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Ces 7 échecs qui ont poussé Nicolas Hulot vers la sortie du gouvernement

Mis à jour le 28/08/2018 à 16:05 Publié le 28/08/2018 à 15:55
Ministre démissionnaire, Nicolas Hulot ne veut plus être la caution verte d'Emmanuel Macron.

Ministre démissionnaire, Nicolas Hulot ne veut plus être la caution verte d'Emmanuel Macron. Photo AFP

Ces 7 échecs qui ont poussé Nicolas Hulot vers la sortie du gouvernement

Après la démission de Nicolas Hulot ce mardi matin, tour d'horizon des dossiers chauds qui ont pesé dans la décision du ministre de la Transition écologique et solidaire.

LA CHASSE ET LA protection de la biodiversité

C'est peut-être la goutte d'eau qui a fait déborder le vase du renoncement. A l'occasion d'une prochaine réforme de la chasse, très critiquée par les défenseurs des animaux, Nicolas Hulot et les associations de chasseurs étaient reçus hier à l'Elysée par Emmanuel Macron. 

Le président de la République, qui a réitéré son soutien à la pratique de la chasse, a donné son accord à la baisse du prix du permis national, qui devrait passer de 400 à 200 euros. La réforme pourrait également déclarer chassables des espèces aujourd'hui protégées. 

>> RELIRE. Le prix du permis national de chasse baisse de moitié et passe à 200€

"La France ne doit pas rester l'éternelle lanterne rouge de la condition animale, il faut arrêter de se coucher devant les chasseurs!", a réagi dans la foulée la Fondation Brigitte Bardot sur Twitter, alors que sa présidente a récemment qualifié Nicolas Hulot de "trouillard" sur ce dossier. 

>> RELIRE. 11 moments qui témoignent de la relation (très) explosive entre Brigitte Bardot et Nicolas Hulot

En juillet dernier, le Parlement débattait sur le projet de loi Agriculture et alimentation. En l'état actuel, s'il double les sanctions en cas de mauvais traitements avérés sur les animaux, la plupart des amendements favorables à la protection animale ont été retoqués. 

Resteraient ainsi autorisé l'élevage en cage des poules pondeuses, dont l'interdiction était pourtant une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la castration à vif des porcelets ou encore le broyage des poussins mâles et canetons femelles. 

Premier dossier brûlant pour celui ou celle qui succèdera à Nicolas Hulot, le texte doit revenir au Parlement dès la semaine prochaine. 

LE NUCLéAIRE

En novembre 2017, Nicolas Hulot a reconnu qu’il serait "difficile" de tenir l’engagement de réduire à 50 % en 2025 la part du nucléaire dans la production d’électricité, contrairement à l’objectif fixé par la loi de transition énergétique de 2015. Concrètement, il est reporté à 2030 ou "au plus tard" 2035. 

Mais Nicolas Hulot se portait caution de la réalisation de cet objectif. Au début de ce mois d'août, lors d'une conversation révélée ce mardi par Libération, le ministre démissionnaire avouait craindre que la situation empire après son départ. 

"Si je m'en vais, il va y avoir trois réacteurs pressurisés européens (EPR) de plus dans les prochaines années, redoutait-il. Mon problème est très simple: soit je m'en vais et ce sera bien pire, soit je reste et il n'y aura pas le grand soir."

LE traité cETA

Au sein du gouvernement, Nicolas Hulot était sans doute l'opposant le plus farouche à l'accord économique et commercial entre l'Union européenne et le Canada. 

En septembre dernier, quelques jours avant l'adoption du traité de libre-échange, le ministre confiait être "inquiet" au sujet d'un traité qui "nous expose au lieu de nous protéger"

A la tête de la Fondation qui porte son nom, Nicolas Hulot a même déposé, en mars 2017, un mémoire au Conseil constitutionnel. "Ce traité ouvre la voie à une pléthore de traités identiques qui mettront à bas des normes sociales et environnementales", avait-il déclaré alors. 

Malgré ce texte soutenu par 140.000 pétitionnaires et la saisine d'une centaine de députés de l'ancienne majorité de gauche, le Conseil des sages a estimé, quelques mois plus tard, le traité commercial UE-Canada conforme à la Constitution française. Il doit encore être ratifié par les parlements respectifs des 28 Etats-membres. 

LES PESTICIDES ET INSECTICIDES 

C'est un autre volet du projet de loi Agriculture et alimentation, qui a fait naître, au printemps dernier, des débats parfois houleux à l'Assemblée comme au Sénat. 

Nicolas Hulot n'a en effet pas réussi à convaincre les parlementaires d'inscrire dans le texte la sortie en trois ans du glyphosate, cet herbicide commercialisé par Monsanto-Bayer sous la marque Roundup. "Une déception", avait alors réagi le ministre. 

La justice américaine vient pourtant de reconnaître que la substance toxique était à l'origine du cancer de Dewayne Johnson, un jardinier américain. Historique, la décision intervient quelques mois après l'autorisation européenne du glyphosate pour cinq ans supplémentaires, malgré un vote défavorable de la France. 

