L'Etat débourse 50% de moins qu'à Paris pour former un lycéen azuréen. L'académie est la moins bien dotée en personnel de toute la France métropolitaine. C'est le constat de la cour des comptes.
L'État débourse chaque année 3 000 euros de plus pour former un lycéen parisien que pour un élève azuréen ! Cette différence de moyens est révélée par un rapport de la Cour des comptes sur la répartition des postes enseignants au plan national.
Ce rapport d'observations encore provisoires dévoilé dans les colonnes du Monde pointe du doigt « des inégalités » que dénoncent, depuis des années déjà, les syndicats enseignants et les chefs d'établissement des Alpes-Maritimes et du Var.
A savoir que Nice est la moins bien dotée de toutes les académies de France métropolitaine, en nombre d'enseignants par rapport au nombre des élèves accueillis !
Le classement du ministère à la trappe
Selon la Cour des comptes, l'État consacre 6 156e par an et par collégien ou lycéen de l'académie de Nice, contre 9 300e pour un élève de la capitale. Soit une dotation ministérielle 50 % plus élevée pour un lycéen parisien ! Pire, dans ce classement des académies de France, Nice se retrouve lanterne rouge.
Face à ce dossier plutôt explosif, le rectorat de Nice se montre très réservé. « Nous n'avons pas reçu ce rapport qui, en plus, selon la Cour des comptes, n'est pas définitif. » Et de souligner que dans ce document « on compare des données incomparables »(lire ci-contre). « Il ne faudrait pas mélanger les torchons niçois et les serviettes parisiennes ? »
De quoi faire bondir les syndicats enseignants. « Le ministère tente aujourd'hui de nous expliquer que Paris serait une académie à part. C'est inadmissible,martèle Richard Ghis secrétaire général du SNES FSU.D'autant plus que la Cour des comptes ne fait que confirmer une inégalité de traitement que nous dénonçons depuis des années. Il y a encore quatre ans c'est d'ailleurs sur la base des statistiques fournies par le ministère lui-même qu'était établi chaque année un classement des académies. A l'époque Nice était déjà classée bonne dernière de France métropolitaine pour les lycées et quasi avant dernière pour les collèges. »
Rien de neuf donc sous le soleil azuréen. « Le problème,souffle un chef d'établissement,c'est que dans les bureaux du ministère à Paris on est persuadé que l'académie de Nice est forcément riche. Quand ils pensent à la Côte d'Azur, ils voient le festival de Cannes !»
Un plan de rattrapage avorté en 2000
Jean-Pierre Laugier du SNES confirme : « il avait fallu qu'on monte taper du poing sur la table pour leur faire comprendre, enfin, que derrière les plages de sable de la Croisette il y a des établissements classés en ZEP », se souvient ce syndicaliste. C'était juste avant le passage à l'an 2000. L'académie de Nice, l'une des rares à voir ses effectifs scolaires continuer de croître, était déjà sous-dotée. A l'époque le recteur Maurice Quénet et les organisations professionnelles s'étaient même retrouvés autour d'une table pour chiffrer ensemble les moyens manquants : près de 2 500 postes dont 910 d'enseignants rien que pour le secondaire !
Cette démarche unique en France avait abouti à l'élaboration d'un « plan de rattrapage ».
« Il y a bien eu quelques dotations supplémentaires les rentrées suivantes. » Richard Ghis en convient. « Mais, en 2002 ce plan de rattrapage a été stoppé brutalement. »Et, depuis, la situation aurait continué de s'aggraver. « Nous avons fait les comptes, souligne le représentant du SNES : entre 2007 et 2011 les lycées du Var et des Alpes-Maritimes ont perdu 900 postes pour seulement 300 inscrits de moins. Les conséquences concrètes ce sont des classes à 35 élèves, de moins en moins de travaux en petits groupes et une offre de formation rabougrie. »





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