 

Les salariés sont fiers de nous montrer la machine, et en quoi consiste leur job. On les sent flattés qu’on s’intéresse à eux. Comme si notre venue leur faisait prendre un peu plus conscience encore que leur travail est bel et bien utile. Et que même derrière des tâches répétitives, il y a toujours un sens.

Pendant plus d’un mois, nous avons rencontré des gens différents, aux profils et aux aspirations complètement diverses. Mais, tous, quel que soit leur domaine, avaient de la passion, de l'énergie et de l'inventivité à revendre. 

Souvenez-vous bien d’eux… On en reparlera peut-être dans 10, 20, ou 30 ans...

Lire: A la poursuite de l'homme qui volait sur l'eau


La suite du direct