"Est-ce que nous avons commencé à réduire l'utilisation des pesticides? La réponse est non", se désolait ce mardi matin Nicolas Hulot au micro de France Inter, quelques instants avant d'annoncer sa démission.

Sur le dossier des néonicotinoïdes, ces pesticides tueurs d'abeilles, le quinquennat commençait bien pour Nicolas Hulot.

Malgré une passe d'armes dès juin 2017 avec Stéphane Travert, son collègue de l'Agriculture, Nicolas Hulot avait obtenu un arbitrage du premier ministre Edouard Philippe en faveur du maintien de l'interdiction des néonicotinoïdes à partir de septembre 2018. Elle avait été votée en 2016 avec la loi sur la biodiversité du gouvernement Valls. 

Quelques mois plus tard, la commercialisation de nouvelles substances toxiques pour les abeilles est pourtant autorisée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement, et du travail (Anses). 

Sur les ondes de RTL quelques jours plus tard, Nicolas Hulot doit concéder son impuissance: "Je ne peux pas empêcher les industriels de mettre sur le marché de nouveaux produits. Je n’ai pas l’autorité aujourd’hui de dire qu'on interdit ces deux substances."

L'HUILE DE PALME 

C'était un élément phare de son Plan Climat: le 6 juillet 2017, Nicolas Hulot annonçait vouloir mettre fin à l’importation en France d’huile de palme, une des premières causes de déforestation dans le monde. L'huile est aujourd'hui utilisée dans l'alimentation mais surtout comme biocarburant. 

Un an plus tard, l'Etat autorise pourtant le géant des hydrocarbures Total à ouvrir une raffinerie à La Mède (Bouches-du-Rhône), prévoyant d'exploiter près de 300.000 tonnes d'huile de palme par an. Un projet qui représente une augmentation des importations françaises de 36%.

Le 16 mai dernier, dans un communiqué, Nicolas Hulot tentait de sauver la face. Insistant sur un projet "décidé en 2015" et "soutenu par le gouvernement précédent", en contrepartie du maintien de 250 des 430 emplois sur le site, le ministre a assuré que l’utilisation d’huile de palme y serait "encadrée"

Il faut dire que l'Indonésie et la Malaisie, premiers exportateurs d'huile de palme, avaient menacé la France de ne plus acheter ses avions militaires et ses armes en cas de décision nuisible à son commerce. 

De son côté, l'Union européenne repoussait, en juin dernier, la suppression de l'huile de palme dans les carburants à l'horizon 2030. Les Etats-membres devront se prononcer sur la question au Conseil européen de l’énergie, prévu avant la fin de l'année. 

Celui ou celle qui succèdera à Nicolas Hulot suivra également avec attention les résultats d'une consultation publique, menée en juillet par le ministère, sur une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI)

LA FIN DEs HYDROCARBURES

Encore une concession faite à la majorité parlementaire de son propre camp. Le projet de loi mettant fin à la recherche et à l'exploitation des hydrocarbures prévoit des exceptions à l’arrêt en 2040 de la production française de pétrole et de gaz.

L'essentiel a été préservé: promulguée le 30 décembre 2017, la loi n'autorise plus aucun permis de recherche ou d’exploitation "du charbon et de tous les hydrocarbures liquides ou gazeux".

Mais, alors que la disposition n'était pas prévue à l’origine, le texte autorise jusqu'en 2040 la prolongation des concessions existantes. 

Par ailleurs, Nicolas Hulot a fait adopter un nouvel amendement du gouvernement. Les concessions pourront pas dépasser le 1er janvier 2040, sauf si le titulaire du permis "démontre qu’une telle limitation ne permet pas de couvrir ses coûts de recherche et d’exploitation en vue d’atteindre l’équilibre économique par l’exploitation du gisement découvert "

LE PROJET "MONTAGNE D'OR" 

Encore une fois, Nicolas Hulot est court-circuité au plus haut niveau de l'Etat. Devant les députés en juin dernier, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot faisait part de ses réticences face au grand projet minier "Montagne d'or" en Guyane. 

Le projet, décrié par les associations environnementales, prévoit à partir de 2022 une mine à ciel ouvert de huit kilomètres carrés, au sud de Saint-Laurent du Maroni. Les réserves les plus importantes d'or sur le territoire français seraient récupérées par un procédé de cyanuration en circuit fermé, nuisible pour l'environnement et les habitants. 

Au député de Guyane Gabriel Serville, particulièrement inquiet, le ministre a répondu: "Les mises en garde que vous évoquez doivent être prolongées et instruites. Les impacts environnementaux, les bénéfices économiques: nous avons intérêt à remettre tout cela à plat." 

Mais le projet n'a jamais cessé d'être soutenu par Emmanuel Macron, d'abord à Bercy puis à l'Elysée. Au ministère de l'Economie, il a accordé un total de onze permis de recherche de minerais en France métropolitaine et en Guyane. En août 2015, il avait même fait le déplacement pour soutenir les promoteurs de "Montagne d'or"

Alors qu'une prise de position officielle est attendue de la part du président de la République à l'automne, la démission de Nicolas Hulot pourrait bien lui faciliter la tâche - et acter un échec supplémentaire de son ancien ministre. 


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